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L?originalité Made in Mauritius
La compagnie Rose-Hill Transport (RHT) se paye le ticket de l?innovation pour assurer sa pérennité. Elle veut faire les choses autrement dans une industrie où la raideur et le manque d?initiatives sont légion. Derrière cette démarche, il y a un homme, Sanjiv Goburdhun, qui est aux commandes de l?entreprise depuis plus de dix ans. âgé de 41 ans, il a été nommé aux fonctions de Managing Director (MD) de la compagnie en 1994. Une entreprise au départ familiale, créée par son oncle.
<B>Transport
Sanjiv Goburdhun :Voyager autrement</B>
Sanjiv Goburdhun est un homme influent. Ses activités professionnelles dépassent le cadre de la RHT. Il siège sur le conseil d?administration de plusieurs compagnies dont la Mauritius Commercial Bank, Island Communications, Cirne Growth Fund, et Viva Voce. Sanjiv Goburdhun est aussi membre de l?Institute of Directors d?Angleterre, en plus de siéger sur le comité national du gouvernement d?entreprises.
Sous son impulsion, la RHT a connu de nombreuses améliorations, dont le renouvellement continu de sa flotte. Dernière innovation en date : l?introduction d?un package spécial pour excursions, destiné à la fois aux entreprises et aux particuliers. Les forfaits comprennent des sorties en autobus climatisés de luxe, la visite d?un ou de plusieurs sites et d?un déjeuner dans un restaurant.
«Pour cela, il faut une culture d?innovation. Les choses ne se font pas du jour au lendemain. Nous essayons tout le temps d?améliorer nos services tout en maîtrisant nos coûts d?opération», affirme Sanjiv Goburdhun.
Il y a quelque temps, la RHT a introduit la technologie global positionning system (GPS) dans le transport en commun. La compagnie a aussi investi gros dans l?informatisation, une manière pour cette société de transport rosehillienne de donner de la valeur ajoutée à son métier de base. Mais l?activité du transport reste au c?ur de son existence. « Nous comptons y rester. Le secteur du transport par autobus va continuer à exister même s?il y a d?autres modes de transport public. Notre but est d?être un role model dans cette industrie et de toujours rehausser notre niveau de service à la clientèle », soutient le MD.
Carole Lamport :Ressusciter le dodo</B>
Ce serait une erreur de ne voir en elle que la Marie Jeanne de Starmania. D?accord, Carole Lamport a une voix magnifique, forgée dans les cabarets et au piano-bar dans les hôtels. D?accord elle a joué le même rôle dans la comédie musicale mise en scène par Gérard Sullivan à dix ans d?intervalle : en 1984 et 2004.
Si Carole Lamport est habile avec ses cordes vocales, elle l?est aussi de ses mains. Elle est à la base du Dodo Boutik, où on vend toutes sortes d?objets décoratifs et utiles qui ont pour motif l?oiseau national. C?est avec le concours de Pascale Lagesse et Jean Michel Estade que la jeune femme a ouvert la boutique en octobre dernier, à la route du jardin à Curepipe.
Que d?eau a coulé sous les ponts depuis ses années de formation chez Poncini. Au début des années 90, Carole Lamport est bijoutière. «J?ai d?abord appris sur le tas chez Poncini avant de suivre une année de formation à l?IVTB.» Des cours qui l?aident à sculpter des formes et modeler des parures. Huit ans, c?est long. En 1998, la jeune femme ne s?épanouit plus dans le cadre rigide de la bijouterie classique.
Elle plaque tout et décide de s?accorder une année sabbatique. «J?avais besoin d?un temps pour ma famille et pour moi. J?ai fait de la couture.» Avant de bifurquer vers la chanson. En 1999, elle se lance dans l?aventure de Les Misérables. «En parallèle, j?ai continué le travail de mes mains, de la couture et de l?artisanat. Je transforme tout ce qui me tombe sous la main.»
Petit à petit, l?idée fait jour. Une idée surprenante. «Personne n?y avait jamais pensé auparavant. Cette idée m?est venue au cours d?une conversation avec Pascal.»
Faire revivre le dodo sous forme d?objets jolis et utiles. «Quand j?ai rencontré Jean Michel Estrade, le tout s?est concrétisé. Il faut savoir saisir les occasions.»
Chanson, Dodo Boutik. Ce ne sont pourtant pas là les activités principales de Carole Lamport. Hyperactive ? Non, seulement enthousiaste. Avec un sourire dans la voix, elle nous explique alors que : «mon travail, c?est de faire des accessoires de mariées. Tout ce qui est diadème, collier.» Un magasin ? Non, ne cherchez pas. Ce n?est pas le genre de Carole. Elle ne travaille que sur rendez-vous, en fonction des besoins de chacune.
<B>Luc Billard : L?appel de la mer</B>
Il vient de Grenoble. «C?est dans les Alpes, non, ce n?est pas près de la mer.» Le concepteur du scooter sous-marin biplace ne résiste jamais à l?appel du large. «Avec mes parents, on passait nos vacances en Méditerranée. Des amis nous invitaient sur leur voilier.» C?est là que Luc Billard se laisse griser par les embruns.
Garçon sérieux, il fera l?école de commerce à Grenoble toujours. Sa vie de cadre dynamique, il la passe à «travailler pour un groupe français dans le luxe.» Une carrière entre la Malaisie et Singapour, entre autres.
«Et puis j?ai eu la crise de la quarantaine.» Luc Billard rigole. Avec le recul du quinquagénaire qu?il est maintenant ( Luc Billard ne nous cache pas qu?il est né en 1953), le créateur du Blue Safari Submarine nous raconte comment un jour «J?en ai eu marre de bosser pour les autres.» Il décide alors de se mettre à son compte. «J?ai demandé à ma chère et tendre où elle voulait vivre. Elle m?a dit : «Dans des pays tropicaux.» Pourquoi Maurice ? «Parce que c?est un pays stable.»
Désormais, Luc Billard se sent « adopté». Pourtant, son installation n?a pas été simple. Il n?a pas oublié comment il a passé deux ans à faire sept aller-retours Maurice-
France pour convaincre les uns et les autres de croire dans son projet. «Oui, je crois que je suis tenace.» Une qualité qui lui permet de réunir les Rs 65 millions d?investissements nécessaires pour démarrer son projet.
C?est une soixantaine de personnes qui travaillent à plein temps pour son entreprise. «Et les grands réceptifs nous font confiance. L?essentiel est d?être sincère, que ce soit dans le commercial ou dans l?humain. Ce n?est que comme cela que vous pouvez espérer avoir des retours.» Au point où Luc Billard envisage de «finir ses jours à Maurice».
<B>Exportation
Ali Parkar :Le textile-habillement n?est pas mort</B>
Ali Parkar, le grand patron de Star Knitwear est un vétéran optimiste. Ses concurrents chinois ne l?intimident point. Il croit fermement en l?avenir du textile-habillement mauricien, malgré les secousses du moment. Pour preuve, son entreprise a investi ces deux dernières années plus de Rs 70 millions dans l?acquisition des dernières technologies de production. Avec l?achat d?autres équipements prévus prochainement, la note devra tourner autour de Rs 100 millions.
Un acte audacieux aux yeux de beaucoup d?industriels. L?audace et la persévérance sont du reste des qualités qui priment chez Ali Parkar. Il avait débuté dans le textile en 1985 à Maurice. «Cela prend du temps avant de connaître le succès. Il n?y a pas de solution facile. Il faut travailler dur. Il faut aussi pouvoir compter sur un personnel dédié. Il y a toujours dans mon entreprise des gens qui ont débuté lorsqu?on avait démarré», affirme-t-il.
La déferlante chinoise sur le marché international des vêtements ne lui fait pas peur. Il dit ne pas se trouver dans la même ligue que «les produits bas de gamme et à bon marché» des fabricants chinois. Star Knitwear produit des t-shirts et des polos. Ali Parkar s?y connaît. Là, sa société peut tenir tête à la concurrence chinoise, indienne ou pakistanaise.
Les pull-overs ont fait leur temps à Maurice, estime le vieux routier. L?industrie mauricienne ne pourra plus se battre sur ce marché. Par contre, il y a encore de la place pour les autres créneaux à moyenne et à haute valeur ajoutée. Star Knitwear reste un success story de la confection mauricienne puisqu?il a su éviter les segments à risque. L?entreprise génère un chiffre d?affaires de Rs 1 milliard.
<B>Environnement
Avinash Ramsurrun :Conjuger l?informatique à l?écologie</B>
Les idées géniales germent souvent de façon bizarre. Avinash Ramsurrun, un graphiste de 31 ans, devait arroser le jardin alors que ses parents étaient en voyage. Mais comme il passait le plus clair de son temps à pianoter le clavier de son ordinateur, il oubliait souvent sa corvée. En voulant conjuguer ses deux passions, la nature et l?informatique, Avinash a réussi à créer le Life PC, fascinant les internautes du monde entier tout en inspirant les jeunes Mauriciens.
Le Life PC est la vision d?Avinash de l?ordinateur du futur. Il consiste d?un boîtier réunissant tous les composants informatiques et d?un bac où se trouve une plante. Pour assurer une opération optimale de la machine, il faut arroser la plante. Des capteurs installés dans la terre sont reliés à l?ordinateur. Leur rôle est d?évaluer le degré d?humidité. Alors que l?écosystème est en déclin, l?objectif d?Avinesh est de forcer chaque acheteur d?un ordinateur à cultiver une plante afin de redresser la situation écologique. À quelques heures de la fin du Next Generation Windows PC Competition organisée par Microsoft, l?ordinateur mauricien menait le peloton de tête.
«Il est essentiel d?avoir la bonne idée et ensuite la raffiner», lâche Avinash Ramsurrun. Cet habitant de Beau-Bassin a toujours eu une façon originale de voir les choses. Après des études tertiaires, il a bossé en Inde et à Singapour avant de retourner à Maurice. Il travaille actuellement en free-lance auprès des agences publicitaires locales et étrangères tout en donnant des cours de photographie au Mahatma Gandhi Institute. Il est habitué aux récompenses internationales. En début d?année, il avait reçu un prix pour un design effectué pour le compte de la firme suédoise Ericsson.
«En tant que designer, il faut s?inspirer de tout sans avoir de préjugés. Il est crucial d?avoir l?esprit ouvert pour rester original», explique Avinash Ramsurrun.
<B>Éducation
Marie-Claire Heerah :Directrice d?école au nom de l?enfant</B>
« Il ne suffit pas de dire à un enfant qu?il ne faut pas faire ceci ou cela. Il faut être précis dans ses dires et ils suivront l?exemple. » Pour Marie-Claire Heerah, directrice de la St-Nicholas Grammar School, à Phoenix, l?éducation doit être une vocation, sinon il ne vaut pas la peine de s?y engager. Après plusieurs années passées dans l?enseignement, elle décide, il y a un peu plus de dix ans, de fonder son propre établissement avec l?aide de parents. Le but étant de dispenser une éducation qui correspond, à son avis, davantage à ce que l?éducation devrait être. C?est-à-dire former l?être humain dans sa globalité.
«L?académique comme enseigné dans les autres écoles ne sert à rien si l?enfant n?a pas l?encadrement émotionnel», dit-il Marie-Claire Heerah. Son constat, fait il y a dix ans, est aujourd?hui un fait accepté par l?ensemble des pédagogues.
Si le but est de permettre un épanouissement total de chaque enfant, cela n?empêche pas des règles strictes. « La discipline est très stricte, nous y tenons beaucoup. Sans cette règle, nous ne pouvons rien faire.» Et cette pratique s?applique aussi bien à la soixantaine de personnes qui travaillent à la St-Nicholas Grammar School.
Dès le préprimaire, les cinq sens de l?enfant sont développés ainsi que des valeurs comme le respect mutuel et le partage. Au niveau primaire, cet état d?esprit est également omniprésent tout comme au secondaire où l?école a envoyé cette année pour la première fois des candidats aux examens du School Certificate.
Pour mener son projet éducatif à bien, Marie-Claire Heerah a préféré que son école navigue seule et sans amarres. «Financièrement, nous dépendons de personne. Nous fonctionnons uniquement avec les paiements mensuels des parents », dit-elle.
Cette farouche indépendance ne semble pas faire du mal à l?établissement vu la qualité de ses infrastructures. L?indépendance s?exprime également par rapport au milieu d?enseignement utilisé. La St-Nicholas Grammar School se présente comme un établissement qui n?utilise ni l?anglais ou le français comme le médium d?enseignement.
Quant à l?ouverture de l?école sur le monde, «nous n?avons des liens avec personne et en même temps avec tout le monde», conclut philosophiquement la directrice de l?école St-Nicholas qui compte aujourd?hui 230 écoliers au niveau primaire et 70 pour le cycle d?études secondaire.
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