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L?hôtellerie sur le bout des doigts
Il connaît l?hôtellerie sur le bout des doigts. Et pour cause, cela fait bientôt 31 ans qu?il y travaille. Que ce soit les opérations ou la gestion, Prem Maghoo s?y connaît. Car en ces 31 années, il est passé de maître d?hôtel à restaurant manager, à bar manager, à assistant food and beverage manager, à food and beverage manager pour finir comme executive assistant manager de l?hôtel La Pirogue à Flic-en-Flac.
?(?) aux jeunes qui s?intéressent à l?hôtellerie, il leur conseille de ne pas se précipiter à l?étranger pour poursuivre leurs études après le secondaire, mais de se joindre à un hôtel à Maurice.?
Il admet qu?il n?y a pas que du bon dans le secteur de l?hôtellerie et plus généralement dans celui du tourisme. Comme ?certains marchands, magasins, taxis qui exploitent les touristes?. A leur égard, Prem Maghoo ne mâche pas ses mots. ?Ce sont les bandits de l?industrie touristique.?
Il est comme cela Prem Maghoo, 56 ans, maintenant : sympathique, toujours à l?écoute, toujours au service des autres, mais sans pitié pour ceux qui ne sont pas clean. Ceux-là, Prem Maghoo se targue de les reconnaître de loin, étant perspicace à l?extrême.
?Je déteste qu?on me mente?, continue-t-il. Il raconte comment il a licencié plusieurs employés qui n?ont pas été honnêtes. ?Et ce, bien qu?ils aient dix, 20 ans de service.? Explications : ?S?ils m?avaient demandé quoi que ce soit, je leur aurais donné dix fois plus.?
Revenant sur l?exploitation dont sont victimes des touristes, Prem Maghoo déclare : ?A cause d?eux, bon nombre de touristes ne vont plus remettre les pieds chez nous.?
Pour que cette situation cesse, Prem Maghoo suggère qu?il n?y ait plus de commissions et d?intermédiaires. ?C?est pour cette raison que de petits commerces n?arrivent pas à se faire un nom. Des intermédiaires disent aux touristes de ne pas aller à tel ou tel endroit. Cela parce qu?ils n?ont pas eu leurs commissions.? Il se félicite ainsi qu?il y ait maintenant des autobus qui desservent le trajet Flic-en-Flac-Port-Louis. ?Comme ça, les touristes sont plus libres de leurs mouvements.?
Ce métier qui le passionne tant, que faut-il pour le faire ? ?L?âme de ce métier, c?est l?hospitalité, aimer servir les gens.? Mais il exprime quelques craintes à ce propos : ?Il faut être vigilant. Ce sera difficile de conserver cette hospitalité.? Sa plus grande frayeur : que ?Maurice devienne comme certains pays de la région, où l?hospitalité n?existe pas?.
D?autre part, ?il faut donner 100 % de soi-même. C?est un métier où il faut travailler dur, avec plaisir?. Prem Maghoo estime aussi qu?il est important d?innover. ?Il ne faut pas s?endormir sur ses lauriers. Car le touriste sait quand vous faites des efforts.?
Fort de ces décennies d?expérience, ses conseils ne seraient pas de trop. Et des conseils, il en a beaucoup : pour les familles, pour les jeunes aussi bien que pour les hôteliers. Selon lui, il est grand temps que les familles mauriciennes mettent de côté leurs préjugés sur ceux travaillant dans l?hôtellerie.
?En 1976, les filles travaillant dans l?hôtellerie étaient perçues comme étant des prostituées et les garçons des laveur verre.? S?il note une amélioration dans la façon de penser des gens, il est d?avis que du chemin reste encore à être parcouru. Prem Maghoo invite ainsi les parents à encourager leurs enfants à intégrer l?hôtellerie car elle devient ?l?épine dorsale? de l?économie mauricienne.
Quant aux jeunes qui s?intéressent à l?hôtellerie, il leur conseille de ne pas se précipiter à l?étranger pour poursuivre leurs études après le secondaire, mais de se joindre à un hôtel à Maurice. ?Vous y restez deux, trois ans, voire cinq ans, ensuite vous partez.? Cela, parce que ?la base que vous aurez dans l?hôtellerie mauricienne, vous ne l?aurez nulle part dans le monde. Maurice, c?est l?université de l?hospitalité.? Et l?hospitalité, c?est le c?ur de l?hôtellerie. On l?aura retenu.
Finalement, aux hôteliers, Prem Maghoo leur demande de motiver les jeunes pour qu?ils intègrent le secteur. En augmentant leur salaire, par exemple. ?Car un salaire de Rs 4 000 est loin de suffire pour un jeune d?aujourd?hui dont les chaussures coûtent Rs 3 000 !?
Prem Maghoo soutient haut et fort que l?hôtellerie a un brillant avenir. Le contraire aurait, certes, étonné mais la conviction sur son visage assure qu?il ne parle pas dans le vent. ?Vous aurez un contact avec l?international, de nombreuses portes seront ouvertes pour vous?? On ne pourrait ne pas le croire puisqu?il a poussé sa dernière fille à faire son entrée à l?école hôtelière à partir de cette année.
Retour en arrière. Prem Maghoo est entré dans l?hôtellerie par pur hasard. Il travaillait auparavant au HMS Mauritius, la base de la Royal Navy à Maurice. Pendant sept ans. Quand la base ferme en 1976, il intègre alors l?hôtel La Pirogue. C?était le 2 mars 1976, soit quelques mois avant l?ouverture de l?hôtel.
Outre La Pirogue, Prem Maghoo a aussi travaillé pendant six ans pour Le Touessrok, du même groupe, à la demande du manager de la Pirogue. Ensuite, il passe deux années à l?hôtel Sugar Beach pour revenir à La Pirogue. Son rêve désormais : ?Si jamais, le groupe s?agrandit, j?aurais aimé devenir le numéro un d?un nouvel hôtel.? C?est tout le mal qu?on lui souhaitera?
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