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L?opposition boude le budget

27 mars 2005, 00:00

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Ils sont insatisfaits du déroulement des travaux parlementaires et des réponses à leurs multiples interpellations; ils estiment que le gouvernement viole l?esprit de nos institutions en présentant un budget début avril. Navin Ramgoolam et Xavier-Luc Duval ont par conséquent annoncé, hier, que l?opposition ne sera pas présente à la séance du 4 avril, alors que certains milieux avaient annoncé une démission collective des élus de l?opposition après le départ du PM indien, le 2 avril.

Les leaders du Parti travailliste (PTr) et du Parti mauricien Xavier Duval (PMXD) ont rencontré la presse séparément, hier matin. Tous deux ont annoncé le boycott de la présentation, par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, du budget 2005-2006, le 4 avril prochain.

<B>« Misère et cherté de la vie? »</B>

«Le PMXD constate que le Parlement ne remplit pas son rôle et que le gouvernement is taking MPs for a ride. Les projets importants, tels que l?Insurance Bill, sont présentés avec un certificat d?urgence et les parlementaires n?ont pas le temps d?étudier les textes. On se moque de la démocratie», estime le leader du PMXD.

«Il n?est pas question que l?on cautionne une atteinte à nos institutions. Le gouvernement vient présenter un budget électoraliste; il viole l?esprit de la Constitution pour présenter un budget en avril. Li pe rod lak nu quand nous formerons le prochain gouvernement», dénonce pour sa part le leader rouge. «Ce sera un budget électoraliste, où le Bonom Noël va tout promettre et tout donner, même si, ensuite, l?économie du pays est foutue», prévient Xavier-Luc Duval.

«Nous ne serons pas complices d?un exercice électoraliste. L?an dernier, Pravind Jugnauth avait annoncé quatre mesures phares et, à aujourd?hui, rien n?a été fait au niveau de la distribution de 500 arpents à 32 500 employés et de 200 arpents agricoles aux petits planteurs. Rien non plus au niveau de la participation des employés aux profits et au management de leurs entreprises ; et, toujours rien quant à Equal Opportunity Act promis», déplore le leader de l?opposition.

Les deux leaders ont en outre expliqué que la campagne électorale est déjà lancée. «Le thème de la nôtre reprend ce que vivent les Mauriciens : la misère, la cherté de la vie, l?inégalité des chances? Nous serons, dès notre retour au pouvoir, très vigilants à ce niveau et favoriserons l?unité nationale», précise Xavier Duval. De son côté, Navin Ramgoolam souhaite «une campagne rapide, car le gouvernement n?a pas la légimité de présenter un budget alors qu?il va perdre ».

Par ailleurs, pendant toute la semaine dernière, a été évoquée la possibilité d?une démission collective des élus de l?opposition. Il était même question que cette démission collective des huit élus de l?alliance PTr-PMXD, des deux Verts et des cinq du MSD ait lieu après le départ du Premier ministre indien, Manmohan Singh, le 2 avril prochain. Les responsables des partis de l?opposition estimaient que leur présence à l?Assemblée nationale jusqu?à la dissolution annoncée du Parlement, fin avril, allait permettre au gouvernement de continuer à les traiter «avec arrogance». Mais au terme de rencontres et de discussions entre les partis, les membres de l?opposition auraient conclu qu?une démission équivaudrait à donner à la majorité l?opportunité de se servir d?une «unchallenged tribune».

<B>L?île s?ouvre aux cerveaux </B>

Les ministères du Travail et de l?Intérieur risquent d?avoir beaucoup à faire dans les mois à venir. Une révision des lois sur l?immigration et l?emploi des étrangers est envisagée. Elle faciliterait l?octroi de permis de travail et de résidence. Cette réforme serait annoncée lundi prochain, à la présentation du budget par le ministre des Finances. Le gouvernement a l?ambition de faire de Maurice un centre de la matière grise, un « knowledge hub ». Il ne s?agit pas seulement de fonder des universités et des centres de recherches, mais aussi d?attirer des compétences étrangères dans les secteurs économiques existants et d?aider à la consolidation de secteurs émergents, tel celui des technologies de l?Information et de la communication. Dans le système actuel, seuls les investisseurs bénéficient d?une voie rapide pour l?obtention de permis de travail et de résidence. Les employés étrangers de boîtes internationales ou locales doivent, eux, passer par des procédures fastidieuses et compliquées. Cela changera. Au ministère du Travail, on estime pouvoir délivrer certains permis en moins d?une semaine. D?autres mesures pourraient également être annoncées afin que working in Mauritius paraisse davantage incitatif pour les étrangers.

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