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L?IBA pourrait revoir ses ?guidelines?
Les directeurs des trois radios privées rejettent en bloc les guidelines de l?Independent Broadcasting Authority (IBA) concernant la couverture de la campagne électorale. Elles ont été rendues publiques vendredi. Et aujourd?hui, l?IBA est disposée à revoir sa copie. Elle décidera de la marche à suivre après avoir consulté un mémorandum que les radios privées devraient finaliser aujourd?hui. Elle devra toutefois se dépêcher puisque les directives prendront effet le 6 juin, fin du délai pour le désistement des candidatures en vue des élections générales.
Trois contre-propositions ont été faites à l?autorité régulatrice lors d?une réunion entre les deux camps à l?hôtel Le Labourdonnais, Port-Louis, hier. Un consensus a pu être dégagé après une heure et demie de débats. En premier lieu, Radio One, Radio Plus et Top FM contestent la légalité de la notion même de ?political broadcasting?, telle que présentée par l?autorité régulatrice. ?Il y a un problème légal qui a été soulevé. Nous avons une interprétation différente de celle des radios privées. Nous allons prendre avis auprès du State Law Office sur la question?, explique Abdool Cader Kalla, président de l?IBA.
Des délais impossibles à respecter
Pour Finlay Salesse, directeur général de Radio One, il est essentiel que l?IBA aille ?vérifier si elle n?outrepasse pas ses propres paramètres en proposant des mesures en contradiction avec l?IBA Act, la loi-cadre des radios privées. La notion de political broadcasting n?existe pas dans cette loi et les radios ne sont donc pas tenues de respecter les guidelines.?
Autre point essentiel soulevé par les radios privées : les délais proposés par l?IBA en ce qui concerne les événements politiques. L?IBA proposait un délai de 48 heures avant une émission politique. ?The interviewee shall be made aware, before the interview, of the format, subject matter and context of the interview and the nature of any likely contribution from him, and shall be informed of the way in which the interview shall be broadcast.?
L?IBA demandait, en outre, ?not less than 5 days before the scheduled broadcast of any political public meeting or rally?. Impossible à respecter, affirment unanimement les responsables de radios privées.
Et l?IBA semble avoir réalisé elle-même qu?elle faisait fausse route sur ce chapitre. ?Les délais proposés paraissent en effet contraignants. Je ne peux cependant donner de garanties, mais j?essaierai de convaincre mon board?, assure Abdool Cader Kalla. Il précise que certains aspects devront également être revus en concertation avec la Commission électorale.
Comme les autres directeurs de radios privées, Finlay Salesse est satisfait de la position adoptée par l?autorité sur ce point. Il demande l?annulation pure et simple de tout délai.
L?IBA affirme, par ailleurs, qu?elle examine avec beaucoup d?attention une autre demande faite hier par les directeurs de radios privées. Initialement, elle avait proposé d?allouer du temps d?antenne aux partis politiques comme cela se fait à la MBC. Or, les radios privées estiment ne pouvoir être régies selon les mêmes normes que le service public. ?Nous leur avons proposé de vendre du temps d?antenne aux partis politiques?, confie Hassen Rojoa, directeur de Radio Plus.
Ces guidelines de l?IBA déplaisent également à l?Alliance sociale. Celle-ci estime que l?autorité régulatrice et le gouvernement sortant sont de mèche pour essayer d?éviter les débats politiques. Outre la menace d?entrer une affaire en Cour suprême, Navin Ramgoolam, leader de l?Alliance sociale, compte rencontrer la Commission électorale pour discuter de la question.
Du côté du MSM-MMM, on affirme être ouvert à tout programme politique à condition qu?il y ait un cahier des charges ?dont les conditions sont acceptées par tous ceux concernés?. Les choses ne pourront qu?avancer dans le consensus.
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