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L?ingérence politique a eu raison de la DWC
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L?ingérence politique a eu raison de la DWC
Il y a plusieurs façons de considérer la fermeture de la DWC, où il y a eu un sérieux problème de gestion à travers les décennies. Mais on ne peut occulter le fait brutal : l?organisme a été toujours sous la mainmise des politiciens.
Nabée Fortuno et Jayraz Ramsurrun sont en colère et tristes. Embauchés à la DWC depuis 1971, ils sont les témoins de l?histoire mouvementée de l?organisme parapublic. Une histoire dominée par l?ingérence politique depuis le commencement. « Zotte nek avoye zot dimounes. Apres zot critique gestion. Ena zotte propre ministeres doit cash DWC et azordi zot rode jette nou lor pave. Pas facile pou debrouille dans enn contexte economik difficile. »
C?est d?ailleurs dans une conjoncture des plus difficiles, avec un inquiétant taux de chômage, que sir Seewoo-sagur Ramgoolam décide de mettre sur pied un organisme pour donner de l?emploi à des milliers de pères de famille. Mais déjà au tout début cette décision de caser des chômeurs dans un organisme parapublic provoque des remous au sein du premier cabinet du gouvernement post-indépendance.
« Sir Anerood Jugnauth, alors ministre du Travail, avait claqué la porte pour protester contre l?ingérence politique au sein de la DWC. Il était contre le principe d?un tel organisme car, pensait-il, un tel effectif serait inefficient », se remémore Nabée Fortuno, qui a intégré la DWC comme « cabinet maker » à l?âge de 32 ans.
Un tollé dans la rue
À cette époque, rien qu?en quelques mois des milliers de personnes, recommandées par des ministres et autres politiciens, se présentent aux portes de la DWC. Pratiquement tout le monde a été recruté pour servir comme laboureurs. « Il n?y avait aucune formation et les laboureurs étaient des hommes à tout faire. Au départ, ils devaient être présents trois fois par semaine et dans un deuxième temps, quatre fois par semaine. D?où cette expression de l?époque : quatre jours à Paris », raconte Nabée Fortuno, aujourd?hui « foreman » et président de l?Union Workers à la DWC.
À l?approche des élections de 1976, le gouvernement travailliste a recruté en masse. La DWC comptait alors un personnel de plus de 20 000 employés. Un nombre largement surnuméraire par rapport aux tâches à accomplir. « Quoiqu?en dise Navin Ramgoolam aujourd?hui, je suis persuadé que la DWC a énormément contribué au progrès de ce pays. Ce qu?il omet de dire, c?est que les politiciens ont toujours été les dirigeants de la DWC. Et s?il y a eu un problème de management, la faute leur revient. Et les travailleurs ne peuvent pas payer à cause de leurs ingérences répétées », s?emporte Jayraz Ramsurrun de la DWC Employees Assoiciation, « blessé par les propos de Navin Ramgoolam ».
Plusieurs rapports ont critiqué la gestion et l?endettement de la DWC. En 1995, il y a eu une vague de licenciements et l?année suivante, l?introduction d?un plan de retraite volontaire (VRS). En sus de cela, le rapport Jugdish Rughoobur, ancien haut fonctionnaire, publié en 2001, préconisait un dégraissage du personnel. Mais cet avis a provoqué un tollé dans le monde syndical et aucun parti politique s?est aventuré à prendre des mesures draconiennes pour son redressement.
Dhaneshwar Soobrah, nommé directeur général par le premier gouvernement Navin Ramgoolam et maintenu à son poste jusqu?ici, décalrait en 2001 : « Notre but est de revaloriser la DWC. Nous voulons concurrencer le secteur privé. » Mais l?organisme a continué, malgré tout à sombrer.
Et aujourd?hui, la DWC accumule des dettes de plus de Rs 500 millions. « On ne peut plus se permettre d?injecter de l?argent public dans un organisme qui ne fonctionne pas », a sèchement assené Navin Ramgoolam, avant d?annoncer sa fermeture qui a surpris plus d?un, surtout les 900 employés de la DWC.
Certes une courageuse décision politique, mais qui provoque de nouveau un tollé dans la rue. « Chacha Ramgoolam ine cree DWC, Navin Ramgoolam pe ferme li », martèlent les syndicalistes dans la rue, déterminés à stopper la fermeture annoncée de l?organisme.
L?inquiétude est palpable
Sur le front de mer de Port-Louis, au siège de la DWC, l?inquiétude est palpable. « Nous avons l?habitude de travailler selon un système et ce serait difficile pour nous de nous adapter dans un autre environnement », témoignent plus d?un employé. Or, c?est justement la mobilité de la main-d??uvre, pour faire face à un contexte mondialisé, que préconise le ministre des Finances aujourd?hui. Si le secteur privé accueille avec satisfaction la mesure gouvernementale, en revanche, les partis politiques de l?opposition ne sont pas du même avis. « Pa dakor façon ine ferme DWC. Li ene outil bien helpful dan bane moment difisil », a déclaré Paul Bérenger.
Quant à l?ancien ministre des Finances, Pravind Jugnauth, il pense que « c?est dommage de fermer un organisme qui a aidé le gouvernement dans beaucoup de projets de développement.
Un plan de restructuration pour éponger les dettes et maintenir la survie de la DWC aurait été une meilleure décision. »
Or, il est clair que plusieurs tentatives de redresser la DWC ont échoué. D?où cette ultime décision.
Les chiffres :
■ Nombre d?employés : 900 (138 leading hand, 362 contractuels, 400 sur l?establishment de la DWC).
■ Dettes : plus de Rs 500 millions.
■ Argent non-versé
: Rs 114 millions (Uncertified Claim).
: Rs 15 millions (Certified mais pas encore payé).
: Rs 52 millions de (retention money- argent retenu pour des travaux effectués).
: Rs 325 millions puisés des Fonds de Pension de la Sicom pour le paiement des employés ayant pris leurs VRS (Voluntary Retirement Scheme).
■ Le précédent gouvernement avait accepté le principe de rembourse ment de cette somme et un paiement de Rs 38 millions avait été effectué. Les remboursements allaient être effectués par tranches. Rs 9 millions de Liquidated damages.
■ Les biens de la DWC se montent à Rs 100 millions.
■ La valeur des équipements : Rs 75 millions.
■ Les actions dans une concasseuse située à Pointe-aux-Sables : Rs 30 millions.
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