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L?offensive diplomatique comme arme de survie

7 août 2005, 00:00

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La première rencontre de tous les stakeholders de l?industrie sucrière depuis les élections du 3 juillet s?est tenue, hier, au Domaine Les Pailles. Ils ont procédé à une analyse en profondeur des défis confrontant l?industrie sucrière et ont passé en revue les solutions possibles. Une offensive diplomatique agressive s?est imposée comme l?unique option.

Le gouvernement, a assuré Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie, a fait de l?industrie cannière l?une de ses priorités. Les conséquences socio-économiques de la restructuration, rendue nécessaire par la conjoncture internationale, seront évaluées et minimisées, a-t-il assuré. Il a promis qu?aucun partenaire ne sera laissé sur la touche.

L?avenir de l?industrie sucrière n?est pas derrière elle : ce credo a été repris par tous les intervenants de la rencontre d?hier. Cet optimisme de combat se voulait être le signe fédérateur de tout le secteur. « Ce secteur est si important pour notre économie que nous surmonterons toutes les difficultés. Nous allons poursuivre nos efforts pour faire comprendre à nos partenaires l?importance de ce secteur pour notre devenir », a expliqué Arvin Boolell.

Optimiser les produits de la canne

L?importance que les autorités politiques accordent au dossier sucre était soulignée par la présence de trois ministres : outre Arvin Boolell, étaient présents Rajesh Jeetah, titulaire du portefeuille de l?Industrie et des PME, et son collègue Anil Bachoo, ministre de l?Environnement et de la NDU.

Le secteur privé était également fortement représenté. Christian Fookune, président de la Chambre d?agriculture, a souligné « le nombre de sujets sensibles abordés » au cours de cette réflexion commune. « Survive and thrive » a été le leitmotiv de la rencontre. L?industrie sucrière est appelée non seulement à assurer sa pérennité, mais également son progrès et son épanouissement.

Cela passe par des mesures locales visant à assurer la rentabilité de l?industrie et à optimiser tout ce que peut rapporter la canne. Ainsi, il a été demandé à l?Institut de recherches de l?industrie sucrière de travailler à la découverte de nouvelles variétés de cannes. L?utilisation optimale de la bagasse et la production d?éthanol ont également été identifiées comme secteurs permettant d?atteindre le but d?assurer l?avenir de l?industrie-mère.

« Mourir, s?il le faut, l?arme à la main »

La décision de l?Union européenne (UE) de revoir à la baisse le prix du sucre par 39 % a renforcé l?importance d?une offensive diplomatique renouvelée auprès des instances internationales appropriées. Cela passe, d?abord, par une position commune de l?ensemble des pays du groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP), qui doivent parler d?une même et unique voix. Est ainsi prévue, en marge de l?Assemblée générale de l?Organisation des Nations unies (ONU) à New York, une rencontre entre les chefs d?Etat et de gouvernement des pays ACP présents à New York.

Deuxième étape : un Conseil des ministres ACP-UE à Bruxelles pour discuter des aspects légaux et politiques de la décision européenne. Seront abordés tous les points « flous » quant à l?appréciation des termes « prix garanti » et « garantie de prix ». Les pays ACP militent pour qu?il leur soit garanti le même traitement accordé aux fermiers européens. « Pas de discrimination dans le traitement qui nous est accordé » sera le mot d?ordre des représentants des pays ACP.

Une autre rencontre est prévue à Bruxelles entre les mêmes acteurs pour discuter stratégie en vue du prochain round de négociations de l?Organisa-tion mondiale du commerce, du 13 au 18 décembre prochain, à Hong Kong.

Le dossier sucre est donc loin d?être clos et l?unanimité affichée au Domaine Les Pailles montre que les Mauriciens vont se battre et, comme l?a déclaré un des participants à la rencontre, « s?il faut mourir, nous le ferons l?arme à la main ». Mais cette option n?est, à aujourd?hui, nullement envisagée.

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