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L?opposition passe à l?offensive

18 novembre 2007, 00:00

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L?opposition est passée à l?offensive sur le terrain politique. Congrès et meetings se multiplient, tant dans les villes que dans les régions rurales. Du côté du Mouvement militant mauricien (MMM), comme de celui du Mouvement socialiste militant (MSM), on se réjouit que l?assistance est de plus en plus étoffée, ce qui, selon les dirigeants des deux partis, est un signe de l?impopularité du gouvernement.

Même si au sein des deux composantes de l?opposition l?accent est mis sur les manquements du gouvernement, ce n?est pas pour autant que le MMM et le MSM font cause commune. Certes, les grands thèmes qui fédèrent l?opposition reviennent sans cesse dans les discours des uns et des autres. Toutefois, leur premier objectif reste visiblement celui de galvaniser les troupes et de maintenir le tempo de la mobilisation.

Au sein du MMM, on n?y va plus de main morte dans la dénonciation de l?action gouvernementale. Revigoré par son manteau de leader de l?opposition, Paul Bérenger a repris des accents de militantisme qui ont caractérisé l?action de son parti au cours des trente dernières années. « Le MMM est resté un parti de principes et je vous demande de ne pas baisser les bras. Il y a de l?espoir. Et comme en 1982, nous allons remonter la pente, car nous avons au sein du MMM un homme du calibre de Vishnu Lutchmeenaraidoo. »

Par ailleurs, le leader des Mauves s?insurge contre les menaces du Premier ministre à l?égard des médias. Il s?élève contre tout projet de loi qui viserait à museler l?opposition. Il met en garde Navin Ramgoolam contre toute atteinte à la liberté de la presse. La contestation de toute loi présentée par le gouvernement et le recours à la Cour suprême sont même envisagés.

D?autre part, le leader de l?opposition rend le Premier ministre responsable pour le climat qui prévaut actuellement dans le pays, tant sur le plan économique que social. Pour Paul Bérenger, Ramgoolam est déjà hors-circuit à cause de ses prises de position qualifiées de communales et de la politique économique prônée par son gouvernement. Le Premier ministre, dit-il, fait de la politique avec l?économie. « La manière dont Ramgoolam dirige le pays est typique de la mentalité des Rouges. Corruption, gabegies, scandales sans précédent, hausse des prix font partie de la culture des travaillistes », déclare, sans ménagement, le leader du MMM.

<B>« Sans bruit et sans fla-fla »</B>

Au MSM, les attaques contre le régime en place ne sont pas moins virulentes. Même si le langage est plus dosé, le parti du soleil ne ménage pas le gouvernement. À la différence que c?est le ministre des Finances qui fait l?objet des plus vives critiques pour sa politique économique. « Ce gouvernement est injuste envers la classe des défavorisés. Voyez ce qui se passe sur le plan économique. Le Premier ministre doit ramener à la raison Rama Sithanen, le grand responsable du marasme économique dans lequel nous nous trouvons », soutient Pravind Jugnauth.

Toutefois, concernant les 2 000 arpents de terres que réclame le gouvernement dans le cadre de la réforme sucrière, alors que Bérenger critique les difficultés de l?État à obtenir des terres, Pravind Jugnauth, de son côté, soutient Navin Ramgoolam dans sa requête auprès de l?industrie sucrière.

Alors que le leader Mauve racontait, à Plaine-Magnien, vendredi, comment, lorsqu?il était Premier ministre, il avait réussi, dans le cadre du deal Illovo à obtenir quelque 3 600 arpents de terres « sans bruit, sans fla-fla, et sans mettre l?industrie sucrière en danger », Pravind Jugnauth, à Bel Air, qualifiait la demande du gouvernement de 2 000 arpents de terre, « pas déraisonnable ». À l?évidence, Pravind Jugnauth s?est retrouvé pris en tenaille entre les différentes organisations socioculturelles qui ne font pas de mystère sur leur soutien au Premier ministre sur ce dossier.

<B>Un appel pressant</B>

Toutefois, Vishnu Lutchmeenaraidoo a fait un appel pressant à Pravind Jugnauth, pour que son parti dénonce la posture adoptée par Navin Ramgoolam sur la question des terres. Mais il semblerait que cet écho n?ait pas retenti aux oreilles du leader du MSM.

D?autre part, si la question d?alliance n?a pas été évoquée lors de ces réunions politiques ? trêve politique oblige ? ce n?est pas pour autant qu?il n?en est pas fait allusion dans les instances des deux partis. Mais au MMM, on n?écarte pas l?espoir de voir Paul Bérenger occuper le poste de Premier ministre. Ainsi, pour Vishnu Lutchmeenaraidoo, « Ramgoolam kontan pas kontan, l?Alliance kapav dire ce ki li oulé, Paul Bérenger sera le Premier ministre du pays ».

On pourrait déplorer que l?opposition n?a, à ce stade, pas donné les grandes lignes d?un projet d?alternance, tant sur le plan politique qu?économique. Si les principaux partis de l?opposition se concentrent plus particulièrement sur des critiques du régime, ce qui leur est propre, l?on pourrait souhaiter entendre des propositions sur un projet d?alternance politique et économique concret.

De son côté, l?Alliance sociale compte descendre sur le terrain cette semaine afin de répondre aux forces de l?opposition. « Le gouvernement compte défendre son bilan et répondre coup pour coup à la démagogie de l?opposition », déclarent, unanimement les leaders de l?Alliance sociale. « Nous n?allons pas nous croiser les bras et subir les assauts sans broncher.

Ils ne perdent rien pour attendre, car nous allons riposter à leurs mensonges et à leurs calomnies », assure Deva Virahsawmy, le secrétaire général des Rouges. L?agitation politique ne fait que commencer.

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