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L?Inde a de beaux jours devant elle

3 février 2004, 20:00

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?India is an idea whose time has come?, affirmait Yashwant Sinha, ministre des Affaires étrangères et ancien ministre des Finances de l?Inde.

7.5 % de taux de croissance pour l?année financière se terminant fin mars 2004, des prévisions de 9 % pour l?année à venir. L?optimisme en Inde et à l?étranger, chez les NRI (Non-resident Indians) et chez les investisseurs institutionnels, est évident. Cet optimisme a même gagné les régions rurales en Inde, suite à une très bonne mousson 2003. Cette fois-ci, tout le monde pense que l?Inde va connaître plusieurs années de très forte croissance (entre 7 % et 10 %), au contraire de ce qui s?est produit à la suite de la première vague d?investissements étrangers du milieu des années 90. Une étude récente de Goldman Sachs indique que l?Inde devrait devenir la troisième puissance économique mondiale d?ici 2035, derrière l?Amérique et la Chine.

L?Inde possède beaucoup d?atouts, dont bien sûr une main-d?oeuvre abondante (plus d?un milliard d?habitants) et souvent bien éduquée, ainsi que l?avantage par rapport à la Chine d?être une démocratie. Mais son atout numéro un réside dans la maîtrise de l?informatique, qui en fait non pas une très grande puissance industrielle mais une très grande société de Services, notamment à travers le fameux Business Process Outsourcing (BPO). Or, les services sont traditionnellement mieux rémunérés que l?industrie, notamment textile. Les services requièrent également moins d?investissements.

Pas étonnant et pas inquiétant donc qu?en 2003, les investissements étrangers vers l?Inde n?ont été que de $4 milliards, soit un douzième du chiffre de la Chine et les exportations industrielles n?ont été que de $46 milliards, contre $326 milliards pour la Chine. Par contre, l?écart de valeur ajoutée produite sur place est plus faible. La grande partie de la population de l?Inde voit donc son pouvoir d?achat progresser, ce qui explique le ?feel good factor? indiqué plus haut.

Quelques handicaps structurels demeurent, tels que des droits de douane importants sur les importations, des quotas protégeant certaines industries et un déficit public de 10 % du produit intérieur brut, lié à une absence de réformes fiscales. Egalement, les taux d?intérêt élevés ne favorisent pas l?investissement, la Banque centrale préférant favoriser l?épargne et ses réserves en devises étrangères, qui atteignent près de $100 milliards.

En contrepartie, l?Inde jouit d?une stabilité économique rare en Asie. Elle a été moins affectée que les autres pays par la crise de 1996-1997. Avec une moyenne de 6 % de croissance depuis 1992, l?Inde se situe largement au-dessus de la moyenne mondiale. Avec des perspectives de 8 % en moyenne jusqu?en 2010, la classe moyenne de la population, grande bénéficiaire de la croissance, a de très beaux jours devant elle.

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