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L?impasse énergétique

19 novembre 2007, 00:00

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La crise ouverte avec le refus de l?Etat de procéder à la mise en application du plan de réforme de l?industrie sucrière, la MAAS, a atteint un point critique. Si rien n?est fait pour apaiser les tensions cette semaine, on court vers une grave crise. Les deux parties sont confrontées à un blocage total sur la question de l?énergie qui est pourtant au c?ur du problème. Les divergences sont si profondes qu?il est impossible d?imaginer, à ce stade, comment sortir de l?impasse.

Il est vrai que les sucriers ont fait des concessions sur la question des terres et ont accepté de céder 1 500 arpents sans condition et 500 autres avec contrepartie. Mais cela n?a pas suffi pour calmer le jeu. Au contraire, la tension est montée de plusieurs crans ces derniers jours. Cela démontre à quel point le contentieux autour de la production d?électricité apparaît, aux yeux des dirigeants, comme une question fondamentale.

Sur un plan strictement politique, le gouvernement aurait pu tirer avantage de la situation en expliquant qu?il a arraché des terres à l?industrie sucrière. Il aurait ainsi mis un terme au conflit tout en marquant des points. Il ne l?a pas fait. Ce qui signifie que, pour lui, les contrats actuels et futurs concernant les centrales thermiques ont une importance fondamentale. Les enjeux sont considérables pour les sucriers aussi. Voilà pourquoi la guerre de l?électricité s'engage dans une impasse.

Il y a deux aspects à cette bataille. Premièrement, l?Etat souhaite que le CEB conserve une place prédominante dans la production d?électricité à Maurice. Cette position est aujourd?hui menacée par l?accroissement du nombre de centrales bagasse-charbon ou exclusivement charbon. Toutefois, cette question peut être réglée en demandant aux nouveaux producteurs d?ouvrir leur capital au CEB. Deuxièmement, il s?agit de renégocier les contrats liant les centrales existantes au CEB. Pour des raisons qui tiennent à la fois aux considérations juridiques et aux relations de confiance avec les investisseurs, il est délicat de demander la révision d?un contrat librement signé entre deux parties.

Les contrats entre les sucriers et le CEB sont calqués, en majeure partie, sur celui signé avec la Centrale thermique de Belle-Vue en 1998, sous le premier gouvernement de Navin Ramgoolam. «Toutes les garanties, tous les avantages, tout le profit sont pour le secteur privé. Tous les risques et toutes les pertes sont pour le CEB... C?est une aberration», s?insurge le président du CEB en parlant de ces contrats. «Il est hors de question que nous signions encore des contrats avec de telles clauses au CEB. Du moins, pas avec moi à la tête du CEB.»

Manifestement, les débats prennent un ton guerrier. Si, en outre, on tient compte du contexte émotionnel, politique et historique dans lequel ils ont lieu, on comprend pourquoi la recherche d?une solution équivaut à vouloir trouver la quadrature du cercle.

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