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L?UA peine à mettre en oeuvre une politique commune
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L?UA peine à mettre en oeuvre une politique commune
Réunis au Mozambique pour le deuxième sommet de l?Union africaine (UA), les dirigeants du continent se sont efforcés de surmonter leurs divergences en vue afin de mettre sur pied une force continentale susceptible d?intervenir dans des conflits tels que celui du Liberia. Les participants au sommet de Maputo invitent la communauté internationale à soutenir la Cedeao (Communauté économique des Etats d?Afrique de l?Ouest) dans ses projets de déploiement d?une force d?interposition au Liberia. Les chefs d?Etat de l?UA exhortent en outre les rebelles burundais à endosser le cessez-le-feu de décembre, resté lettre morte, et plaident en faveur de l?organisation rapide d?une conférence de paix dans ce petit Etat de la région des Grands Lacs en proie aux affrontements interethniques.
Les discussions sur les modalités de fonctionnement d?un conseil de paix et de sécurité et au sujet de la force de réaction rapide avaient révélé de nombreux désaccords entre les 53 membres de l?UA. Les dirigeants africains se sont toutefois mis d?accord pour convoquer prochainement un sommet spécial consacré à la politique de défense et de sécurité commune.
Autre motif de satisfaction, l?UA s?est dotée d?une Commission qui fait la part belle à la gent féminine. Cinq des dix postes de commissaires attribués à Maputo ont en effet été confiés à des femmes. ?Aucune autre institution au monde ne compte 50 % de femmes?, s?est réjouie Frene Ginwala, présidente du parlement sud-africain.
Etape de transition
Les dirigeants africains ont poursuivi pendant trois jours la progressive mise en place des institutions indispensables au bon fonctionnement de l?UA, qui a succédé il y a un an à l?Organisation de l?unité africaine (OUA), notamment en désignant les membres de la Commission africaine, exécutif de l?UA. Cette commission, composée de dix membres représentant les grandes sous-régions, sera dirigée par l?ex-président malien, Alpha Oumar Konaré. ?Mes priorités sont la lutte pour la paix et la sécurité sur le continent, une meilleure gestion de nos ressources, une meilleure ?gouvernance?, la sécurité alimentaire et (...) et la construction d?infrastructures?, a quant à lui déclaré l?ancien président malien, après avoir prêté serment en tant que président de la Commission de l?UA. M. Konaré a insisté sur la nécessité ?d?asseoir la paix et la sécurité? sur le continent, et de tout faire pour en finir avec ?l?utilisation des enfants-soldats?.
Plus généralement, ce 2e sommet de l?Union africaine a constitué une étape de transition, entre l?exaltation du lancement de la nouvelle UA et les tâches ambitieuses mais ardues auxquelles les dirigeants commencent à s?atteler. A Durban, en 2002, la vénérable Organisation de l?unité africaine (OUA) avait cédé la place à la nouvelle UA. Les esprits étaient à l?enthousiasme et aux déclarations d?intention pour faire émerger une nouvelle Afrique responsable de son destin, avant tout attentive à la résolution des conflits qui la déchirent, à l?ouverture démocratique et au développement d?un continent qui reste immensément pauvre.
Plusieurs projets d?organes ambitieux, destinés à structurer l?UA avaient été lancés : un Conseil de Paix et de sécurité, un Parlement, une force africaine. Un an après, aucun d?entre eux n?est en place. Le dossier du Conseil de paix et de sécurité, à l?image de celui des Nations unies est le plus en avance. Dix-sept pays ont ratifié le protocole, il en faut vingt-sept pour qu?il soit créé. ?Cela va se faire?, a déclaré le président sénégalais, Abdoulaye Wade, qui plaidait pour l?UA et, une nouvelle fois, pour le Nouveau partenariat économique (Nepad).
© Le Monde 2003 distribué par The New York Times Syndicate
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