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L?inattendu budget bon enfant

3 juin 2005, 00:00

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Chat échaudé craint l?eau froide. Le contribuable, échaudé par la voracité fiscale du premier budget 1979-80, s?apprête à guerroyer ferme pour ne pas risquer d?être tondu, l?année suivante, à la même sauce pimentée. Ringadoo également échaudé craint encore plus l?eau froide. Pas question pour lui de se soumettre aux douches écossaises du précédent hiver. FMI et Banque mondiale comprendront. Encore que son budget 1980-81 témoigne d?un constant souci de plaire à ces institutions de Bretton Woods. L?express déplore deux absents de marque : la taxe rurale et le plan de relance. Il signale un préavis de? taille : la ?purchase tax? qui deviendra la ?Super Tax?, qui deviendra la TVA, qui deviendra la super TVA, nous écorchant quotidiennement, aujourd?hui encore, pour financer l?éducation ?gratuite?, l?hôpital ?gratuit?, les allocations sociales ?gratuites?, bref tout ce que la classe politique croit nous donner en puisant dans nos poches de quoi financer ses largesses.

Ringadoo limite ses nouvelles ponctions fiscales à une augmentation du ?stamp duty? qui passe de 2 % à 5 % et à une surcharge de 10 % ?across the board?. Cela a l?air aussi anodin que lui mais signifie quand même 10 % de plus sur tout ce que nous payons déjà quotidiennement au gouvernement sans nous en apercevoir toujours.

Pour faire passer l?amertume de cette pilule, il y a quelques menues concessions, notamment un barème moins sévère pour les trois premières tranches de l?impôt sur le revenu, l?octroi de l??earned income relief? aux petits planteurs, des allègements sur les droits de successions et sur les frais d?enregistrement, l?abolition du ?stamp duty? sur le ciment pouvant vouloir dire deux roupies en moins sur une pochette ou tout aussi bien deux roupies en plus par pochette pour le quincaillier véreux. Certains produits alimentaires importés sont, de nouveau, taxés.

Le gouvernement compte dépenser Rs 2,3 milliards en 1980/81 contre Rs 1,8 md en 1979-80. Son budget de développement s?élèvera à Rs 1,5 milliard contre seulement Rs 850 millions en 1979-80. Le budget de fonctionnement laissera un déficit de Rs 94 millions.

Oublions, pour un temps, ces concessions censées faciliter la digestion de la surcharge générale de 10 %. Celle-ci apportera Rs 150 millions de plus dans les caisses gouvernementales. Les déductions personnelles, autorisées par l?Income Tax, sont augmentées de mille roupies dans la majorité des cas. Les déductions pour les trois premiers enfants augmentent de Rs 300 à Rs 1 100 selon l?âge de l?enfant et de son degré de scolarisation (du préscolaire à l?université à l?étranger). Les deux premières tranches de l?impôt sur le revenu (5 % et 10 %) passent de Rs 5 000 à Rs 6 000. La 3e tranche de 20% passe de Rs 15 000 à Rs 18 000. Les autres tranches ne changent pas. Elles demeurent de 30 % sur les prochaines Rs 20 000 à? 75 % sur les revenus annuels dépassant Rs 90 000. Fallait pas se déclarer riche du temps de Ringo. Le plafond des intérêts, exempts d?impôt, passe de Rs 3 500 à Rs 10 000, les allocations sur les primes d?assurance passe de Rs 1 000 à Rs 1 500.

Le discours budgétaire du 3 juin 1980 révèle que le taux de croissance est de 4,5 % en 1979, que la capitalisation s?élève à 40 % du PIB, que le déficit de la balance des paiements s?élève à Rs 620 millions (Rs 330 m. en 1978), que les importations sont de Rs 3,5 milliards (Rs 3,1 md en 1978) et les exportations de Rs 2,2 milliards (Rs 2 mds en 1978), que les produits pétroliers coûtent Rs 425 millions (Rs 280 m. en 1978), que les réserves en devises étrangères chutent de Rs 640 m. entre juin 1979 et mars 1980, que le ?stand-by agreement? du FMI soutient la balance des paiements à hauteur de Rs 400 millions, que le P.I.B. est estimé à Rs 6,2 milliards, que l?épargne diminue sans qu?on perde espoir de ramener son taux à 30 % du P.I.B., que la croissance du secteur manufacturier sera de 7,5 % par an entre 1980 et 1982, contre 6,3 % entre 1976 et 1979, que les rapports Richard et Sidambaram coûtent Rs 12,5 millions de plus, que le budget de fonctionnement 1979-80 coûtera en fait Rs 2 milliards, soit Rs 226 millions de plus que prévu, que les revenus courants sur les importations s?élèvent à Rs 638 millions soit Rs 135 millions de plus, que la taxe de sortie sur le sucre rapporte Rs 275 millions contre une prévision budgétaire de Rs 150 millions, grâce à la surcharge de 75 % post-dévaluation de la roupie, que l?impôt sur le revenu rapportera Rs 157 millions en 1979-80, soit Rs 14 millions de mieux, que le déficit budgétaire représente environ 18% du PIB, etc.

N?oublions surtout pas que la roupie du 3 juin 1980 vaut 30 % de moins que celle du 3 juin 1979. Ne nous fions surtout pas à sa rondeur amicale d?autant plus que l?avant-dernier budget de Nadesse se veut une apologie de la dévaluation.

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