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L?ONU exige la destruction du « mur »
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L?ONU exige la destruction du « mur »
L?assemblée générale de l?Onu a adopté, le 20 juillet, à une écrasante majorité une résolution demandant à Israël de démanteler sa barrière de sécurité en Cisjordanie, en conformité avec l?avis rendu ce mois-ci par la Cour internationale de justice de La Haye. La résolution, présentée par un groupe de pays majoritairement arabes ou musulmans, a été adoptée par 150 voix contre 6 et 10 abstentions. Outre Israël, les États-Unis et l?Australie ont notamment voté contre. L?Union européenne a voté unanimement en faveur du texte, qui n?a pas un caractère contraignant.
Prenant acte de l?avis consultatif émis le 9 juillet par la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye qui avait déclaré illégale l?édification du « mur », la résolution « exige qu?Israël, puissance occupante, s?acquitte de ses obligations juridiques » telles que mentionnées dans l?avis consultatif. L?avis de la CIJ appelait Israël à détruire les parties de cette barrière prévue sur plus de 700 km se trouvant en territoire palestinien, et à dédommager financièrement les Palestiniens pour les dégâts subis.
L?ambassadeur israélien à l?ONU, Dan Gillerman, a amèrement déploré l?adoption de la résolution. « Je remercie Dieu que le sort d?Israël et du peuple juif ne soient pas décidés dans cette enceinte », a-t-il déclaré. Qualifiant la résolution de « partiale et totalement contre-productive », M. Gillerman a accusé ses promoteurs de détourner l?attention de la gravité du terrorisme en s?en prenant à une mesure (la construction du mur) destinée à lutter contre le terrorisme, en ajoutant :
« Cette résolution ne pourra qu?enhardir ceux qui sont les vrais ennemis d?Israël et du peuple palestinien. »
<B>« Soutien honteux » de l?Europe</B>
L?ambassadeur israélien à l?ONU a dénoncé le « soutien honteux » de l?Union européenne, particulièrement de la France, à la résolution des Nations unies. « La France s?est comportée de façon particulièrement honteuse en ?uvrant pour ses amis palestiniens et en convaincant les autres pays européens d?adopter une résolution insuffisamment amendée », a indiqué le représentant israélien.
Les États-Unis, proches alliés d?Israël, ont voté contre le texte. « Nous déplorons la hâte avec laquelle l?Assemblée générale a adopté cette résolution », a déclaré James Cunningham, numéro deux de la mission américaine à l?ONU. « Cette résolution reste partiale », a-t-il ajouté. « Les États-Unis demeurent convaincus que l?accent doit continuer à être mis sur la vision exprimée par le président (George W.) Bush de deux États, Israël et la Palestine, vivant l?un à côté de l?autre », a-t-il dit.
Les Américains avaient d?emblée critiqué la résolution, estimant qu?elle ne prenait pas suffisamment en compte le droit des pays, reconnu par l?Onu, à l?autodéfense lorsqu?ils sont attaqués, une allusion aux attentats terroristes dont Israël et les États-Unis ont été victimes dans un passé récent.
<B>Décision « historique »</B>
De son côté, Nasser Al-Kidoua, observateur palestinien à l?ONU, a qualifié ce vote de « développement historique ». « Il pourrait bien s?agir de la résolution de l?Assemblée générale la plus importante depuis l?adoption de la résolution 181 de 1947 », a-t-il déclaré, faisant référence à un texte qui préconisait la partition de la Palestine sous mandat britannique en deux Etats indépendants, l?un juif et l?autre arabe.
Les Palestiniens ont en outre indiqué que si Israël n?appliquait pas l?avis de la CIJ et la résolution de l?ONU, ils s?efforceraient d?obtenir une autre résolution, légalement contraignante cette fois, du Conseil de sécurité, au risque de se heurter au veto des États-Unis.
La Cour internationale de justice avait estimé, le 9 juillet, dans un avis consultatif que la clôture de sécurité israélienne actuellement en cours de construction en Cisjordanie était illégale parce qu?elle empiétait sur des territoires palestiniens, afin d?englober côté israélien des colonies édifiées sur des territoires occupés lors de la guerre israélo-arabe de 1967. Israël affirme que cette clôture ? qui prend alternativement la forme d?une clôture électrifiée et d?un mur ? est provisoire, et nécessaire à la prévention des attentats-suicides. Les Palestiniens voient dans cet édifice devant recouvrir, à terme, une bande de terre de quelque 700 km de long une confiscation masquée de terres qui ampute d?autant le territoire de leur futur État.
<B>2004 Le Monde ? Avec AFP et Reuters Distribué par The New York Times Syndicate</B>
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