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L?Icac : la pression du MSM
Le Mouvement socialiste militant (MSM) n?en démord pas. Ce parti insiste pour que l?Independent Commission against Corruption (Icac) entame une enquête dans ce qui est communément appelée l?Affaire Dulull. Dans une lettre adressée à cette instance, Nando Bodha, leader de l?opposition, et Pravind Jugnauth, leader du MSM, attirent son attention sur le fait que des allégations de fraude, corruption- trafic d?influence, ont été proférées contre le ministre Asraf Dulull et contre l?homme d?affaires Rafiq Peermamode. Ils demandent que l?Icac ouvre une enquête sur la question.
La démarche du MSM s?appuie sur les dispositions du Prevention of Corruption Act qui obligent l?Icac à ouvrir une enquête, une fois avisée de l?existence possible d?une offense.
Une copie de la lettre a été adressée au chef du gouvernement, au commissaire de police et au directeur des investigations de l?Icac.
<B>« Inacceptable »
Depuis que l?affaire a éclaté, l?opposition ? MSM et Mouvement militant mauricien confondus ? demande que l?Icac intervienne pour faire la lumière sur ces allégations proférées par le responsable des relations publiques de la propriété Bel-Air-St-Félix. Ce dernier soutient que Rafiq Peermamode aurait exigé un pot-de-vin de Rs 50 millions pour faire avancer un dossier déposé dans le cadre de l?Integrated Resorts Scheme.
À sa conférence de presse d?hier, le leader du MSM trouve la posture actuelle de l?Icac « inacceptable. »
Nando Bodha avait d?ailleurs axé sa première Private Notice Question sur cette affaire. C?était le mardi 11 avril. Le chef du gouvernement avait répliqué que le ministre resterait en poste, à moins que la police n?établisse un prima facie case à son encontre. Aucune charge n?a jusqu?ici été retenue contre Asraf Dulull après une dizaine d?heures d?interrogatoire.
Dans l?entourage de l?hôtel du gouvernement on explique que l?Icac ne s?est pas engagée sur ce dossier du fait qu?elle n?est pas complètement constituée depuis la résiliation du contrat de l?ancien commissaire Navin Beekarry et de ses ex- assesseurs. Ces mêmes milieux soutiennent que la police est parfaitement indiquée pour mener une telle enquête.
La police a jusqu?ici logé une accusation provisoire de trafic d?influence contre Rafiq Peermamode. Ce dernier a été libéré sous caution. Le Central Criminal Investigation Department a aussi interrogé plusieurs autres personnes, dont le ministre Dulull et Paddy Rountree, le P-d. g de Bel-Air-St-Félix.
Dans un communiqué publié, hier, dans la presse, l?Icac soutient que le commissaire de police détient des pouvoirs discrétionnaires de lui référer tout dossier s?il le juge nécessaire. Elle ajoute qu?il n?y a pas lieu, à ce stade d?avoir une enquête parallèle sur cette affaire.
Pour sa part, le MMM n?écarte pas la possibilité de réclamer la mise sur pied d?une commission d?enquête sur ce même dossier.
Reste à savoir si la démarche du leader de l?opposition est suffisamment fondée pour contraindre l?Icac à se mouiller.
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