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L?ICAC enquête sur le loto

13 août 2008, 20:00

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Pas de chance pour le dossier de loto national. Celui-ci démarre dans la controverse. L?Independent Commission against Corruption (ICAC) a démarré de son propre gré une enquête pour faire la lumière sur des allégations de conflit d?intérêt dans l?allocation du contrat pour ce projet.

C?est en fait la compagnie Lototech, un partenariat entre le Gamma Group et une société américaine, GTECH, qui a décroché le gros lot. La State Investment Corporation (SIC), qui détient 25 % dans le projet, a fait l?objet de vives critiques de la part des soumissionnaires.

Le choix du soumissionnaire est revenu au cabinet Deloitte & Touche. Un choix qui fait tiquer car ce dernier est aussi l?auditeur du Gamma Group et, en même temps, son conseiller financier pour le projet.

Explications</B>

GTECH de même qu?un autre soumissionnaire, Intralot SA, sont deux leaders du marché international de la loterie. Dans sa soumission, GTECH avait proposé le taux d?environ 57 % des recettes annuelles, dans le cadre du montant qu?il devrait reverser à l?Etat, tel que stipulé par la loi. Alors que son concurrent, Intralot Mauritius, un partenariat entre Roland Maurel et Intralot SA, avait proposé 41,97 % ; un élément décisif dans le choix du conseil d?administration de la SIC.

Le Managing Director de la SIC, Iqbal Mallam-Hasham, réfute l?allégation de conflit d?intérêt : «Si l?on vient avancer qu?il y a maldonne, c?est complètement faux. Comment aurais-je pu savoir le nom des soumissionnaires en choisissant le Financial Advisor et qui obtiendra le contrat ? Cela aurait été un vaste complot dans le cas contraire.»

Il ajoute que le département d?auditeurs et les consultants de Deloitte & Touche sont des entités séparées. C?est ce qu?a également soutenu le ministre des Finances, Rama Sithanen mardi, à l?Assemblée nationale. Il répondait à une interpellation parlementaire de la députée, Mireille Martin.

Intralot Mauritius avait écrit à la SIC en contestant le choix. Elle avait soutenu que Jean-Noël Wong du département des consultants de Deloitte & Touche, était l?associé signataire de Gamma. Et souligne que Jean-Noel Wong était un des membres du comité de sélection. Après explications, il se trouve, fait valoir une source à la SIC, que même si Jean-Noël Wong siégeait au comité d?évaluation, il n?était pas cependant un associé signataire.

<B>«Est-ce à dire qu?il y a maldonne ?»</B>

Iqbal Mallam-Hasham est d?avis qu?«il y a cinq à six cabinets de consultants, d?auditeurs et de comptables. Si la SIC en avait choisi un autre, le cabinet aurait pu être l?auditeur d?un autre de nos soumissionnaires?. Est-ce à dire qu?il aurait eu maldonne ? Ce sont des pratiques normales et tout à fait acceptables de ces grands cabinets internationaux. J?assure que tout a été fait dans la transparence».

Un porte-parole de Lototech soutient que la SIC a fait une enquête sur ce dossier et a été satisfaite des retombées. Il ajoute que «tous les membres du comité d?évaluation ont été nommés indépendamment. Deloitte & Touche est une des rares firmes indépendantes d?auditeurs et c?est impensable que ce cabinet ne prend pas une décision indépendante. Et c?est peu réaliste d?empêcher de principales firmes d?audit indépendantes internationales de participer à de telles évaluations en argumentant qu?elles comptent des clients parmi les soumissionnaires».

En outre, c?est Suresh Seebaluck qui avait présidé le conseil d?administration dans le cadre de ce dossier, Raj Ringadoo, président de la SIC, ayant spécifié d?emblée que son épouse était liée à un des soumissionnaires.

Outre Lototech et Intralot, les autres soumissionnaires étaient Sagar and Damani, un opérateur indien associé avec Global Sports Ltd, Canadian Bank Note et SGI et Littlewoods en partenariat avec un opérateur de transport.

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