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L?orgueil des rouges fouetté

5 décembre 2004, 00:00

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Il n?y a pas à dire, Navin Ramgoolam est hors de lui. Il n?a pas apprécié l?image renvoyée par le troisième baromètre Synthèses-l?express de 2004. Il n?y a vu que de noirs nuages. « Pas question pour moi de le commenter. » Il choisit cependant la fuite en avant et refuse de préciser les points qu?il considère comme défavorables à son parti.

D?autres dirigeants rouges sont tout aussi remontés. « Nous contestons plusieurs éléments de ce sondage », avance Arvin Boolell, le whip de l?opposition. Cependant, tout comme le leader de son parti, il évite d?expliciter les raisons de son désaccord. Idem pour Rashid Beebeejaun, qui se contente de contester, mais qui esquive la discussion.

Tout en rejetant les principales conclusions de cette étude, la direction travailliste ne se prive cependant pas de monter en épingle le score réalisé par le Mouvement socialiste militant (MSM). La plupart de ceux qui ont pris la parole, vendredi au meeting de Goodlands, y ont fait allusion en qualifiant le MSM de moribond.

Lors du même meeting, le leader du Mouvement républicain a donné pour sa part dans la démagogie, en parlant de « sondaz fos-fos ».

Quoi qu?il en soit, il n?en reste pas moins que ce baromètre politique a fouetté l?orgueil de l?alliance sociale, des rouges en particulier. Ils se sont décarcassés jeudi pour ameuter leurs troupes dans la région des basses Plaines-Wilhems et ont réuni une assistance honorable à leur meeting, à la rue Dr Reid, à Beau-Bassin. Les plus fervents de leurs partisans ont même, le lendemain, bravé les intempéries pour aller à ces meetings deux jours de suite.

Chacun prend ce qui lui plaît

Mais malgré tout ce qui se dit en public par les ténors, l?accueil réservé à ce sondage par le rank and file semble moins acerbe. Un professionnel des médias proche des rouges s?appuie sur le pourcentage des indécis révélé par les sondeurs, pour soutenir que rien n?est encore joué. « J?estime que tout peut se passer et que la victoire dépendra dans une grande mesure du choix des candidats », explique-t-il.

Et dans les rangs des deux principaux partenaires au pouvoir, l?analyse est plus nuancée. Au MMM les opinions sont partagées. Alors que certains y voient un

« reflet de la situation actuelle », d?autres trouvent que « certaines de ses conclusions sont difficiles à expliquer ». « L?impression qu?on a, c?est que même si les gens sont fâchés contre le gouvernement, ils ne sont pas disposés à remettre les travaillistes aux commandes », confie un membre du bureau politique mauve.

Le MSM paraît moins enthousiaste. En effet, un de ses ministres critique surtout l?échantillonnage. « Il me semble que les sondeurs n?ont pas accordé la même importance aux régions rurales, et qu?ils se sont concentrés sur les Plaines-Wilhems. Je suis aussi étonné du score attribué au MSM. Je ne pense pas que sa cote ait baissé par rapport à celle établie par le sondage précédent. »

Pour qui connaît la classe politique, de telles réactions ne surprennent pas. En effet, comme de coutume, chacun ne prend que ce qui lui plaît et critique les mauvais plis.

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