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L?Union européenne tente de rassurer sur la grippe aviaire

19 octobre 2005, 20:00

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L?Union européenne s'est efforcée de rassurer l'opinion publique sur l'état de préparation face au risque d'une pandémie de grippe aviaire tandis que se succèdent les cas suspects.

Après la Turquie et la Roumanie, où la présence du virus hautement pathogène H5N1 a été confirmée, les fortes soupçons pèsent sur la Grèce.Les analyses effectuées sur un dindon touché par la maladie dans une île de la mer Egée se poursuivent pour établir si l'animal était infecté par cette forme particulière du virus, apparue une première fois en 1997 à Hong Kong et dont la résurgence, fin 2003 en Asie, a fait une soixantaine de morts et conduit à l'abattage de plusieurs millions de volailles. Ce serait alors le premier cas dans un pays de l'Union européenne.

La Macédoine a fait état d'un cas suspect dans un élevage situé juste au nord de sa frontière avec la Grèce. Des échantillons ont été expédiés au laboratoire européen de référence de Weybridge, au sud-ouest de Londres. Des examens sont également en cours en Croatie. A Bucarest, le ministre roumain de l'Agriculture, Gheorghe Flutur, a annoncé la découverte de nouveaux cas présumés, dont un à proximité de la frontière ukrainienne.

Depuis sa réapparition, en Asie, le virus H5N1 est resté faiblement contaminant pour l'homme. Les cas de transmission de l'animal à l?homme n'ont été possibles que dans des conditions particulières. Mais les scientifiques redoutent sa mutation: mis en présence d'un virus de la grippe classique dans un organisme humain, le H5N1 modifierait son matériel génétique et ?s?humaniserait?, créant les conditions d'une transmission interhumaine et ouvrant la voie à une pandémie meurtrière.

Transmissible entre êtres humains

?Le fait que la grippe aviaire soit présente en Europe n'influe pas sur la possibilité d'un pandémie humaine de grippe?, a affirmé le commissaire européen à la Santé et à la Protection des consommateurs, Markos Kyprianou, qui se trouvait mardi à Luxembourg avec les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Cinq pour faire le point sur les mesures préventives prises par l'UE.

Jack Straw, secrétaire britannique au Foreign Office, a rappelé pour sa part qu??aucun élément n?établissait pour l'heure une transmission du virus aux êtres humains? en Europe. Mais quel que soit le degré de préparation de l'UE, cela ne suffira pas à empêcher que le virus mute hors des frontières européennes avant de revenir sous une forme cette fois directement transmissible entre êtres humains.

Dans une déclaration commune, les Vingt-Cinq soulignent d'ailleurs que la grippe aviaire et le risque pandémique qui lui est associé ?constituent une menace globale nécessitant une réponse internationale coordonnée (...) Les mesures prises aujourd'hui au niveau européen ne serviront à rien s'il n'y a pas une action internationale vis-à-vis des pays du Sud et en particulier des pays d?Afrique?, explique le Français Philippe Douste-Blazy.

Pour l'instant, l'heure est aux mesures de prévention - la Suède a décidé d'un renforcement des vols en provenance de Turquie, l?Ukraine interdit les importations de volailles grecques ? et aux préparatifs visant à parer une éventuelle pandémie humaine. L?Australie envisage de vacciner toute sa population si les essais menés contre le H5N1 par les laboratoires pharmaceutiques aboutissent.

L?Espagne a dit envisager de traiter de 15 % à 25 % de sa population, avant tout les personnes âgées ou très jeunes. Le ministère de la Santé a dit avoir acheté précédemment des stocks de l'antiviral Tamiflu mais envisager aussi le Relenza produit par le groupe GlaxoSmithKline. Parmi ses recommandations, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) préconise que chaque pays constitue des stocks d'antiviraux susceptibles d'être administrés à un quart de sa population.

Soulignant devant la représentation nationale que ?la France n'était pas à l'abri?, le Premier ministre, Dominique de Villepin, a affirmé que ?tous les moyens nécessaires? étaient déjà mobilisés dans ?un dispositif opérationnel?. La France disposera d'ici la fin de l'année ?des quantités nécessaires (d'antiviraux) pour traiter 14 millions de patients?, soit 25 % environ de la population, a-t-il ajouté. Le laboratoire pharmaceutique Roche, débordé par les demandes de Tamiflu, s?est dit prêt à distribuer les licences de production de son traitement antigrippal vedette pour fournir des réserves suffisantes en cas de pandémie.

Le fabricant indien de médicaments génériques Cipla a mis en production une version générique de la molécule développée par Roche, considérée comme la plus efficace. La Thaïlande pourrait suivre. En Afrique de l'Est, région que traverse une importante voie migratoire suivie par des oiseaux sauvages affectés par le virus, un représentant de l'Onu a annoncé que des responsables régionaux se réuniraient avant la fin du mois au Rwanda pour étudier une stratégie.

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