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L?industrie du savoir : le nouveau défi

5 août 2003, 20:00

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Le secteur privé et le gouvernement planchent actuellement sur le développement d?une industrie du savoir. L?idée générale est de créer les conditions et l?environnement propice à la création d?une industrie de l?éducation tertiaire privé et de haut niveau.

Un comité mixte gouvernement-secteur-privé travaille activement depuis quelques semaines à la formulation d?une stratégie concrète pour développer la ?knowledge industry?.

Le comité comprend plusieurs ministres du gouvernement, notamment celui de l?Education, Steven Obeegadoo, de la Formation, Sangeet Fowdar, des Technologies de l?Information et des communications, Pradeep Jeeha et celui du Développement économique et des Services financiers, Sushil Khushiram.

Les responsables du Board of Investment (BOI) et de l?Industrial and Vocational Training Board (IVTB) siègent aussi au comité. Le secteur privé y est notamment représenté par le directeur du Joint Economic Council (JEC), Raj Makoond .

Le comité a eu une deuxième session de travail jeudi dernier. Un délai de quelque six à sept semaines lui a été accordé pour soumettre des propositions et recommandations concrètes.

Le secteur privé a déjà une idée définie des ingrédients nécessaires au décollage de l?industrie de la connaissance. Une des conditions de base serait de revoir l?encadrement légal afin de permettre, entre autres, la création d?universités privées. Actuellement, la loi ne permet pas la construction de telles universités. Pourtant, selon nos informations, il y a déjà eu des propositions concrètes pour l?implantation à Maurice d?universités étrangères, dont la Bond University d?Australie.

Par ailleurs, le secteur privé estime qu?il sera également nécessaire de créer un environnement propice pour attirer des investissements dans la ?knowledge industry?. Parmi les mesures incitatives jugées nécessaires, figure la mise à disposition de terres spécifiquement dédiées pour ce projet. Les terres d?Ebène, de par leur proximité avec le campus universitaire de Réduit et avec la cybercité, semblent idéales.

Fonds spécialisés

L?accès à des fonds dédiés sera également nécessaire pour financer les investissements requis. A ce chapitre, ceux qui travaillent sur ce projet estiment qu?il existe des fonds étrangers spécialisés qui peuvent être sollicités.

Outre la révision du cadre légal, une refonte institutionnelle sera nécessaire. Une institution devra piloter l?émergence du secteur de l?éducation supérieure privée. Cela pourrait être la Tertiary Education Commission (TEC) mais sa mission devra alors être revue.

L?institution qui chapeautera l?éducation tertiaire privée devra être davantage capable de favoriser son développement plutôt que de réguler uniquement ce secteur. Elle devrait être à même de bien comprendre l?importance de l?industrie du savoir dans le contexte de la transition économique du pays.

Pour certains observateurs, il faudrait aussi clarifier la situation au niveau des institutions de supervision de l?éducation supérieure et de la formation. Entre la TEC, la Mauritius Qualification Authority (MQA) et le Human Ressources Development Council (HRDC), il faudrait savoir qui fait quoi.

L?émergence d?une industrie du savoir passe, il va sans dire, par l?expertise et les compétences. A ce chapitre, il faudrait aussi faciliter la venue à Maurice des sommités internationales dans le domaine de la connaissance.

Outre les universités privées, la ?knowledge industry? devrait également comprendre des écoles spécialisées en gestion ou en informatique. Une des composantes pourrait aussi être la tenue à Maurice de conférences, séminaires et de cours de formation de haut niveau qui nécessitent donc le déplacement des experts étrangers.

Main-d?oeuvre non qualifiée

L?émergence d?une ?knowledge industry? est cruciale dans la transition économique du pays. Le problème structurel du chômage est largement attribuable au fait que la main-d??uvre est majoritairement ? soit à 97% ? non formée. Dans l?agriculture et la construction, la main-d??uvre sans formation représente plus de 95 % du total. Dans la zone franche, les salariés sans formation représentent 85 % de la main-d??uvre. Ce n?est que dans les services financiers que le pourcentage de personnel qualifié s?élève à près de 80 %.

La nouvelle stratégie de développement repose sur de nouveaux piliers tels que les technologies de l?information et de la communication et les services financiers, entre autres. Ces secteurs requièrent tous une main-d??uvre qualifiée. Pour la produire, le secteur privé doit être mis à contribution. Les conditions doivent être réunies pour l?inciter à investir dans l?industrie du savoir.

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