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L?ombre de Raj Dayal plane sur l?affaire Deelchand
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L?ombre de Raj Dayal plane sur l?affaire Deelchand
L?ombre de Raj Dayal plane de nouveau sur les Casernes centrales. Cela fait maintenant plus d?un mois que l?ancien commissaire de police est cité comme ayant été très proche du notaire Vinay Deelchand. Ce dernier est accusé par son homme de confiance, Antoine Chetty, d?être à la tête d?une véritable association de malfaiteurs.
Depuis qu?Antoine Chetty s?est mis à déballer le linge sale de cette « famille», il a évoqué à plusieurs occasions les liens particuliers entre les deux hommes. Il accuse même l?ancien commissaire d?avoir été de mèche avec Vinay Deelchand pour cacher de la drogue chez des personnes que le notaire voulait piéger dans le cadre de transactions financières frauduleuses.
<B>Descentes ciblées</B>
Au fil de ses aveux à l?équipe de l?inspecteur Hector Tuyau de l?Anti Drug and Smuggling Unit (Adsu), l?ex-garde du corps du notaire révèle qu?à plusieurs reprises, il a accompagné son complice des basses ?uvres, Veeren Mooraghen, ainsi que Vinay Deelchand au Warriors? Retreat de la Special Mobile Force (SMF) pour rencontrer l?ancien chef de la force policière.
A chaque fois, selon Antoine Chetty, il était question des personnes chez qui la police devait faire une descente afin de les arrêter pour possession de drogue. A l?issue de ces rencontres, Raj Dayal, aurait selon Chetty contacté alors des officiers pour mener des opérations de police.
L?ancien chef de la police est aussi pointé du doigt pour n?avoir pas pris en compte des dénonciations contre Vinay Deelchand dans le cas du décès de Parvez Damree. Antoine Chetty a affirmé que ce toxicomane avait été assassiné par injection massive de drogue en 1995 sur ordre du notaire.
D?après Antoine Chetty, Parvez Damree revendait la drogue pour le compte du notaire et c?est à la suite d?une dispute que ce dernier a porté plainte contre lui, l?accusant de tentative d?extorsion de fonds.
Lorsque les enquêteurs de la Criminal Investigation Division (CID) de Port-Louis Nord l?ont finalement arrêté, Parvez Damree a déclaré que Vinay Deelchand lui fournissait de l?héroïne qu?il revendait. Le notaire avait alors été arrêté et accusé provisoirement de trafic de drogue.
Il est reproché à l?ancien commissaire de police d?avoir fait transférer un inspecteur de la CID de Port-Louis Nord qui avait objecté à la demande de remise en liberté sous caution du notaire à la demande du parquet.
Raj Dayal n?aurait pas apprécié que l?officier ne le consulte pas avant de se rendre en cour. Il l?aurait alors convoqué dans son bureau, l?après-midi du procès, un vendredi, puis l?aurait déplacé vers un autre département le lundi suivant.
Toujours dans le cas de Parvez Damree, Raj Dayal aurait selon Chetty volontairement ignoré la lettre d?un compagnon de cellule du défunt. Dans cette correspondance, l?homme raconte que Parvez Damree lui a fait des confidences sur le notaire Vinay Deelchand et lui a demandé de le dénoncer à la police si jamais il arrivait à mourir. Mais la fameuse lettre a été versée dans le dossier à charge déjà fermé à la suite du décès du toxicomane. Et il semble que Vinay Deelchand n?a jamais été inquiété depuis, jusqu?à ce qu?il se fasse cueillir à la suite des confessions d?Antoine Chetty en mars dernier.
Les liens entre Raj Dayal et le notaire Deelchand ne sont pas seulement mis en évidence par les commentaires du garde du corps. Différentes sources ont fourni des renseignements troublants sur les connexions entre l?ancien haut gradé et le notaire. Entre autres, il est question d?armes devant être détruites retrouvées entre les mains de malfrats à la solde du notaire. Comme évoqué dans notre édition de la semaine dernière, il est aussi question de lance-flammes utilisés lors des tristes événements de février 1999 à Goodlands et Triolet.
La proximité alléguée des deux hommes est aussi dénoncée par le travailleur social Ally Lazer. « J?attends que l?Adsu me convoque pour m?interroger sur ce que je sais sur l?axe Dayal-Deelchand? » souligne cet infatigable dénonciateur de trafiquants de drogue.
<B>Ally Lazer évoque les liens entre les deux hommes </B>
« Mo ti mette nom Deelchand lor enne la liste trafiquants en août 1996 ki mone donne Raj Dayal. Ti ena 225 noms lorla, parmi bane magistrats en fonction, certains avocats véreux, officiers l?Adsu mem et politiciens. Dayal pane interese ek persone, line fer remark zisse lor nom Vinay Deelchand. Li dire li mem dimoun pli informe dan Moris car li ena service de renseignements, li dire li conne Deelchand bien, ki li éne bon dimoune », déclare Ally Lazer.
Le travailleur social indique qu?il n?avait pas demandé que le notaire soit arrêté mais qu?il soit simplement pris en filature afin d?être arrêté en flagrant délit de trafic de drogue mais que rien n?a été fait. Par la suite, ses doutes ont été confirmés quant aux liens entretenus par les deux hommes, après que le notaire ait été aperçu au sein d?une délégation de représentants d?organisations socioculturelles qui venaient rencontrer l?ancien chef de la police à son bureau.
« Apre monn gagne repons kifer li defance Deelchand, mone alle guet li pou demane ene rencontre lor ene trafikan pe rentre depi Bombay le mem swar, li dire li pas kapav zoine li, passe demain. Li pe recevoir ene delegasion represantan socioculturel e parmi mone trouve Deelchand ladan. »
Selon différentes sources, la police va interroger les officiers ayant été convoqués par Raj Dayal pour des perquisitions chez des personnes où la bande de Vinay Deelchand avait placé de la drogue. Déjà, le surintendant Vinod Appadoo de l?Adsu ? responsable de l?escorte des accusés dans l?affaire Vinay Deelchand ? a été appelé à confirmer les aveux d?Antoine Chetty.
D?un autre côté, très peu de renseignements filtrent sur l?affaire des armes mais l?on évoque quand même les munitions de la SMF découvertes chez Louis Christian Soleil, un présumé trafiquant de drogue à Batterie-Cassée, Roche-Bois, il y a quinze jours, même s?il n?aurait aucun lien avec le notaire.
Dans l?entourage de Raj Dayal, on déclare qu?il est victime d?une «mafia politique». Cette semaine, il doit se présenter en cour pour une autre affaire : Giving false evidence dans le cadre des travaux de la Commission Sik Yuen sur les contrats pour l?alcoholmeter et le portail des Casernes centrales, alloués par la police alors qu?il était commissaire. Si l?Adsu parvient à réunir les preuves contre Raj Dayal concernant les allégations dans l?affaire Deelchand, il pourrait à nouveau franchir, mardi, ce portail.
<B>Le commissaire Dayal n?aurait pas apprécié que l?officier ne le consulte pas avant de se rendre en cour. Il l?aurait alors fait transférer. </B>
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