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L?industrie culturelle, nouveau pilier économique
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L?industrie culturelle, nouveau pilier économique
Après le seafood hub et les technologies de l?information et de la communication (Tic), c?est la culture qui pourrait faire son entrée dans le club des nouveaux piliers de l?économie mauricienne. Le ministère des Arts et de la Culture a, en effet, lancé une étude sur toute la question.
C?est le Centre for Applied Social Research (CASR) de l?université de Maurice qui s?en charge. Le projet est financé par l?Unesco, le ministère des Arts et de la Culture et le Mauritius Research Council.
Tout part du Plan d?action de Nairobi, ratifié par les pays africains, sous l?impulsion de l?Unesco.
Et d?un constat : la culture, ça peut rapporter gros. Les industries cinématographiques, musicales sont probablement parmi les premières au monde. Le plan d?action veut permettre aux pays africains de tirer profit d?une culture et de traditions artistiques millénaires.
Une palette de métiers
À Maurice, l?industrie culturelle n?existe pas même si les activités artistiques, notamment musicales, sont de plus en plus nombreuses et dynamiques. En 2006, les grands concerts ont mobilisé des foules importantes et malgré quelques annulations retentissantes, la musique et le spectacle en général ont fait recette. L?année s?est terminée en fanfare avec le Festival international kreol où pas loin de 75 000 personnes sont venues danser jusqu?au bout de la nuit. Le concert était gratuit.
Aurait-il eu autant de succès s?il avait été payant ? La question n?est probablement pas pertinente, puisque l?adhésion des foules n?a jamais été un problème dans les grands concerts en 2006. Steel Pulse, Lara Fabian, Francis Cabrel ou Himesh Reshammya ont tous joué pratiquement à guichets fermés. Le plus intéressant, c?est le fait que des groupes locaux décrochent également le jackpot Otentik Street Brothers et son équipe, King, ont attiré eux aussi la grande foule.
Une telle adhésion populaire rapporte ses fruits, au prix où sont aujourd?hui les billets et même si l?organisation d?un concert implique aussi de gros budgets. La salle, le son et la lumière, le cachet des artistes : les budgets tournent autour de Rs 1,5 million. Et les places, notamment pour les stars de Bollywood, n?ont plus de prix.
Une première ébauche d?industrie musicale est donc en train de se mettre en place. Ce ne sont pas seulement les artistes, c?est à dire ceux qui sont sur les devants de la scène, qui sont concernés, mais aussi tous ceux qui sont dans les coulisses. Ingénieurs du son, éclairagistes, accessoiristes, etc, les métiers de la scène sont nombreux.
Et ils n?arrêtent pas aux scènes des concerts et spectacles mais se retrouvent également sur les plateaux de tournage de films où évoluent également toute une palette de métiers. Certains existent, d?autres sont à créer, mais le potentiel est là, avec la venue régulière de productions cinématographiques de Bollywood. ?Il faudrait leur imposer un quota d?embauche de Mauriciens?, propose déjà un observateur de la scène artistique. Et pourquoi pas même une industrie cinématographique locale vu l?affluence de jeunes réalisateurs locaux? Mais on n?en est pas encore là.établir des structures
Car à ce jour, Maurice n?a toujours pas de politique pour la création d?une industrie culturelle. Pour que les talents s?expriment, il faut que les artistes gagnent leur vie. Il n?y a pas d?incitation aux artistes, aux créateurs. Les budgets que l?état consacre à la culture sont faibles.
L?émergence d?une véritable industrie culturelle implique la création d?emplois. Et d?entreprises. ?Il est important que cela créé des emplois?, insiste Nigel Richards, le responsable du CASR. En Jamaïque, par exemple, le reggae est au centre d?importantes activités commerciales.
Maurice est signataire de la déclaration de Nairobi, sur la mise en place d?une industrie culturelle. Et elle a donc décidé de se mettre au travail. Cinéma, musique, arts plastiques et graphiques, littérature, voire artisanat et même cuisine, tous ces domaines culturels existent à Maurice et ont chacun un potentiel de développement intéressant.
Reste qu?ils évoluent dans une absence totale de structures. ?Nous voulons justement établir des structures. Avec cette étude, nous allons savoir quel type de structure mettre en place?, insiste-t-on au ministère des Arts et de la Culture. Mahen Gowressoo, le ministre de tutelle a le projet à c?ur. Pour lui, l?émergence d?une véritable industrie culturelle va de pair avec le développement du tourisme.
Le rapport du CASR sera prêt dans environ six mois. ?Il est encore trop tôt pour évaluer l?état des différents secteurs culturels de Maurice?, insiste encore Nigel Richards. Mais les premiers constats indiquent déjà un véritable foisonnement.
PROTECTION
Séminaire sur la propriété intellectuelle
■ La question de protection des ?uvres intellectuelles est au centre de l?émergence d?une industrie culturelle. Pour qu?une ?uvre rapporte, il faut qu?elle soit protégée. Or, à Maurice, les pirates sévissent toujours. Le CASR organise un séminaire en collaboration avec l?Organisation mondiale pour la propriété intellectuelle (OMPI) qui aura lieu du 5 au 9 février, à Réduit. La Mauritius Society of Authors (MASA) sera partie prenante. Des artistes seront également sollicités pour donner leur témoignage sur la question de piratage.
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