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L?Inde accorde une ligne de crédit de Rs 3 milliards au pays
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L?Inde accorde une ligne de crédit de Rs 3 milliards au pays
Les retombées de la visite officielle de Navin Ramgoolam en Inde ne se sont pas fait attendre. Hier après-midi, le Premier ministre indien, Manmohan Singh, a annoncé l?ouverture d?une ligne de crédit de 100 millions de dollars.
C?est au cours de la réunion élargie entre les deux gouvernements que le Premier ministre indien a fait état de ce crédit de Rs 3,05 milliards, dont Rs 750 millions sous forme de don. Le montant global servira à financer des projets ayant trait à la production énergétique et au trafic maritime.
D?ailleurs, l?un des sept accords paraphés entre les gouvernements, porte sur l?assistance indienne dans la réalisation d?une étude hydrographique de ses ports, îles et zone économique exclusive (ZEE). Ce protocole d?accord permettra à Maurice de revoir ses cartes de topographie maritime, d?assurer une navigation sans danger de même qu?une meilleure gestion de sa ZEE.
Avant cette réunion où la partie mauricienne était représentée par les ministres des Finances, Rama Sithanen, et des Affaires étrangères, Madan Dulloo, les deux chefs du gouvernement se sont entretenus en tête-à-tête, toujours au Hyderabad House.
Résumant sa journée chargée d?hier, Navin Ramgoolam, l?a qualifiée de ?defining moment? dans les relations entre l?Inde et Maurice. Et ces liens historiques, culturels et économiques ont formé l?ossature du discours du Premier ministre au banquet offert en son honneur par Manmohan Singh.
?Les relations, telles qu?elles ont évolué au fil des décennies, nous ont été utiles. Je propose que cette évolution future soit placée dans la perspective de notre stratégie de développement à long terme. (?) C?est opportun de parler d?un nouveau partenariat stratégique?, a fait ressortir le Premier ministre mauricien.
Il a ajouté qu?il y va de ?l?intérêt des deux pays. Notre intérêt national l?exige. La raison le dicte. Nos peuples l?attendent de nous. Nous devons abandonner l?approche au cas par cas à celle plus holistique?. Sur la technologie informatique, Navin Ramgoolam a réaffirmé que l?idée de transformer le pays en cyberîle est sienne. Il a remercié au passage son homologue d?avoir remis les pendules à l?heure lors de sa récente visite.
?A aucun moment, il n?a été de notre intention de créer ces infrastructures uniquement pour les centres d?appels. Le projet reste à prendre la forme que nous avions envisagée. Il n?a toujours pas décollé pour se transformer en un pôle de croissance, tout en propageant la culture informatique. Pour realiser cet objectif, nous estimons que l?Inde est la seule bien placée pour nous aider.? Le Premier ministre a ainsi invité la Grande péninsule à s?associer au pays dans un programme accéléré de formation dans ce secteur en manque des compétences. Pour Navin Ramgoolam, le respect du savoir et de la culture, modéré par la spiritualité, explique la grandeur éternelle de la civilisation indienne.
?Again, we come to you?
Et le pays l?a entretenue avec constance et assiduité, qui lui a assuré la stabilité à travers les dures périodes. ?We face once again a journey that threatens to be stormy. And again, we come to you?, a-t-il affirmé.
Le Premier Ministre Manmohan Singh a mis en exergue les convergences d?intérêts et de valeurs entre les deux pays. Navin Ramgoolam a précisé, à son tour, que c?est cette même convergence qui motive Maurice à appuyer la candidature indienne pour un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.
Lors de son allocution, le Premier ministre indien a également évoqué le rôle de Sir Seewoosagur Ramgoolam dans l?édification d?un état démocratique à Maurice. Et Navin Ramgoolam n?a pas manqué de préciser, plus tard, que ?SSR, tout au long de sa vie, a trouvé l?inspiration, la direction et la force dans la quête de l?Inde pour l?indépendance politique de même que l?émancipation de son peuple?.
Hier, au démarrage officiel de sa visite en Inde, la délégation a procédé à un dépôt de gerbes sur le mausolée du Mahatma Gandhi, suivie d?une visite de courtoisie au président indien, Abdul Kalam et d?un déjeuner d?affaires avec les industriels indiens. (voir texte plus loin). ?It?s feeling like coming home?, a lâché le Premier ministre mauricien à la télévision indienne, à son arrivée au Rashtrapati Bhavan.
Avant l?importante réunion élargie, Navin Ramgoolam, Rama Sithanen et Madan Dulloo se sont entretenus avec le ministre indien du Commerce et de l?Industrie, Kamal Nath. Ils ont discuté du Seafood Hub, de la technologies de l?information et de la communication, de l?énergie et du tourisme.
Peu après, Navin Ramgoolam a rencontré Sonia Gandhi, chef de file de la majorité au pouvoir pendant environ une demi-heure. Les discussions ont porté notamment sur les relations bilatérales.
Les entrepreneurs indiens invités à investir
Les entrepreneurs indiens ont le bon profil aux yeux du gouvernement. La démocratisation de l?économie trouve ainsi une résonance particulière dans la mission du Premier ministre en Inde. Navin Ramgoolam exhorte ces entrepreneurs à participer au processus d?ouverture de l?économie du pays.
?Les opportunités existent dans les secteurs traditionnels et les industries émergentes. Il y a aussi des domaines que nous n?avons pas envisagés mais que, vous, en tant qu?entrepreneurs pourrez identifier?, affirme le Premier ministre au déjeuner de travail organisé par la Federation of Indian Chamber of Commerce and Industry et l?Associated Chambers of Commerce and Industry of India. Et les technologies de l?information et des communications, la transformation industrielle des produits de la mer, les sous-produits de la canne, les services médicaux, la pharmaceutique, les loisirs et le ?knowledge hub? sont les activités dans lesquelles Maurice peut compter sur l?expertise indienne. Les investisseurs indiens sont aussi invités à considérer des opportunités dans l?immobilier et le développement foncier.
Développer d?autres pôles de croissance
Maurice a un grand besoin d?investissements directs extérieurs pour entamer une nouvelle phase de transformation de son économie. Elle cherche à développer d?autres pôles de croissance et entend encourager la participation de nouveaux acteurs dans la création de la richesse. Les entrepreneurs indiens sont invités à jouer ce rôle.
Une forte délégation du secteur privé accompagne le Premier ministre. Objectif : promouvoir Maurice en tant que destination sûre, crédible et profitable pour les investissements indiens, notamment pour exploiter (seuls ou en partenariat avec des sociétés mauriciennes) des opportunités en Afrique. Toutefois, l?investissement indien à Maurice n?a pas connu l?essor voulu malgré les efforts de promotion précédents.
Le Board of Investment (BOI) a conçu une nouvelle méthode pour cibler les opérateurs indiens. Il a même lancé un site Web dédié aux possibilités d?affaires entre industriels indiens et mauriciens : www.indiamauritius.com.
Le Premier ministre a aussi expliqué la politique aérienne de l?île, et a affirmé que les compagnies aériennes privées de la Grande péninsule pourront bientôt la desservir. ?Nous allons autoriser d?autres lignes aériennes à desservir Maurice lors de leurs trajets Inde ? Johannesburg. (?) Nous allons accorder l?autorisation à n?importe quelle ligne aérienne qui a les moyens et la réputation?, a précisé Navin Ramgoolam, rapporte le Press Trust of India. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, s?est lui aussi adressé aux hommes d?affaires indiens. Le grand argentier a exposé les avantages dont bénéficient les hommes d?affaires indiens s?ils investissent à Maurice.
Les gouvernements des deux pays travaillent actuellement sur l?élaboration d?un nouvel accord d?échanges économiques, le Comprehensive Economic Partnership and Cooperation Agreement (CECPA) qui comprend quatre grands axes : le commerce des marchandises, le commerce des services, l?investissement et la coopération économique. Le CECPA prévoit la création, dans un premier temps, d?une zone d?échanges préférentiels (ZEP) dont l?accord de principe a été paraphé hier à New Delhi.
COOPERATION
Le ?seafood hub?, principal menu à Cochin
■ Objectif : prospecter les possibilités de coopération entre l?Inde et Maurice concernant le ?seafood hub?. C?est dans cette perspective que la délégation premier ministérielle se rendra au Kerala, Etat du sud-ouest de l?Inde, jeudi. Elle visitera Cochin, une ville portuaire qui abrite une très grande industrie de transformation de produits de la mer. Le Premier ministre et sa délégation (qui comprend plusieurs industriels) auront des sessions de travail avec les opérateurs de la place et avec des responsables de la Seafood Exporters Association of India (SEAI) et de la Marine Products Export Development Authority. Les exploitants des produits de la mer du Kerala montrent un certain intérêt à la tournée mauricienne. Ils estiment que l?île peut alimenter leurs usines de transformation en produits de la mer à l?état brut. Les entreprises en question disposent d?une capacité de production sous-utilisée, selon la SEAI. ?La capacité d?utilisation de nos entreprises n?est utilisée qu?à 25 %. Nous souhaitons que les discussions puissent aider à importer les matières premières de Maurice pour être transformées dans nos usines?, explique Sandu Joseph, président de la SEAI. Les échanges commerciaux entre les deux pays dans le domaine de la pêche sont encore à un niveau très bas. L?Inde a exporté pour l?année fiscale 2004-05, 461 329 tonnes de produits de la mer. Mais la recherche de l?expertise indienne dans l?exploitation des ressources marines ne se limite pas à la tournée de prospection à Cochin. Maurice fait constamment appel à l?aide indienne pour assurer la gestion de sa zone économique exclusive. Dans cette optique, la marine indienne entreprendra une étude hydrographique de notre région en janvier 2006.
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