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L?industrie hors zone franche devra s?ajuster à l?ouverture régionale
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L?industrie hors zone franche devra s?ajuster à l?ouverture régionale
Détrompez-vous. L?air de fête qui règne ces jours-ci au Salon de l?industrie à Pailles cache, à bien des égards, l?inquiétude de nombreux fabricants locaux. L?activité manufacturière hors zone franche vit dans l?angoisse de la fin des barrières tarifaires prévue dans quelques années.
Plusieurs producteurs doivent leur existence même aux taxes douanières imposées sur les substituts importés. Devant la menace de fermetures d?usines et de licenciements, la remise en question des accords de commerce international refait surface.
Pour le gouvernement, il n?en est pas question. Il n?y aura pas de marche arrière sur les engagements pris, tant auprès de l?Organisation mondiale du commerce qu?auprès des instances régionales (Southern African Development Community ? SADC, et le Common Market for Eastern and Southern Africa. Le ministre de l?Industrie et des services financiers, Sushil Khushiram, n?a laissé aucun doute lors de l?inauguration officielle de l?exposition vendredi dernier. ?Les protections qui découlent des tarifs élevés engendrent des conséquences économiques négatives pour l?économie? soutient-il. Ce sont les consommateurs qui subventionnent cette ?protection?, en payant plus cher les produits importés. En plus, dit le ministre, les entreprises qui sont protégées par les barrières tarifaires ou autres n?ont aucune motivation à améliorer leur efficience, à innover et à fabriquer des produits de qualité à des prix compétitifs. Les marchés d?exportation ne les intéressent pas non plus.
Le ministre met en garde contre une certaine illusion autour du poids de l?industrie hors zone franche dans l?économie. Celle-ci représente 11 % du Produit intérieur brut et emploie 55 000 personnes. Mais le secteur dépend de plusieurs piliers artificiels, dont les tarifs élevés, qui empêchent l?accès des consommateurs à des produits importés à meilleur marché.
L?impact du protocole commercial de la SADC
Une récente étude de la structure des tarifs à Maurice chiffre le taux effectif de la protection à 122 %, contre une moyenne de 27 à 45 % pour l?ensemble de la SADC. Il faut diminuer les filets de protection locaux pour stimuler l?intérêt à l?exportation et ainsi favoriser l?intégration économique régionale au sens le plus large.
?Les entreprises auront à dépendre moins de la protection tarifaire. Elles devront s?adapter dans un environnement plus compétitif. (?) Le gouvernement s?engage à les soutenir durant cette transition?, promet-il. La création d?Enterprise Mauritius est un pas dans cette direction, affirme-t-il. Le gouvernement se propose aussi d?harmoniser les régimes incitatifs accordés à la zone franche et à l?industrie manufacturière locale.
Les industriels locaux craignent surtout l?impact du protocole commercial de la SADC. Au moment de son lancement en 2000, 47 % des produits dans la SADC s?échangeaient en franchise de droits de douane. Le régime devrait couvrir environ 85 % des marchandises en 2008, soit au moment où la zone de libre-échange prendra forme, selon la feuille de route commerciale de la SADC. A partir de 2008, même les produits dits sensibles identifiés par Maurice, seront sujets à une libéralisation graduelle.
Pour les fabricants mauriciens, l?ouverture commerciale version SADC équivaut à un déferlement de produits sud-africains à bon marché sur le marché local. Toutefois, dans la mesure où l?Afrique du Sud est déjà un de nos principaux fournisseurs tant en termes de machineries que de produits de consommation courante, l?impact de la poursuite de la libéralisation ne devrait pas faire autant de mal que certains anticipent.
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