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L?unanimité sur le ?HIV Bill?

6 décembre 2006, 00:00

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Nos décideurs peuvent faire abstraction des considérations partisanes pour aborder des questions d?intérêt national avec sérieux. Les parlementaires l?ont prouvé une fois de plus hier lors des débats sur le HIV and Aids Bill. Présentant ce projet de loi en deuxième lecture, Satish Faugoo, le ministre de la Santé, a expliqué que la législation vise à apporter des mesures pour contrôler et prévenir la propagation du VIH/SIDA, tout en respectant les droits humains de ceux infectés par le virus.

Si la prévalence du VIH/SIDA à Maurice est demeurée relativement faible en comparaison avec celle du reste du monde, c?est parce que les autorités ont eu le courage de prendre les mesures qu?il fallait, notamment l?institution en 1987, d?un National Aids Control Programme basé sur la prévention, l?éducation, les soins et le soutien, de même que le dépistage des dons de sang.

Mais malgré ces actions, l?infection au VIH/SIDA est en hausse depuis 2001. De 55 cas cette année-là, ce nombre est passé à 921 en 2005. Depuis 2003, le mode de transmission majeur du virus se fait au travers d?injection de drogue par voie intraveineuse. Les dernières statistiques obtenues font voir qu?à octobre dernier, ils étaient 2 345 à vivre avec le virus. Si cette progression n?est pas jugulée, a dit le ministre Faugoo, le pays court vers la catastrophe.

Ainsi, aux mesures prises ces derniers temps pour renforcer la lutte contre le virus (consolidation de la Aids Unit par le recrutement d?un plus grand nombre de médecins et d?infirmiers, la décentralisation du counselling et des facilités de dépistage), il manquait une législation spécifique sur le sujet. ?Depuis que nous sommes au pouvoir, nous en avons fait une de nos priorités. Plus de délai signifie plus d?infections. Il était de notre devoir moral d?agir?.

Les trois ?C?

Satish Faugoo considère que cette législation est un des outils les plus importants de la lutte contre la maladie. Vu le nombre important de questions devant être abordées, diverses consultations ont été tenues et tous les avis ont été entendus. Il a souligné certains faits saillants du projet de loi comme l?article 3 qui dit que toute personne vivant avec le virus ne peut être considérée comme porteuse d?un handicap et à ce titre, elle ne doit subir aucun préjudice.

L?article 4 oblige les institutions autorisées à faire des tests de dépistage à se conformer à des règlements et des protocoles stricts figurant sous la loi. La clause 5 évoque la responsabilité de l?Etat à fournir ces tests de dépistage dans des centres de soins publics. Les articles 8 et 9 assurent que les pintes de sang fournies pour les transfusions dans les hôpitaux et les cliniques ne soient pas contaminées, de même que les tissus ou organes qui seront transplantés.

De toutes les façons, a spécifié le ministre Faugoo, le principe qui doit guider tout test de dépistage est basé sur les trois C, soit le Counselling, le Consentement et la Confidentialité. ?Il n?y a pas de logique de santé publique en obligeant une personne à se prêter à un test de dépistage au VIH/SIDA. Une telle approche pourrait aller à l?encontre du but recherché et effrayer les personnes se sachant à risques à aller se faire dépister et se soigner. Ce test de dépistage conduit sur une base volontaire avec le pre-counselling et le post-counselling est considéré comme une des meilleures stratégies de lutte?. De ce fait, l?article 7 précise que personne ne sera dépisté au VIH/SIDA sans son consentement, sauf dans des circonstances spécifiques. Par exemple, quand un médecin pense que la personne court un risque immédiat et que la personne n?est pas en mesure de donner son consentement en raison d?un handicap.

Sanctions sévères

Le counselling est une composante clé dans la prévention au VIH/SIDA car il permet aux personnes concernées de prendre leurs décisions de se faire dépister ou pas. Il aide les personnes qui se sont découvertes séropositives de mieux connaître leur état.

Ce projet de loi garantit aussi la confidentialité à toute personne dont la séropositivité a été établie. Il spécifie aussi que les personnes porteuses du virus jouissent de droits identiques à celles de personnes non infectées que ce soit en matière d?emploi ou dans l?accès aux soins. De ce fait, explique le ministre, des sanctions sévères attendent ceux qui traiteraient des personnes infectées de façon ?injuste, défavorablement, avec haine, mépris, ridicule?.

Dans la réalité mauricienne, le ministre Faugoo a fait ressortir que le meilleur moyen de freiner l?infection chez les usagers de drogue par voie intraveineuse est le programme d?échange de seringues. Cette législation en tient du reste compte, explique le ministre, en concluant que si l?application de ces mesures a un coût, les bénéfices de cet investissement seront évidents à long terme.

Lui donnant la réplique, Nando Bodha, leader de l?opposition, a estimé que la législation est un pas important. Cela dit, en comparant le HIV and Aids Bill à la législation indienne sur le sujet, il trouve que cette dernière est un modèle à suivre. ?Le HIV and Aids Bill mauricien est une fondation sur laquelle on peut encore construire.? Il trouve par exemple que les clauses de la législation indienne sont plus explicites.

Il a félicité le ministre de la Santé pour n?avoir pas criminalisé la contamination car selon lui, ?cela permettra d?aller dans le sens de l?éducation et non-discrimination. On fait appel à la responsabilisation des personnes et non à leur capacité de nuire?.

Nando Bodha estime qu?il faudrait préciser dans cette législation que le traitement aux antirétroviraux doit être obligatoirement fourni comme c?est le cas dans la législation indienne. Il trouve bien que l?échange de seringues se fasse dans le cadre d?un programme de traitement, tout comme il considère une bonne mesure le fait de décriminaliser la possession de seringue.

Le leader de l?opposition pense qu?au lieu de la création d?un Aids Secretariat au bureau du Premier ministre, ce qu?il faudrait, c?est une Aids Authority sur laquelle siégeraient toutes les parties concernées.

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