Publicité
Lomé retrouve le calme après 48 heures d’émeutes
Par
Partager cet article
Lomé retrouve le calme après 48 heures d’émeutes
Le calme semblait être revenu hier à Lomé, où la population nettoyait les rues sous la surveillance étroite des forces de sécurité togolaises. A mains nues, avec des balayettes ou des balais de roseaux, de nombreux habitants, affirmant avoir été contraints à la tâche par la police et l’armée, débarrassaient les rues du quartier de Bé, à Lomé des dernières traces de violences.
Les émeutes entre forces de l’ordre et opposants au régime, qui ont éclaté mardi après l’annonce de la victoire de Faure Gnassingbé à l’élection présidentielle de dimanche, se sont poursuivies mercredi dans la capitale transformée en champ de bataille, faisant au moins 20 morts. A Bé, fief de l’opposition et théâtre des affrontements les plus violents, Assou, un habitant de 39 ans, raconte que les forces de l’ordre ont fait du porte-à-porte pour ordonner à la population de lever les barricades érigées par les jeunes opposants et débarrasser les rues des pierres et des grenades lacrymogènes.
Le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) rapporte que quelque 1 200 personnes ont fui au Bénin et au Ghana voisins depuis mardi. “Nous espérons que ce n’est pas le premier signe d’un exode, que le calme va être rétabli et que les gens vont revenir”, a dit dans un communiqué David Lambo, directeur du bureau africain du HCR.
L’opposition, unie derrière l’Union des forces de changement de Gilchrist Olympio (UFC) et le candidat Bob Akitani, qui s’est autoproclamé président mercredi, accuse le Rassemblement du peuple togolais (RPT) de Faure Gnassingbé de fraude massive. Mercredi, les Etats-Unis ont jugé insatisfaisant le déroulement du scrutin et ont lancé un appel à l’arrêt des violences.
“Des irrégularités dans le recensement et dans la distribution des cartes électorales avant le scrutin et des vices de procédure le jour de l’élection soulèvent de graves questions sur l’exactitude des totaux provisoires annoncés (mardi)”, a déclaré Adam Ereli, porte-parole du département d’Etat. Ereli a ajouté que Washington se joignait à l’Union africaine et à la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest pour prôner au Togo un gouvernement de réconciliation nationale susceptible de réduire les divisions politiques et d’oeuvrer à la réforme du code électoral, afin de permettre des élections crédibles et transparentes.
De son côté, Michel Barnier, a assuré hier qu’il n’y aurait pas d’ingérence de la France au Togo, son ancienne colonie. Le fils d’Eyadéma avait été porté à la présidence par l’armée à la suite du décès de son père le 5 février, après 38 années de pouvoir sans partage.
<B>Silvia ALOISI</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents