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Libérés, Chesnot et Malbrunot regagnent Paris
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Libérés, Chesnot et Malbrunot regagnent Paris
Christian Chesnot et Georges Malbrunot, les deux journalistes français détenus depuis quatre mois en Irak par l’Armée islamique et libérés mardi 21 décembre, ont regagnés Paris mercredi en fin d’après-midi. Après avoir passé leur première nuit de liberté “dans un lieu sécurisé à Bagdad”, ils devaient être ramenés à Villacoublay par un Falcon 900 de l’armée de l’air, qui avait décollé de la base militaire en début de matinée avec à son bord le ministre des affaires étrangères, Michel Barnier, et quelques proches des deux journalistes.
Jacques Chirac a fait part de sa “joie” et a interrompu ses vacances à Marrakech où il venait d’arriver et décidé de regagner Paris pour accueillir les deux ex-otages. Le président de la République devait s’exprimer mercredi sur cette crise et son dénouement. “Ils ont vécu une dure épreuve. Au terme de cette longue attente, partagée par tous les Français, je veux dire toute notre joie à nos deux compatriotes ainsi qu’à leurs familles et à leurs proches, qui ont témoigné d’un courage et d’un esprit de responsabilité extraordinaire. J’exprime, au nom de tous les Français, ma reconnaissance à l’ensemble des autorités et des services qui ont œuvré sans relâche pour obtenir cette libération”, a déclaré Jacques Chirac dans le communiqué lu mardi par son porte-parole.
<B>Exigences musulmanes</B>
C’est la chaîne de télévision qatarie Al-Jazira qui la première a annoncé la nouvelle, mardi après-midi, citant l’Armée islamique en Irak, qui avait revendiqué l’enlèvement des deux journalistes, le 20 août, sur une route au sud deBa-dad. Peu après, l’Elysée apportait la confirmation officielle de leur libération, dans un communiqué laconique. “Ils ont été libérés, ils ont été remis aux autorités françaises, ils seront de retour dans la journée de mercredi”, annonçait à son tour le porte-parole du ministère français des affaires étrangères, Hervé Ladsous.
Les autorités françaises et l’ambassade à Bagdad sont restées muettes sur les conditions de la libération des deux otages. Mercredi en milieu de matinée, aucune précision n’avait encore été donnée de source officielle sur la façon dont la crise a pu être dénouée.
Dans un communiqué transmis par la chaîne Al-Jazira, l’Armée islamique en Irak a expliqué avoir acquis la certitude que ses deux prisonniers “n’espionnaient pas pour le compte des forces américaines”.
L’ensemble de la classe politique française a salué la libération des deux journalistes et s’est félicitée du consensus qui avait prévalu pendant cette crise.
@ 2004 Le Monde-Distribué par The New York Times Syndicate
PORTRAITS
Malbrunot, dix ans au Proche-Orient</B>
■ Né dans une famille d’agriculteurs de l’Allier il y a quarante et un ans, Georges Malbrunot est déjà passionné par le Proche-Orient quand, jeune journaliste, il s’installe en 1994 à Jérusalem-Est, dans la partie arabe de la ville. Sorti de l’Institut pratique de journalisme (IPJ) de Paris en 1986, il a commencé sa carrière en passant par le service politique du quotidien La Croix et l’Agence France-Presse. Mais c’est la Fondation Hachette qui lui permet de réaliser un rêve en finançant son projet d’enquête sur les chrétiens du Moyen-Orient. Pendant quatre mois, il retrouve les traces de l’émigration des chrétiens arabes de Cisjordanie et de Jordanie vers les Etats-Unis et vers l’Europe occidentale. Confirmation d’un engouement. A partir de Jérusalem, Georges Malbrunot peut alors sillonner la Syrie, la Jordanie et, plus récemment, l’Irak. Ayant appris l’arabe, il devient peu à peu un spécialiste de la région. Il travaille aussi bien pour des radios - Europe 1 puis RTL - que pour la presse écrite - Ouest-France et Le Figaro, qu’il rejoint en décembre 1999. Journaliste rigoureux, il est le premier à annoncer, cette année-là, que le pape Jean Paul II souhaite effectuer une visite officielle en Irak, avant d’abandonner le projet. Il révèle la mort du criminel de guerre nazi Aloïs Brunner en Syrie et la présence de médecins français autour de Saddam Hussein.Peu avant le début des hostilités, il travaille avec Christian Chesnot à la rédaction de leur premier livre sur le raïs irakien.
<B>Chesnot, un amoureux du monde arabe</B>
■ Installé depuis cinq ans en Jordanie, Christian Chesnot, 38 ans, est un amoureux du monde arabe. A sa sortie du Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris en 1989, ses proches ne s’étonnent pas de le voir partir en coopération au Caire, pour son service national. Il travaille au quotidien francophone Le Progrès égyptien, avant de prolonger son séjour comme pigiste pour France-Inter et France-Culture, ainsi que pour la presse écrite, de Sciences et vie Economie à Ouest-France. Années de “vaches maigres” pendant lesquelles il commence son apprentissage de la langue arabe, qu’il parle toujours avec un fort accent français. A son retour dans l’Hexagone, en 1992, il écrit un livre sur la place de l’eau dans la géostratégie de la région (La Bataille de l’eau au Proche-Orient, éditions L’Harmattan, 1993). L’année suivante, il devient rédacteur en chef d’une revue spécialisée dans les questions de l’eau, Hydroplus. Mais le Proche-Orient continue de le tarauder. En 1998, il publie un livre sur la lutte palestinienne (Palestiniens 1948-1998. Génération fedayin : de la lutte armée à l’autonomie, éditions Autrement) avec une journaliste et traductrice palestinienne, Joséphine Lama.Fin 1999, l’appel de l’aventure et de la région le conduisent à abandonner son poste à Hydroplus et à redevenir pigiste, cette fois installé à Amman. En mai 2000, Christian Chesnot et Georges Malbrunot sont parmi les premiers journalistes occidentaux à entrer dans les zones du Liban sud.
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