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L?Opep cherche des réponses à la dégringolade des cours du brut

24 octobre 2008, 00:00

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Le cours du brut léger américain, référence du marché pétrolier, a baissé de plus de moitié depuis son record historique atteint en juillet dernier, à 147,27 dollars le baril. Il s?échangeait hier à moins de 68 dollars.

Ce plongeon a convaincu les membres de l?Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à avancer à ce matin dans la capitale autrichienne une réunion extraordinaire prévue d?abord fixée au 18 novembre.

Le ralentissement économique qui se généralise provoque une baisse de la demande pétrolière et une reconstitution des stocks. Aux yeux de la plupart des ministres, cette situation réclame une réduction de la production. Mais l?Arabie saoudite, qui donne souvent le la par son statut de premier exportateur mondial de brut, n?a encore fait aucun commentaire public sur la question. Son ministre du Pétrole, Ali al Naimi, s?est borné à déclarer à son arrivée hier à Vienne que le prix serait déterminé par le marché.

D?autres pays divergent sur le montant de production à réduire pour limiter le surapprovisionnement du marché et protéger leurs économies. Le ministre iranien du Pétrole, Gholamhossein Nozari, s?est prononcé hier pour une baisse de deux millions de barils par jour (bpj). D?autres délégués ont évoqué un chiffre d?au moins un million.

Le président en exercice du cartel, l?Algérien Chakib Khelil, a estimé qu?il faudrait plusieurs réunions pour obtenir le bon équilibre entre l?offre et la demande, et les besoins des pays producteurs et consommateurs. « L?inquiétude des pays producteurs est que, quelle que soit la décision prise, elle n?ait aucun impact pour limiter l?aggravation des problèmes dans les pays consommateurs », a-t-il reconnu lors d?une conférence de presse. « La décision ne doit pas mettre les pays producteurs en situation de rejoindre le groupe de pays qui souffre déjà de la crise financière », a-t-il ajouté.

90 dollars, un prix idéal ?

Toute décision concernant les quotas de production qui sortirait de la réunion devra encore être mise en ?uvre, ce qui s?est déjà avéré difficile par le passé. Plusieurs Etats membres ayant un besoin immédiat de recettes pétrolières ont rechigné à limiter leurs exportations dans les périodes creuses. Ce manque de discipline a contribué à enfoncer le cours du brut sous le seuil de 10 dollars pendant la crise économique asiatique de la fin des années 1990.

Aujourd?hui, sur fond de turbulences sur le marché du crédit, même le Venezuela et l?Iran ? qui ont de gros programmes de dépenses publiques ? affirment qu?ils peuvent s?appuyer pour un temps sur les bénéfices réalisés pendant la flambée des prix. Le plus pressant, ajoutent-ils, est d?établir une forme de contrôle. « Nous avons besoin de gérer le marché. C?est très important. Quand le prix du pétrole baissera de plus de 50 %, s?il n?y a pas de contrôle, je ne sais pas ce qu?il se passera », a déclaré Mohammad Ali Khatibi, représentant de l?Iran à l?Opep.

Ce dernier ne s?est pas risqué à dire quel serait le prix du pétrole idéal, mais comme d?autres pays du cartel, il a prévenu que des projets pourraient cesser d?être rentables si les cours baissaient trop. Dans ce cas, quelles que soient les mesures de l?Opep, l?offre mondiale commencerait à en pâtir. Khelil, qui est le ministre algérien des Mines et de l?Energie, a déclaré aux journalistes qu?il préférerait un pétrole à 90 dollars le baril pour garantir l?aboutissement des projets de développement de la chaîne pétrolière.

Les analystes jugent que 90 dollars est un prix assez ambitieux dans le contexte actuel de ralentissement qui touche également des gros consommateurs émergents comme la Chine. « Freiner cette glissade des prix ne sera pas chose facile », estime la banque Morgan Stanley dans une note de recherche. « L?effondrement du prix de l?essence aux Etats-Unis, associé au ralentissement des pays hors OCDE, soulève la perspective d?une contraction de la demande pétrolière mondiale pour la première fois depuis 1982. »

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