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L?Iran et l?aide aux Palestiniens : l?Europe en première ligne
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L?Iran et l?aide aux Palestiniens : l?Europe en première ligne
La diplomatie européenne, qui s?est portée en première ligne sur les dossiers de l?Iran et de la Palestine, va tenter de faire la preuve qu?elle est capable de dénouer deux des crises les plus difficiles auxquelles ait à faire face aujourd?hui la communauté internationale.
Dans les deux cas, la situation de l?Europe est plutôt délicate. A l?égard de l?Iran, elle a essayé sans succès, par l?intermédiaire de l?Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne, d?obtenir la suspension des activités d?enrichissement d?uranium dont elle soupçonne qu?elles ouvrent la voie à un programme nucléaire militaire. A l?égard de la Palestine, elle s?efforce, en gelant son aide directe au gouvernement dirigé par le Mouvement de la résistance islamique (Hamas), d?obliger celui-ci à renoncer à la violence, à reconnaître Israël et à accepter les accords existants.
Dans les deux cas, il lui faut montrer que sa fermeté peut être payante. Les ministres européens des affaires étrangères, réunis à Bruxelles, devaient faire le point sur ces deux initiatives et discuter des suites à leur donner après avoir reçu de la communauté internationale un mandat pour présenter de nouvelles propositions.
Échec des tentatives américaines
Sur le dossier iranien, après l?échec des tentatives américaines pour faire adopter par le Conseil de sécurité de l?ONU une résolution contraignante, les Européens ont été invités à préparer une nouvelle offre à Téhéran, qu?ils devront soumettre à leurs partenaires lors d?une réunion aujourd?hui à Londres. Sur le dossier palestinien, l?Union européenne (UE) a été chargée par le Quartet, dont elle fait partie avec l?ONU, les États-Unis et la Russie, de mettre au point un mécanisme de financement international qui permettrait de maintenir l?aide aux Palestiniens sans passer par le gouvernement.
A propos de l?Iran, les ministres devaient débattre d?une série de ?mesures incitatives? destinées à convaincre le gouvernement de Téhéran de renoncer à ses activités d?enrichissement d?uranium. Ces mesures consisteraient en des offres de coopération dans plusieurs domaines, à commencer par celui du nucléaire civil, où l?Union pourrait aller jusqu?à proposer à l?Iran d?aider à son approvisionnement, voire à la construction de centrales.
Les Vingt-Cinq entendent rappeler qu?ils jugent inacceptable la perspective d?un programme nucléaire militaire iranien, mais qu?ils souhaitent une solution diplomatique à cette crise. ?Nous leur dirons que nous ne voulons pas leur faire la guerre?, indique un diplomate.
?Le règlement du problème du nucléaire iranien doit être trouvé par une solution négociée dans le cadre du système multilatéral, déclare le ministre français des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, dans Le Journal du dimanche récemment. Il faut explorer toutes les possibilités diplomatiques pour éviter une déstabilisation du Moyen-Orient.? Il s?agit, souligne-t-on à Bruxelles, de parvenir à ?un dosage raisonnable de carotte et de bâton?. En Palestine, l?UE va s?entendre sur la mise en place d?un mécanisme temporaire qui permettra l?acheminement des fonds à leurs bénéficiaires et garantira que l?argent ne sera pas détourné au profit du Hamas. Ce mécanisme pourrait impliquer la Banque mondiale. ?Il nous paraît important que l?aide internationale puisse être versée à un fonds fiduciaire, soit par l?intermédiaire de la Banque mondiale, soit par un autre système, mais qu?ensuite ce fonds soit à la disposition de l?Autorité palestinienne et de son président?, explique Philippe Douste-Blazy.
Mécanisme inovant et souple
Selon Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux relations extérieures, le président de l?Autorité palestinienne serait l?interlocuteur des Européens et servirait de ?point de contact?, mais les fonds ne transiteraient pas par ses services, l?UE se refusant à créer des structures parallèles.
Des salaires pourraient être versés, notamment dans le domaine de la santé et de l?enseignement. Le mécanisme mis en place devra être ?innovant et souple?, indique-t-on à Bruxelles, mais il devra également être ?rigoureux? pour permettre le contrôle de l?utilisation des fonds.
© Le Monde 2006. Distribué par The New York Times Syndicate
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