Publicité

Lindsay Moutien “Etre humoriste, c’est un état d’esprit”

4 décembre 2004, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Vous venez de lancer votre VCD Best of Meyer Sketches, tout comme Trioco et Sam Amigan. On dit que c’est une idée que vous aviez eue depuis longtemps. Est-ce vrai ?

Oui, j’avais l’intention de le faire. Je voulais me lancer, mais je ne savais pas.

Vous ne saviez pas quoi ?

Comme tous les artistes, l’envie vient très vite, l’envie est très forte et puis on manque de volonté, on oublie.

Comment s’est passée la réalisation ?

Depuis 1996 je suis dans ce domaine, j’aurais 56 ans, il était temps finalement de me presser un peu. J’ai contacté l’équipe avec laquelle j’ai fait le court métrage Cardiac, à savoir Ramesh Duljeet et Raj Ragoonuth. Mario Venkatasamy, conseiller à la municipalité de Rose-Hill nous a aidés pour disposer du Théâtre du Plaza. On a pris trois jours pour tout mettre en boîte. Et ce n’était que le début.

Comment avez-vous sélectionné les sketches pour ce VCD ?

J’en ai tellement. Il fallait les choisir pour qu’ils soient accessibles dans toutes les maisons, qu’ils soient vus par toutes les composantes de la société. La sélection n’est pas forcément la meilleure mais on ne peut pas tout raconter devant tout le monde.

Votre actualité, c’est aussi votre participation à Humour 2004. Quelle est l’importance de cet événement pour vous ?

J’ai joué pour la première fois dans le spectacle Humour. C’est l’agence Immedia et Rama Poonoosamy qui m’ont lancé et sans eux je serais encore en train de raconter des histoires aux Casernes Centrales avec mes ex-collègues, en leur préparant des gadjacks.

Je suis là depuis le début. 100% Humour et jusqu’aujourd’hui, Humour 2004. Une dizaine de spectacles, sans compter les spectacles avec ma propre troupe.

Pourquoi être devenu humoriste ?

Pour me distraire, pour distraire les gens. Etre humoriste, c’est un état d’esprit. N’importe qui ne peut pas être un humoriste parce que c’est une façon de voir. Je suis convaincu que pour être un humoriste il faut être un bon acteur. Mais un bon acteur ne fait pas forcément un humoriste. C’est une passion. J’ai de grands enfants. Je suis même grand-père. Mon fils Linley, est tout le temps sérieux et ça l’énerve que je sois comme ça. Il est mon opposé. Moi, je n’arrive pas à «mett sérié». C’est grave! Mais je suis conscient d’une chose, c’est que tout est éphémère, alors mieux vaut ne pas se tracasser.

Comment créez-vous vos sketches ?

L’inspiration me vient et ensuite j’écris comme une machine. Je vois une scène qui me fait rire, une expression ou une parole ou une attitude, qui me font rire et mon cerveau les enregistre. Je travaille l’idée dans ma tête. Le matin, je me réveille à quatre heures pour écrire sur mon ordinateur. Je fais ce que l’on appelle le skeleton. A partir de cette base, le travail devient phénoménal. On commence à travailler et parfois ça vient trop vite, ça déborde.

Après on monte le sketch, c’est un plaisir de voir comment cela prend forme. On avait juste une vision que l’on a éparpillée en mille morceaux et au montage on retrouve l’image première. Mais un sketch n’est jamais vraiment terminé. On l’améliore toujours et encore.

Vous ne vous tracassez pas pour votre VCD ?

Franchement, quelque part, je m’en fous. L’important, c’est d’essayer et de se mettre à la portée du grand public.

Le seul gros problème reste le piratage. Cela me dégoûte, vu tout le mal que l’on se donne. Je vends mon VCd à Rs 150. C’est n’est pas beaucoup demander.

Quel rôle ont joué les spectacles Humour, pour les humoristes mauriciens ?

Immedia nous a mis en orbite. Nous a donné l’occasion de démarrer, l’occasion de nous battre et de nous améliorer pour être au niveau.

Pourquoi ? N’êtes-vous pas au niveau lorsque vous faites rire une salle entière ?

Moi, mon idole, c’est Raymond Devos. J’aime bien aussi Muriel Robin. Ce n’est pas le même niveau, il faudra travailler pour atteindre le niveau de ces grands humoristes.

Que va-t-il falloir travailler ?

La manière de dire les choses, la façon de parler, le texte. Il faut écouter l’actualité, avoir une connaissance profonde de chaque audience, une maîtrise de soi-même, pouvoir jouer dans toutes les circonstances.

Il y a plusieurs audiences, c’est vrai. Est-ce que le public qui applaudit Michel Leeb, applaudit aussi les humoristes mauriciens ?

Un proverbe dit que nul n’est prophète en son pays. Et je crois qu’il n’y a pas d’humoriste à Maurice qui soit du niveau de Michel Leeb. Toutefois, j’ai vu son spectacle et j’ai trouvé dans le public pas mal de spectateurs que j’ai aussi rencontrés pour les spectacles d’humour. Mais il est vrai que les gens ont certains préjugés et c’est aussi pour cela qu’il faut travailler. Chaque style a un public. Sam est le plus grand imitateur que les Mauriciens aient eu. Moi, je serais plutôt du style conteur, je joue dans l’imaginaire. Avec le travail que l’on fait, déjà, à l’école Philarcomique, dans dix ans, on aura des humoristes du niveau de Muriel Robin ou de Devos. Il y a des jeunes qui montent, Diksha Mohabeer, Trista L’Amour et Elizabeth Mootien, Stéphane Reynold … qui demain seront sur les planches.

Publicité