Publicité
L?invitation au voyage de Vaco
L?artiste ramène de ses carnets de voyage, une palette flamboyante des îles du Sud. De l?île Maurice à la Polynésie, en passant par l?Australie et les îles avoisinantes, la Tahiti. Son dodo devient colombe, devient aborigène. Sa femme ou ?la? femme, celle qui ne quitte plus son esprit, se métamorphose au fil des escales. De sublimes escales qui s?éternisent sur les toiles.
?J?ai failli mourir en Nouvelle-Zélande quand j?ai glissé dans les eaux glacées. Ensuite j?ai été à Tahiti, à Moorea, une île qui rappelle Maurice avec ses lagons. Mais j?en voulais beaucoup plus. J?ai connu Bora-Bora, où l?on construit sur pilotis et les Marquises, dont la terre est volcanique?? Vive explication de l?artiste qui nous fait voyager en quelques mots.
C?est en allant chercher sa fille qui étudie en Australie que Vaco Baissac s?en est allé jusqu?aux troublantes et saisissantes mers du Sud. Toutes les étapes ont été des sources d?inspiration. Il y avait partout de la couleur, des sentiments et des populations culturellement riches.
<B>Un créole avant tout</B>
Vaco, c?est un créole avant tout et sa peinture aussi. Ce qu?il dispose sur ses toiles, ce sont ?des tibout d?histoires?. Tout au long de ce voyage qui aura duré six mois, il a découvert la muse de Gauguin. Né dans les îles Marquises et tombé amoureux de la Tahiti et de sa population. Vaco, lui, a rencontré des populations, qui 90 ans de cela, mangeaient encore des hommes.
Des femmes ?qui se foutent des hommes et qui décident elles-mêmes si elles veulent des bébés. Et qu?elles s?échangent volontiers entre elles.? Parcours entre les ruines, les dieux sanguinaires de tiki. Mais à aucun moment, il n?aura perdu son appartenance mauricienne ou adopté la culture des autres. Le créole mauricien a voulu illustrer toutes ces trouvailles.
<B>Des hommes si près de la nature</B>
On lui reproche peut-être d?être commercial, de reproduire trop souvent les mêmes aspects dans ses ?uvres, mais dites-vous bien qu?il n?en a cure. Vaco Baissac séduit toujours par les lumières qu?il laisse filtrer sur la toile.
De l?île Maurice à la Polynésie, ce tableau retrace la traversée de Vaco. De par ce dodo mauve, à l?extrême gauche, qui jette un regard vers la droite. Vers le voyage. Au fur et à mesure, nous amarrons en Australie.
Le dodo devient blanc. Un kangourou s?installe au milieu. Et l?oiseau reprend son envolée dans des teintes aborigènes. Marron parsemé de gouttelettes blanches. Tandis qu?à l?extrême du tableau, se tient une silhouette féminine. Désinvolte. A demi-nue. Puissante illustration de son itinéraire.
Les silhouettes féminines se croisent aussi. Elles sont toujours voluptueuses et sensuelles. Des femmes comme dans Soleil polynésien, à la hanche élargie, les bras derrière la nuque, le sein d?une rondeur extrême. Ou la vahiné, plus prude, plus typique, une fleur au coin de l?oreille, couverte d?une robe fleurie et aux lèvres gourmandes. Femme des îles.
Il a trouvé chez ces hommes des mers du Sud, une simplicité à couper le souffle. ?Les hommes que j?ai vus sont si près de la nature. Or nous avons perdu le contact avec elle. Nous ne savons plus suivre les veines du bois par exemple. Il faut parfois retourner vers elle, aller voir et comprendre.? Et Vaco s?en est allé. Vers cette recherche lumineuse. Vers cette inspiration qui rendrait son travail encore plus transparent, léger et éclatant.
Allez voir La Porte du désir ou La mariée de Iva Oha. Des sculptures en bronze et des vases peints seront aussi exposés. Une ?uvre de Vaco est une ode à la lumière. Un dépaysement qui incite à la rêverie.
L?invitation est lancée à tous, pas seulement aux cols blancs, il tient à le préciser. Dernier coup de gueule. Pour ceux qui jugent son travail trop commercial, Vaco affirme :?Dites-leur qu?ils ne sont pas vendables, eux ! Que se passerait-il si un artiste ne vendait plus ses ?uvres ? Je suis un créole avant tout, je ne suis pas là pour couillonner qui que ce soit !? Le mot est sorti. L?invitation au voyage aussi.
Publicité
Publicité
Les plus récents