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L?UA dénonce la violence policière

19 février 2005, 00:00

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L?Union africaine (UA) a rompu avec sa réserve habituelle en publiant un rapport qui présente le Zimbabwe comme un pays en proie à des divisions profondes et à la violence policière. Resté confidentiel jusqu?ici, ce document résulte d?une visite effectuée en 2002 au Zimbabwe par des experts de la commission des droits de l?homme de l?UA. Il pointe également les compromissions politiques de l?appareil judiciaire et l?absence de liberté de la presse.

«La mission a pu examiner des témoignages de victimes de violences policières ou de tortures en garde à vue. L?existence d?un système d?arrestations arbitraires est avérée. La mission est en mesure d?affirmer que le gouvernement ne peut nier sa responsabilité dans cet état de fait», note le rapport. Présenté une première fois lors d?une réunion des ministres des Affaires étrangères de l?UA en juillet 2004 à Addis-Abeba, le document avait fortement déplu au ministre zimbabwéen, Stan Mudenge.

Le rapport, finalement adopté par les chefs d?Etat de l?UA réunis en sommet le mois dernier à Abuja (Nigeria), est désormais public, a dit un responsable de l?UA. Robert Mugabe, au pouvoir depuis l?accession de l?ancienne colonie britannique à l?indépendance en 1980, s?est maintenu à la tête de l?Etat en 2002, à l?issue d?élections très critiquées par l?opposition et les pays occidentaux.

Accueilli au départ comme un démocrate modèle, Mugabe passe aujourd?hui pour un dictateur qui a ruiné son pays. Le Zimbabwe était autrefois l?Etat le plus prospère d?Afrique. Les experts des droits de l?homme ont longtemps et vainement incité l?Organisation de l?unité africaine (OUA) puis l?UA, qui a remplacé l?OUA en 2002, à dénoncer les violences commises par les gouvernements africains sur leurs propres populations.

Tsegaye TADESSE

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