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L?émirat d?Abou Dhabi injecte 7,5 milliards de dollars dans Citigroup

28 novembre 2007, 00:00

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L?émirat d?Abou Dhabi injecte 7,5 milliards de dollars dans Citigroup

L?émirat d?Abou Dhabi va entrer au capital de Citigroup en investissant 7,5 milliards de dollars dans la première banque américaine et mondiale, une des plus affectées par la crise des sub-primes. Appelé à la rescousse, Abou Dhabi pourra racheter à terme jusqu?à 4,9 % du capital de Citigroup. Cet apport de l?Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), le plus grand fonds d?'investissement souverain du monde, permettra à Citigroup de relever le niveau de ses fonds propres après les lourdes pertes sur créances qu?elle a dû inscrire depuis cet été et qui ont abouti au départ de son patron, Charles Prince.

<B>Vente de titres au fonds ADIA</B>

L?analyste Meredith Whit-ney, de CIBC World Markets, écrivait, le 31 octobre, que Citigroup serait peut-être contrainte de diminuer son dividende pour reconstituer les 30 milliards de dollars (quelque 20 milliards d?euros) de fonds propres qu?elle jugeait nécessaires pour assainir la situation du géant bancaire américain. Citigroup, dans un communiqué diffusé après la clôture de Wall Street, lundi soir, a précisé qu?elle vendait au fonds ADIA pour 7,5 milliards de dollars de titres convertibles en actions ordinaires, à un prix situé dans une fourchette de 31,83 à 37,24 dollars par titre.

Avant cette annonce, l?action «Citi» avait fini, lundi, en recul de 6 %, à 29,80 dollars, à New York, son niveau le plus bas en clôture depuis plus de cinq ans. L?établissement a souligné qu?aux termes de l'accord conclu, le fonds n?aurait pas de droits spéciaux, pas de rôle dans la gouvernance du groupe ni de contrôle sur ses choix stratégiques. ADIA, notamment, n?aura pas le droit de désigner de membre du conseil d?administration. L?opération devrait être achevée d?ici quelques jours, a ajouté Citigroup.

«Cet investissement, réalisé par l?un des premiers et des plus perfectionnés des investisseurs mondiaux, fournit à Citi davantage de capitaux pour lui permettre de chercher des opportunités attractives afin de faire croître son activité», a déclaré Win Bischoff, patron de la banque par intérim, dans le communiqué. M. Bischoff dirige la banque dans l?attente de la désignation d?un successeur de Charles Prince.

<B>Chute des valeurs financières</B>

L?injection massive réalisée par ADIA dans Citigroup pourrait signifier que la chute libre des valeurs financières américaines à Wall Street va bientôt s?arrêter, estiment des analystes. Cet investissement illustre aussi le poids financier mondial grandissant des pays exportateurs de pétrole, qui ont bénéficié d?une multiplication par cinq des cours du brut ces cinq dernières années.

Pour sa part, le fonds ADIA gère l?excédent des revenus pétroliers de l?émirat d?Abou Dhabi, sixième plus grand exportateur de pétrole du monde. Standard Chartered estimait, en septembre, que ses actifs équivalaient à 650 milliards de dollars. Les fonds souverains, selon un expert, sont particulièrement attirés par les grands groupes bancaires mondiaux, bien placés pour profiter de l?essor des marchés émergents.

© Le Monde 2007

REPÈRES

<B>Dubai International Capital entre dans le capital de Sony</B>

■ «Dubai International Capital», un fonds de capital-risque contrôlé par l?émir de Dubaï, a annoncé lundi «un investissement substantiel» dans le japonais Sony. En juillet, ce fonds s?était dit disposé à investir jusqu?à 1,5 milliard de dollars au Japon. Déjà ce mois-ci, une autre entité financière d?Abou Dhabi était entrée au capital de l?américain «Advanced Micro Devices», numéro deux mondial des microprocesseurs. ? (Avec Reuters.)

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