Publicité
L?économie indienne progresse de 8,7
C?est un véritable satisfecit que le Fonds monétaire international (FMI) délivre à l?économie indienne qui devrait enregistrer une croissance de 8,75 % au cours de l?année fiscale s?achevant le 1er avril 2008. Dans son rapport annuel sur l?Inde publié mercredi 6 février, le FMI constate qu?il s?agit toutefois d?un léger ralentissement par rapport aux + 9,4 % réalisés au cours de l?exercice précédent. Le FMI note que le niveau de croissance reste supérieur au rythme moyen des quatre dernières années. Le rapport estime que cette «allure soutenue» est «confortée par la vigueur de l?investissement attiré par une très bonne utilisation des capacités, des profits alléchants, une confiance du monde des affaires et une augmentation de la productivité, toutes qualités qui ne sont dépassées, en Asie, que par la Chine». Même la météo s?est révélée favorable puisque la dernière mousson a permis des récoltes supérieures à la normale. Quant à la hausse des prix à la consommation, elle décélère de 6,7 % à 6 %.
Les exportations croissent de 23 % d?une année sur l?autre à 155,2 milliards de dollars (106,2 milliards d?euros) contre 126,2 milliards en 2006-2007. Mais les importations font mieux encore, puisqu?elles bondissent de 25 % (241,4 milliards de dollars contre 192 milliards lors de l?exercice précédent). Cette différence creuse le déficit des comptes courant qui passe de 11,1 % à 16,1 % du produit intérieur brut. Mais «la montée du flux d?investissements fait plus que financer ce déficit» : le record de 45 milliards de dollars des investissements étrangers réalisé au cours du dernier exercice devait être battu cette année. Le FMI ne voit que des avantages à l?arrivée de ces capitaux car «avec une dette extérieure faible, des réserves confortables et un encadrement de l?usage des prêts étrangers, l?Inde a une position soutenable vis-à-vis de l?extérieur et peut résister à des chocs importants». Les investissements extérieurs ont soutenu les marchés boursiers «qui se sont vite remis des effets de la crise américaine des sub-primes». Le marché immobilier reste vigoureux malgré la hausse des taux décidée par la banque centrale indienne pour calmer les ardeurs spéculatives.
Tout n?est pas rose pour autant. Le FMI s?inquiète de la rapide appréciation de la roupie de 7 % entre décembre 2006 et août 2007, forçant la banque centrale à éponger les excès de liquidités et à durcir les conditions de crédit. L?autre point délicat est la situation des finances publiques. Le déficit de l?Etat central est de 4,5 % du produit intérieur brut (PIB), et si on y ajoute l?ensemble des dépenses dépendant du gouvernement, le déficit passe à 7,25 % du PIB. Le ratio de la dette publique est donc très élevé, à près de 80 % du PIB. Le rapport presse donc New Delhi de tailler dans les subventions qu?il accorde aux produits pétroliers, en s?assurant que les classes les plus pauvres n?en feront pas les frais.
© Le Monde 2008</I>
Publicité
Publicité
Les plus récents