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L?école des nouveaux poètes

3 mars 2004, 20:00

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CÉDRIC ZÉLIA, âgé de 8 ans, fréquentant l?école primaire de Britannia en quatrième, est heureux. Il tient fermement un tableau et les livres qu?il a reçus le samedi 21 février à l?Alliance française, Bell Village, après avoir décroché le premier prix au concours de poésie organisé par l?Association Mauricienne Pour La Lecture(AMPL). Ce concours de poésie avait pour thème ?La Mer?.

Heureux comme un enfant qui vient de recevoir un cadeau pour son anniversaire, Cédric avance timidement devant la classe, en compagnie de Teshwar Seechurn, son condisciple. Ce dernier a obtenu le troisième prix au même concours.

?Quand je serais grand, je serai bureaucrate?, confie-t-il devant Naden Veerasamy, le maître d?école et son assistant, Danajaye Kedoo.

Pour décrocher ce prix, Cédric ne s?est épargné aucun effort. Comme il adore la lecture, il s?est mis sérieusement au travail. Chaque jour, il récite tous les poèmes qui lui tombent sous la main. Et lorsqu?il nous confie qu?il bénéficie du soutien de ses parents, on comprend que ceux-ci ne lésinent pas sur les moyens pour encadrer leur fils.

Teshwar Seechurn, huit ans, classé troisième à ce concours rêve, lui aussi, de travailler dans un bureau. Comme activité extra-scolaire, il passe son temps à lire des histoires tels que Blanche Neige. ?J?aime beaucoup ces lectures qui me font découvrir la vie sous un autre angle?, explique-t-il.

Derrière le succès de chaque homme, il y a une femme , dit-on. Mais dans le cas de Cédric et de Teshwar on peut dire que Naden Veerasamy, le maître d?école et son personnel y sont pour quelque chose. ?En tant qu?éducateur, nous avons un rôle social à jouer pour encourager l?enfant à s?épanouir. Nous ne pouvons plus nous contenter de les enfermer entre quatre murs?, déclare Naden.

Mais pour y arriver, il suffit d?y croire. Depuis qu?il a pris en charge cette école, le nouveau maître a mis en place une nouvelle stratégie. En septembre de l?année dernière, il met en branle la machine administrative de l?établissement.

Il mobilise les villageois, les conseillers du village, le mouvement féminin, l?établissement sucrier, le corps religieux et les organisations socioculturelles pour qu?ils soient partie prenante dans toutes les activités de l?école.

Aider les enfants

Résultat : en un mois seulement, il y a eu la création d?un Pupils Welfare Fund, pour venir en aide aux élèves qui ne viennent pas à l?école régulièrement faute de pouvoir se procurer le matériel scolaire de base. Ce fonds est alimenté par des parents, des enseignants et des volontaires. On a procédé aussi au nettoyage complet de la cour de l?école et la mise en terre de plantes décoratives. Sans oublier les réunions avec les parents des enfants qui prendront part aux prochains examens du Certificate of Primary Education (CPE), le remplacement du vieux mobilier de l?école, un nouveau pylône pour le drapeau national et l?entretien du terrain de football de la localité avec l?aide de la propriété sucrière de la localité.

?Nous faisons de notre mieux pour créer un nouvel environnement pour de meilleurs résultats?, explique le maître d?école.

En attendant la concrétisation d?autres projets, une nouvelle liste a été soumise à la maintenance unit du ministère de l?Education après discussion avec toutes les parties concernées. Il est question de la construction d?un mur pour remplacer la clôture métallique, d?une nouvelle couche de peinture au bâtiment de l?école et de matériel pour initier les enfants à l?informatique.

En attendant, le maître d?école et son personnel sensibilisent les parents d?élèves et d?autres organisations pour qu?ils contribuent financièrement à aider un ancien élève de cette école qui fréquente actuellement un établissement secondaire et qui doit subir une opération chirurgicale très prochainement. ?Nous sommes satisfaits que les parents réagissent de manière très positive?, dit-il.

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