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L'intrigante Marie-Lindley
Ceux disposés à parler de Marie Lindley Savriacooty et des épisodes de son existence, réclament l'anonymat. C?est le cas, entre autres, des proches de Michel Bruno Bignoux, son troisième époux.
Surtout après que la quadragénaire ? elle a 42 ans mais dit en avoir 37 ? a porté plainte contre celui-ci et deux de ses cousins pour agression sexuelle il y a six ans dans des circonstances similaires à son « agression » du mardi 27 juin, à Fuel.
« Bruno avait fait sa connaissance dans une fête à Curepipe. Elle avait deux ans de plus que lui et ils ont vécu un certain temps ensemble avant qu?il ne se marie avec elle en 1998 », relate un cousin. À l?époque, nombreux étaient les amis de Bruno qui lui avaient déconseillé cette union.
Mais Bruno n?en avait cure, pensant mieux connaître sa bien-aimée. Elle avait pris le soin de lui cacher des détails de son passé, raconte son cousin, jusqu?à le conseiller de se séparer de sa famille et de ne pas fréquenter ses amis « de peur qu?ils lui donnent des détails sur son vécu ».
« Li fine dir li soizir ante li ek so fami. Lorsque Bruno tardait à la boutique, elle exigeait des détails. Elle voulait savoir qui il a croisé sur la route, qu?est-ce que cette personne lui a dit. Le matin elle pouvait être souriante et l?instant d?après d?une humeur massacrante. Li ti rastenik. Elle disait être sujet à ses crises », confie ce proche.
La goutte d?eau qui fait déborder le vase...
Petit à petit, cette situation a fini par jouer sur les nerfs de Bruno. La goutte d?eau qui a fait déborder le vase demeure un incident en plein centre de Curepipe au cours duquel elle lui a craché au visage. « Depi sa ki Bruno finn degoute li », fait ressortir ce parent de son ancien mari.
Bruno avait menacé à plusieurs reprises de la quitter, surtout pour sa propension à quitter la maison pour l?on ne sait où sans l?avertir. « Mais à chaque fois, elle disait qu?elle allait partir au bureau de la CID et porter une accusation de viol contre lui. C?est ce quis?est finalement passé en 2000 quand elle l?a accusé, lui et ses deux cousins, de l?avoir enlevée à Curepipe et de l?avoir sodomisée ».
Un des deux cousins accusés par Marie Lindley est encore traumatisé par ces événements d?il y a six ans. « J?ai perdu mon travail à cause d?elle. À chaque fois que je me présentais en cour, je perdais ma journée. Ma famille a dû trouver de l?argent pour ma caution. C?était l?enfer. Je vivais dans la peur qu?elle ne fasse d?autres allégations contre moi », peste ce dernier.
« Bruno est un garçon tranquille comme moi. La police doit faire son travail pour prouver s?il y a bel et bien eu agression sexuelle dans l?accusation qu?elle a portée contre Dev Manna. Fasil met tache lor dimoune mai bizin vine prouve », enchaîne cet homme.
C?est durant cette période que Marie Lindley prendra de l?emploi dans un salon de massage à Curepipe et sera arrêtée pour avoir proposé une fellation à un client contre paiement. « Ti ena bane zafer pas normal dans sa place la et mone demane bane la ferme sa », se souvient la propriétaire du bâtiment.
« On est en train de me calomnier. Je n?ai jamais été arrêtée », clamait à hier après-midi Marie Lindley, à l?express-dimanche. Pourtant, son avocat n?était nul autre que Rama Valayden, actuellement ministre de la Justice.
« Line casse partout avant li ale »
Après l?épisode au salon de massage, elle obtient le divorce avec Michel Bruno Bignoux. Elle se serait alors rendue en Angleterre pour y travailler comme garde-malade et aurait fait la connaissance de Stéphano Savria-cooty, jeune steward sur un vol d?Air Mauritius.
Elle semble avoir reproduit le même schéma avec Stéphano, lui défendant de fréquenter sa famille. Ce qui expliquerait pourquoi le jeune homme a retrouvé ses proches après près de quatre ans, en début de semaine. Il a abandonné Marie Lindley, consignant une déposition à la police de Mahébourg à l?effet que sa femme n?est pas dans un état normal.
D'autres aux Casernes centrales, cette fois, se rappellent de son mariage avec un policier nommé Palmer, avant celui avec Michel Bruno Bignoux. « Elle l'accompagnait le matin et venait le chercher l'après-midi presque quotidiennement.
Un matin, il est venu en uniforme et aussitôt après son départ, il s'est changé, a pris la direction de l'aéroport pour s'envoler pour les États-Unis. Lorsqu'elle l'a su, elle est venue faire un tollé au Records Office pour savoir pourquoi on a accordé un congé à son mari, avant qu'elle ne tombe dans les pommes au grand dam des officiers », se souvient un inspecteur.
À New-Grove, le village où elle a vécu durant ces trois dernières années avec Stéphano, ses voisins la décrivent comme « en fam a tou fer ». À commencer par le frère du propriétaire d?une maison que le couple Savriacooty louait avant de s?installer dans leur maison au morcellement Mauripark situé plus loin. Vimul, 27 ans, a encore un arrière-goût dans la bouche lorsqu?il évoque les misères que lui aurait fait subir Marie Lindley. « Vous vous rendez compte ? Elle m?a accusé d?avoir volé ses sous-vêtements. Elle a dit à la police que je lui ai piqué son string ! »
C?était en 2004, explique Vimul, et ces accusations, assorties à celles d?avoir tué ses chiens, ont été faites parce qu?elle n?avait pas apprécié qu?il lui dise de ne pas fermer la grille d?entrée à clé et de ne pas laisser ses chiens salir la cour asphaltée.
Marie Lindley n?en est pas restée là. Elle a contacté un hebdomadaire pour déballer sa version de l?histoire. Cette fois, encore, elle soutient avoir « contacté la police » pour une histoire de cambriolage « mais elle n?est jamais venue ».
Dans ce journal paru le 10 juillet 2004, Marie Lindley dit se sentir « menacée » et évoque sa « dépression ». Face à ces accusations, Vimul et ses proches ne lui ont ainsi rien réclamé lorsqu?elle a quitté la maison en laissant derrière elle deux portes en bois défoncées à coup de pied et des carreaux brisés.
« Line casse partout avant li ale. Mai nune laiss tomber parski nou panvi gagne problem ar dimoun kumsa. Kapav vine folle are li... Mo tifi l?Italie la ine dir mwa Ma, ou pou ress la tou sel ici, be ress trankil », confie la mère de Vimul, résignée.
De la rue Parasol, le couple Savriacooty a déménagé au morcellement Mauripark et là-bas aussi, les voisins ont leur mot à dire sur Marie Lindley. Les jeunes dans la localité se souviennent d?elle pour ses soirées dansantes.
« Bel tam tam tou le samedi. Ena bann zeness sorti Mahebourg tou sa ki vinn kot li. Lendemain matin kan nou al zoue boul faude guet tou sa bann dimoun sou pe assize lor bord sime la », confie un voisin de 23 ans.
« Monn deza ale, monn paye Rs 100 pou rentre. En dan madam la vann bwar manze », acquiesce son ami du même âge. Il évoque la quantité de cannettes de bières vides découvertes chez elle après l?accusation qu?elle a portée contre les Manna pour soutenir ses propos.
« En deux occasions, elle m?a averti qu?elle organisait un anniversaire. J?ai d?ailleurs entendu les gens chanter happy birthday », ajoute, pour sa part, sa voisine la plus proche.
« Elle voulait se donner une image »
« En fait, elle organisait des boums. Si un pote doit fêter son anniversaire, on lui verse une somme et elle te prête sa maison. Elle faisait ça avec l?aide de ses fils et elle se faisait aussi des bénéfices sur la vente de bières et de la bouffe », révèle un jeune ayant participé à l?attaque contre la maison des Manna.
« Le 28 janvier ti ena fete New-Grove. Line soul nu tou. Apres li finn servi nou. Lendemain, line dire bane Manna ine craz so lakaz, nou finn sagrin li, nou finn desane. Mai kan nou finn debarque pas ti ena degat kot li ditou. So bann garson ti vinn pran nou Ville Noire dan enn van, zot inn al la bas. Enn so garson, Warren, pann donn letan, avec enn lamans pioche li fine kumans batte tou dimoun. C?est apres ki bann voisin en colere ine vine craz kot li mo pense », poursuit ce garçon qui a déjà été entendu par la CID de Rose-Belle.
« So missie ki finn montre nou lakaz bann Manna. Fam la ki donn lord, mari la timid li. Fam la konn servi dimun. Li ti dir mwa dir la polis kom kwa Manna inn fer mwa proposityon pou dir ki en fait so deux garson mem kinn craz so lakaz. Li finn promet pou paye mo caution et pu donne mwa enn avocat », ajoute son copain qui s?est aussi rétracté avant de passer aux aveux il y a deux semaines.
Dans ce morcellement, certains voisins se posent des questions sur le saccage de sa maison. « Vous savez, j?ai des doutes sur ses accusations contre les Manna. Elle dit qu?une horde est venue endommager sa maison mais dites-moi comment moi, son voisin le plus proche, je n?ai rien entendu ce 29 janvier ? », se demande une voisine.
Marie Lindley avait une « ambition » pour ce morcellement. Elle voulait demander au promoteur de clôturer le lotissement, pour qu?il soit privé comme ceux plus cossus de Rivière-Noire. « Elle ne cessait de se plaindre des gens qui faisaient leur jogging, de ceux qui promenaient leurs enfants ou leurs chiens », s?exclame cette voisine.
Elle disait aux adolescents qui venaient jouer au foot sur l?asphalte que la route était privée. Voilà, en fait, comment elle et son mari ont eu une altercation avec les Manna qui passaient devant chez elle en janvier.
Une voisine ayant vécu longtemps à l?étranger sourit en décrivant la personnalité de Marie Lindley. « Elle a dû passer un ou deux ans en Europe mais avec la chaleur qu?il fait à New-Grove, elle portait toujours un blouson et disait ne pas pouvoir supporter le soleil. Toujours bien maquillée, elle ne s?adressait jamais aux gens en créole. Ces derniers pensaient qu?elle était une Française? »
C?est à peu près le portrait que dressent les proches des Bignoux en parlant de Marie Lindley. « Elle était toujours maquillée, dépensait beaucoup pour ses vêtements et ne quittait jamais ses Ray Ban, même à la maison. C?est comme si elle voulait se donner une image », lâche un proche de son ancien mari.
Depuis que les journaux s?intéressent à elle, Marie Lindley se mure dans le silence, attendant sans doute le retour de Stéphano de Malaisie, prévu hier, pour donner sa version de sa vie?
Des doutes sur l?agression du 29 janvier
«Est-ce que je me serais droguée et violée moi-même ? » Oui, semble être la réponse des enquêteurs à la question posée par Marie Lindley Savriacooty sur sa présumée agression dans un champ de cannes à Fuel, le mardi 27 juin.
Douze jours sont passés et les éléments s?accumulent contre le récit fait par la quadragénaire sur ses présumés rapt et agression. La police a, cette fois, de sérieux doutes quant à l?agression sexuelle qu?elle a rapportée contre Dev Manna et deux de ses proches le 29 janvier à Rose-Belle. Surtout que les Manna ont fourni un enregistrement audio dans lequel Marie Lindley menace Dev de l?accuser de viol.
Dans les milieux des Casernes centrales, l?on indique que si la police de Rose-Belle s?était hâtée de la faire examiner le 29 janvier, et non pas 24 heures après, le service médico-légal aurait été en mesure d?évaluer la « fraîcheur » de ses blessures au vagin.
Autre zone d?ombre : Marie Lindley a déclaré qu?elle était enceinte et qu?elle a perdu son enfant dans les toilettes du poste de police de Rose-Belle lorsque son mari, Stéphano, était entendu pour possession de cocktail Molotov. Mais nul n?est en mesure de le certifier.
Elle a bien été invitée à se soumettre à un examen gynécologique depuis, mais elle a toujours fait de sorte de l?esquiver. Les Casernes centrales se demandent donc si Marie Lindley n?a pas mené tout le monde en bateau? Les médias y compris.
D?ores et déjà le Dr Satish Boolell, chef du service médico-légal de la police, a fait comprendre aux limiers du Central CID que les blessures relevées sur la présumée victime après son « agression » du mardi 27 juin, semblent être de l?auto-mutilation. Alors qu?elle déclare avoir été agressée à coups de cutter, ses plaies ressemblent davantage à des griffures. La tige de canne que ses agresseurs auraient, selon ses dires, enfoncée dans ses parties intimes, est en fait des fétus de paille? Pire, les tests du Forensic Science Laboratory (FSL) n?ont révélé aucune trace de médicaments dans son sang alors qu?elle dit avoir été chloroformée et forcée à avaler une quinzaine de pilules pour se tuer. Rien non plus n?a été trouvé sous ses ongles.
Pour enfoncer le clou, deux témoins sont venus démolir son récit, l?ayant vu en bonne santé et en train de marcher en bordure du champ de cannes de Fuel à l?heure où elle déclare être groggy et nue dans un sentier.
Le récit de son enlèvement à Rose-Hill ne tient pas la route non plus et frise le ridicule. Comment un enlèvement aurait-il pu avoir lieu vers les 16 heures, une heure de grande affluence et, de surcroît, un jour de paie où des policiers en civil sont en patrouille ?
Il y a d?ailleurs des incohérences entre sa version et celle de son mari sur l?endroit où ce dernier s?était garé, lors de la reconstitution des faits mercredi.
Déjà, les enquêteurs se demandent ce qu?elle était partie faire à Rose-Hill alors que ses deux fils étaient entendus par la CID de Rose-Belle pour l?attaque contre la maison des Manna.
Au vu de tous ces éléments et du fait que la nature de ses blessures équivaut à un « strong suspicion of self mutilation », le Dr Satish Boolell a recommandé qu?elle soit examinée par un panel de psychiatres pour déterminer si elle n?est pas une « manipulatrice ».
Les enquêteurs du Central CID, l?ont invitée à se rendre au FSL, hier, pour identifier ses vêtements ? sur lesquels rien n?a été décelé outre son sang. Ils lui ont aussi souligné qu?elle devra se soumettre à l?examen psychiatrique dans la semaine qui suit, en présence d?un expert de son choix, si elle le souhaite.
Dev Manna : « Je sors grandi »
« Je sors grandi de cette arrestation. J?ai passé quatre jours au cachot mai sa fine fer mwa du bien? Sa fine rafermi l?amour entre mwa ek mo madam et mone trouve ki mo compte pou mo bane fami. » Seewosagar Manna, aussi appelé Dev, Network Administrator de l?usine Tropic Knits, est remonté contre la police surtout qu?il a fourni un alibi pour l?après-midi du mardi 27 juin au cours duquel Marie Lindley Savria-cooty allègue avoir été agressée. Dans sa déposition à la police, elle ne l?a, à aucun moment impliqué, contrairement à son interview dans un hebdomadaire de dimanche dernier où elle l?accuse mordicus, disant avoir entendu sa voix dans les champs de cannes? « La police a dérangé mon directeur à 22 heures. Celui-ci a affirmé que j?étais au travail, comme confirmé par un collègue et un consultant étranger. Il y a aussi des agents de la sécurité, des employés de l?usine où je travaille et la réceptionniste qui m?ont aperçu. Pourquoi m?a-t-on arrêté ? » s?interroge le jeune homme. Il dément avoir agressé la quadragénaire le 29 janvier, expliquant qu?il trouve étonnant qu?elle n?a rien dit à la police au moment où Marie Lindley, son mari et lui-même ont été embarqués dans une fourgonnette du poste de Rose-Belle.
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