Publicité
L?Iran menace face à une possible saisine de l?Onu
Par
Partager cet article
L?Iran menace face à une possible saisine de l?Onu
L?Iran a menacé de refuser toute inspection surprise par l?Onu de ses sites nucléaires et de recommencer à enrichir de l?uranium si son programme nucléaire faisait l?objet d?une saisine du Conseil de sécurité, comme l?envisagent ses cinq membres permanents.
Réagissant vivement à l?accord conclu dans la nuit par la Grande-Bretagne, la Chine, la France, la Russie et les Etats-Unis, auxquels se sont associés l?Allemagne et l?Union européenne, l?Iran a fait savoir par ailleurs qu?il riposterait ?dans la région? en cas d?accroissement des pressions internationales. Les participants à la réunion de Londres sont convenus que l?Agence internationale de l?énergie atomique (AIEA), dont le Conseil des gouverneurs se réunit jeudi, doit notifier au Conseil de sécurité ?sa décision sur les mesures exigées de l?Iran?.
Ils ont précisé toutefois que le Conseil de sécurité devrait attendre le rapport du directeur général de l?AIEA, Mohamed ElBaradei, sur le programme nucléaire iranien, le 6 mars, avant de prendre d?autres mesures. Ce délai pourrait permettre à l?Iran de se tirer de ce mauvais pas, même s?il ne semble pas pour l?heure enclin à renverser la vapeur. ?Nous ne renoncerons pas à notre droit à la technologie nucléaire et si son cas est notifié au Conseil de sécurité, l?Iran cessera de respecter volontairement le Protocole additionnel?, a déclaré le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, cité par l?agence officieuse Mehr.
Le Protocole additionnel au TNP, signé mais pas ratifié par l?Iran, donne aux experts de l?Onu un accès accru et inopiné aux sites nucléaires suspects. L?Iran, jurant que son programme nucléaire est exclusivement civil, a annoncé ce mois-ci qu?il reprenait des recherches suspendues depuis deux ans et demi.
Pas de représailles sur le pétrole
Il a levé le 9 janvier les scellés posés sur ses équipements servant à enrichir de l?uranium dans son usine de Natanz, dans le centre du pays. De sources diplomatiques, rien n?indique que cette activité ait repris sur le site, mais l?AIEA a confirmé dans un rapport confidentiel destiné au Conseil des gouverneurs que l?Iran avait entamé des préparatifs dans cette optique.
?D?importants travaux de rénovation du système de distribution du gaz sont en cours à l?usine pilote d?enrichissement du combustible de Natanz?, écrit l?AIEA. Selon ce rapport rédigé par le directeur adjoint de l?agence, Olli Heinonen, l?Iran a fourni de nouvelles informations sur des tentatives d?acquisition de matériel à double usage, pouvant servir à un programme nucléaire militaire ou civil. L?Iran dit ne pas être parvenu à acquérir ce matériel. Mais il refuse toujours à l?AIEA l?accès à un chercheur impliqué dans ces tentatives d?achat pour le site nucléaire de Lavizan, souligne le rapport. Selon une source autorisée proche de l?AIEA, l?Iran a refusé parce que cet homme est un militaire, ce qui prouverait, selon Washington et ses alliés, que l?Iran cherche à fabriquer des armes nucléaires.
Cité par la télévision iranienne, Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité iranien, a prévenu qu?une saisine du Conseil de sécurité signifierait l?arrêt des efforts pour résoudre la crise par la voie diplomatique. ?Si ces pays utilisent tous les moyens dont ils disposent (...) pour faire pression sur l?Iran, l?Iran utilisera ses moyens dans la région?, a-t-il déclaré, par ailleurs, selon l?agence de presse officieuse ISNA.
On ignore dans l?immédiat à quels moyens il faisait allusion, mais selon des analystes et des diplomates l?Iran, via des partis islamistes et des activistes, est en mesure de gêner les pays occidentaux en Irak, au Liban et dans les territoires palestiniens, entre autres. Le ministre iranien du Pétrole, Kazem Vaziri, s?est voulu rassurant quant à une éventuelle réduction par l?Iran de ses exportations de brut, menace brandie par le passé par Téhéran. ?Nous ne mélangeons pas le pétrole et la politique?, a-t-il déclaré en marge d?une réunion de l?OPEP.
L?Iran peut compter sur le soutien, à l?AIEA, du Venezuela et de la Syrie, et sur une abstention annoncée de l?Inde, mais le compromis échafaudé à Londres promet le ralliement d?une confortable majorité de pays à l?initiative des cinq permanents. Le secrétaire au Foreign Office, Jack Straw, a déclaré qu?une série de mesures visant à ?établir la confiance? étaient attendues de l?Iran. Un haut responsable britannique, qui a requis l?anonymat, a souligné que l?observance par l?Iran des exigences de l?AIEA pouvait désamorcer la crise.
Mais selon Javad Vaeedi, numéro deux du Conseil national suprême de sécurité iranien, l?Iran n?a pas l?intention de reculer. ?Les recherches et le développement participent du droit légitime de la nation iranienne et sont irréversibles?, a-t-il affirmé à la télévision iranienne. Des diplomates russes et chinois vont se rendre à Téhéran pour exhorter les Iraniens à coopérer avec l?AIEA, selon le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, cité par les médias russes.
Paul HUGHES
POINT DE VUE IRANIENNE
Le pays résistera à la pression internationale
■ Téhéran résistera aux pressions internationales et ne renoncera pas au droit de poursuivre son programme nucléaire civil, a réaffirmé mercredi le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. ?Je dis à ces prétendus superpuissances que la nation iranienne a acquis l?indépendance il y a 27 ans, qu?elle décide de son sort et, qu?en ce qui concerne le dossier nucléaire, elle résistera jusqu?à ce qu?elle jouisse pleinement de ses droits?, a-t-il lancé devant plusieurs milliers de personnes rassemblées à Bushehr, port du golfe arabo-persique où s?achève la construction du premier réacteur iranien. Le discours particulièrement véhément du chef de l?Etat était partiellement retransmis par la chaîne de télévision publique. Doutant de la nature exclusivement civile du programme nucléaire iranien, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies se sont prononcés mardi pour la saisine de l?exécutif onusien, habilité à prendre des sanctions internationales.
La décision formelle au sujet de cette saisine sera prise jeudi à Vienne, par le conseil des gouverneurs de l?Agence internationale de l?énergie atomique (AIEA). ?Nous insistons sur la construction de centrales nucléaires dans le pays pour produire 20.000 mégawatts d?électricité grâce aux efforts de nos scientifiques et de notre jeunesse, tel que notre Parlement l?a approuvé?, a poursuivi Ahmadinejad. ?Notre nation ne peut faire marche arrière du fait des politiques agressives de certains pays?, a-t-il ajouté, alors que la foule hurlait ?Mort à l?Amérique! Mort à Israël!?.
Publicité
Publicité
Les plus récents