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Lycée des Mascareignes : Les cracks du bac

28 juin 2007, 00:00

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La plus jeune des bacheliers à l?honneur est Emma Cayeux, une habitante de Calodyne, qui n?a que 17 ans. Les quatre autres ? Joshua Desjardins, natif de Melbourne en Australie, qui est arrivé à Maurice à l?âge de trois ans, les jumeaux Zaïd et Zuber Allybokus qui vivent à Quatre-Bornes et Sophie de Chazal, domiciliée à Calodyne ? peuvent déjà se prévaloir de leur droit de vote.

Avant d?arriver au Lycée des Mascareignes voilà trois ans, Emma, Joshua et Sophie ont fréquenté l?Ecole du Nord, les deux premiers pour leur scolarité secondaire jusqu?en troisième et Sophie pendant un an. Avant d?y être, cette dernière qui est née à Washington D.C. aux Etats-Unis, a fréquenté un lycée francophone dans la capitale fédérale américaine. Zaïd et Zuber sont quant à eux de purs produits de l?Ecole du Centre.

La majorité d?entre eux, à savoir les jumeaux, ainsi que Joshua et Sophie, ont tous opté pour un baccalauréat scientifique. Pour les jumeaux et pour Sophie, le choix était motivé par leur préférence pour les mathématiques alors que dans le cas de Joshua, c?est la chimie qui figurait à son panthéon. Emma a tenu à faire un baccalauréat économique et social car même si elle avait généralement de bonnes notes en sciences, elle détestait la physique.

?Ce que ces jeunes ont aussi en commun, c?est qu?ils ont toujours été studieux. (...) Tous reconnaissentavoir fait des concessions à leur mode de fonctionnement habituel durant les mois précédents l?examen final.?

Ce que ces jeunes ont aussi en commun, c?est qu?ils ont toujours été studieux. ?J?ai toujours étudié régulièrement et me suis toujours intéressée aux choses autour de moi?, raconte Emma. Joshua explique de son côté que depuis qu?il est en seconde, il n?a jamais ?permis au travail de s?accumuler?. L?expression ?régularité au travail?, revient dans la bouche des jumeaux tandis que Sophie confie qu?elle a toujours été ?de nature travailleuse?.

Tous reconnaissent avoir fait des concessions à leur mode de fonctionnement habituel durant les mois précédents l?examen final. Emma qui pratique l?équitation, a surtout sacrifié ses week-ends avec la famille. ?J?étais davantage dans mes livres qu?avec la famille.? Joshua a également sacrifié le temps consacré aux siens car pour ne pas avoir à faire l?épuisant trajet quotidien entre la sucrerie de Mon Loisir où il vit et Moka, il a loué, depuis huit mois, une maison avec deux copains. Ils ont étudié ensemble durant les week-ends.

Zaïd et Zuber confient avoir regardé moins la télévision et avoir passé moins de temps sur l?ordinateur. Sophie n?a pas conscience d?avoir perdu quelque chose au change mais elle reconnaît avoir consacré plusieurs heures par jour à l?étude. Et puis, elle n?écarte pas le facteur chance. ?On essaie de se préparer à tout. Mais il y a aussi la chance qui entre en jeu. Dans mon cas, en physique, je suis tombée sur les chapitres que je connaissais le mieux.?

Les résultats de ces mois d?efforts ont été payants. Zaïd a obtenu une moyenne générale de 18, 57 sur 20. Sophie le talonne avec 18, 29 sur 20. Joshua est crédité de 17, 8 sur 20 de moyenne générale. Emma s?en tire avec 17,7 sur 20 et Zuber a eu comme note générale 17,57 sur 20.

Ils sont tous en partance ou du moins, ont déjà un pied dans un autre pays pour des études supérieures. Bien que ne sachant pas en quoi elle veut se spécialiser, Emma part à Paris en septembre où elle fréquentera l?université de Paris Dauphine pour des études en économie et gestion. ?Il se peut qu?après, je me spécialise en développement durable ?, dit-elle.

Joshua attend une réponse favorable de l?Institut national des sciences appliquées à Toulouse ou Lyon en France car il veut être ingénieur en chimie. Zaïd et Zuber ne sont toujours pas prêts à se séparer puisqu?ils feront les classes préparatoires dans le prestigieux établissement Louis Le Grand de Paris avant de faire les grandes écoles.?Les classes préparatoires devraient nous aider à voir plus clair dans notre spécialisation?, pense Zuber.

Sophie est la seule à ne pas poursuivre sur la voie des études en France. En effet, elle a postulé et obtenu une bourse de l?université de Colombia à New York aux Etats-Unis. ?Si je parle déjà bien l?anglais, je veux avoir une meilleure maîtrise de l?écrit. Je ne me vois pas faire des classes préparatoires comme Zaïd et Zuber car cela demande énormément de travail. Je veux apprendre à vivre de façon plus indépendante et à voyager. Et puis, ce qui est bien avec les études aux Etats-Unis, c?est que nous ne sommes pas obligés de choisir une filière de spécialisation dès la première année. Mais j?en ai une vague idée. Ce sera ou l?économie oula biologie.?

Du Lycée des Mascareignes, ils conservent d?excellents souvenirs, notamment ?la disponibilité des enseignants?, souligne Sophie. La première critique porte sur sa position géographique. ?Moka, c?est très central pour les gens habitant les Plaines-Wilhems mais pas pour les personnes habitant le Nord. Le trajet aller-retour a été éreintant?, raconte Emma. Sophie abonde dans son sens. Joshua l?a également ressenti. Ce qui explique qu?il se soit rapproché du lycée durant les huit derniers mois.

L?autre critique, formulée du bout des lèvres est que le programme d?études n?accorde pas suffisamment de place aux réalités locales. ?Programme d?études oblige, je connais mieux par exemple la géographie française que mauricienne. L?an dernier, lors de travaux personnels encadrés, j?ai planché sur le patriotisme à Maurice et cela m?a permis de découvrir certaines facettes de mon pays. Mais c?est insuffisant. Il faudrait qu?il y ait quelques cours consacrés à la vie de Maurice?, dit Emma. Voilà qui ne devrait pas tomber dans l?oreille de sourds?

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