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L?échec du système

23 octobre 2007, 00:00

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<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

Ils sont une dizaine de milliers qui n?en sortiront plus. En ce premier jour d?examen du ?Certificate of Primary Education? (CPE), on ne peut s?empêcher d?avoir une pensée pour ces gosses. Ils seront rejetés précocement du système scolaire. Il n?y aura pas de rattrapage pour eux. Ils seront marqués à vie.

Environ un tiers des 25 000 écoliers qui passent l?examen de fin du cycle primaire cette semaine seront recalés. Ils n?auront pas le droit de s?inscrire dans un collège. Le gâchis est énorme. Ceux qui auront acquis un maximum de connaissances livresques décrocheront des A+ et constitueront l?élite. Beaucoup d?autres obtiendront un passeport pour l?enfer.

Cette sélection par l?échec engendre chez les enfants concernés une frustration qui débouche sur un mal dont on ne guérit pas. Les vaincus de la compétition porteront à jamais le stigmate de la défaite. L?exclusion guette ces enfants. Ils n?auront pas l?occasion d?acquérir le bagage de savoir et de savoir-faire qui est requis pour devenir des citoyens respectueux des valeurs de la République. Les défenseurs de l?élitisme n?ont pas réfléchi aux conséquences de leur politique à courte vue.

La sélection est injuste car les dés sont pipés. Les conditions sociologiques, psychologiques et matérielles pèsent souvent plus lourd dans le résultat scolaire de l?enfant que son propre mérite. S?il avait été mieux encadré par la famille et avait bénéficié de leçons particulières, l?enfant issu des quartiers populaires aurait participé à la ?rat race? sans handicap. Dans les conditions actuelles, il est perdant d?avance. On ne peut pas parler d?égalité des chances.

Il est vrai qu?il y a eu une légère retouche à la formule du CPE cette année avec l?accroissement du nombre de collèges dits nationaux. Ils passent de neuf à 11, offrant au total 1 700 places contre 1 260 l?année dernière. Toutefois, cette mesure ne fait qu?alléger dans une certaine mesure la pression sur les écoliers les plus performants. Elle n?a aucune incidence sur les autres car globalement les établissements secondaires du pays n?ont pas augmenté leur capacité d?accueil.

En revanche, la proposition contenue dans le rapport du ?National Steering Committee on the curriculum framework?, soumis au ministère de l?Education en décembre dernier, est susceptible de faire évoluer significativement le système. Il recommande l?élimination du CPE d?ici 2012 et élabore une réforme par phases pour y parvenir. ?On ne peut se permettre de laisser 30 à 40 % de nos enfants sur le pavé à la fin du primaire? avait commenté le président du comité, Pritam Parmessur. Peu après avoir soumis son rapport, il a été prié par les autorités de soumettre sa démission de son poste de directeur au Mauritius Institute of Education. C?est le prix qu?il a eu à payer pour avoir osé proposer un système où la notion d?échec n?existe pas.

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