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L?opposition haïtienne boude les médiateurs

22 février 2004, 20:00

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Les efforts des médiateurs internationaux emmenés par les Etats-Unis se sont heurtés samedi au refus de l?opposition politique d?adhérer dans l?immédiat au plan de sortie de crise à Haïti. Ce plan revoit la création d?un comité chargé d?aider à la désignation d?un Premier ministre et d?un nouveau gouvernement. Le projet, accepté par Jean-Bertrand Aristide, prévoit également un désarmement des bandes armées et une réforme de la police.

?Si nous n?avons pas obtenu de oui, nous n?avons pas obtenu de non, et ils (l?opposition) ont convenu de nous apporter une réponse aujourd?hui?, a déclaré le ministre bahaméen des Affaires étrangères, Fred Mitchell, après la fin des pourparlers. Les négociations avec l?opposition ont ainsi duré plus longtemps que prévu. Certains opposants ne cessent de répéter que tout accord est conditionné par le départ préalable de Jean-Bertrand Aristide, accusé de corruption et d?atteinte aux droits de l?homme.

?Si nous acceptons ce plan sans le départ d?Aristide, nous allons disparaître en tant qu?opposition?, a insisté Rosemond Pradel, chef de file de l?une des formations de l?opposition, alors que les pourparlers se poursuivaient. L?opposition a déjà refusé en janvier un plan similaire présenté par les médiateurs notamment les pays de la Communauté des Caraïbes (Caricom) lors de discussions en Jamaïque.

Jean-Bertrand Aristide a réaffirmé samedi qu?il n?avait pas l?intention de partir avant la fin de son second mandat. ?Jusqu?à la fin de mon mandat, en 2006, je travaillerai dur pour créer un environnement pour la tenue d?élections.?

Des mois de manifestations, souvent marquées par des heurts avec des partisans armés d?Aristide, ont dégénéré en rébellion ouverte le 5 février lorsqu?une bande armée autrefois fidèle à Aristide a chassé la police de la ville de Gonaïves. Rébellion qui a fait plus de 50 morts, dont une vingtaine de policiers. Nombre d?étrangers ont fui le pays sur les conseils de leur gouvernement et les Etats-Unis ont ordonné samedi à une partie de leur personnel diplomatique de partir.

Michael Christie

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