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L?homosexualité à l?affiche

1 juin 2008, 00:00

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«Mo pena okene problem ek bann films ki koz bann dimoune ki homosexuel, me se zis ki sa genre film pa interess mwa. » Kervin, 24 ans, fonctionnaire, lâche cette phrase saccadée en fuyant le regard. Des mots pesés pour ne pas paraître intolérant. Il ne sera pas l?un des cinéphiles à aller assister au deuxième Festival de films LGBT qui se tiendra du mardi 3 juin au vendredi 6 juin au Kistch Club, à Ebène. Un festival encore tabou pour certains, un sujet qui dérange sans doute.

Mais discrètement, les préjugés s?estompent petit à petit. Et il y a d?autres cinéphiles qui accueillent avec enthousiasme ce genre de festival qui ouvre les horizons et qui permet de mieux comprendre d?autres réalités.

D?ailleurs, si le Festival de films et de courts-métrages qui se tient la semaine prochaine donne libre cours au septième art, il a lieu aussi surtout pour sensibiliser aux orientations sexuelles qui sont autres que l?hétérosexualité afin d?ouvrir la conscience collective à cette acceptation, du moins au respect de cette différence. Pour essayer de changer les attitudes et les mentalités envers les personnes qui sont gays, lesbiennes, transsexuelles, transgenres. Le Festival de courts-métrages avec des films tels Succubus d?Alison Reid, Amnésie de Denis Langlois ou Cadillac Blues de Mazan Khaled abordent en profondeur les implications de l?homosexualité.

Par exemple, le court-métrage Succubus suit Lilith et Athena dans leur difficulté d?avoir un enfant. Lilith est un entrepreneur dans le sauvetage des chats, et Athena est un ingénieur génétique. Toutes les deux veulent à tout prix avoir un enfant. Les différentes tentatives n?ont rien donné et Lilith décide de prendre les choses en main pour voler du sperme. Cette tâche se révèle moins dure que prévu, mais c?est le fait de convaincre Athena qui s?avère plus difficile.

« Succubus est un film que les audiences hétéro et gay apprécieront. Il a été conçu pour faire rire aussi bien que réfléchir », avait déclaré la réalisatrice du film. Succubus est à prendre au second degré et il traite en même temps d?un problème de fond qui guette les couples de lesbiennes.

Par ailleurs, les projecteurs sont de nouveau braqués sur Jason Lafolle et Annick Sandian, deux Mauriciens qui vont présenter cette année encore, un court-métrage, baptisé Keskchoz à te dire lors du Festival de films LGBT, mais aussi une rediffusion de leur premier court-métrage Backseat. Pourquoi ? « D?une part, on récidive parce que c?est notre métier. Ensuite, je suis pour le fait que l?audiovisuel soit utile. Et en contribuant au festival, nous contribuons à une bonne cause : l?émancipation de la communauté LGBT dans notre société, mais aussi à plus de sensibilisation. On essaie d?aider à décanter la situation qui prévaut à ce sujet à Maurice. » Annick Sandian, elle, n?a pas froid aux yeux. Pour elle, il faut laisser vivre les gens. « Un des buts de notre film est de faire bouger modestement les choses. »

Pour rappel, les Derniers mots de Joe Blass et Amnésie de Denis Langlois seront projetés mardi. Mercredi, ce sera au tour de Succubus, d?Alison Reid, et de 533 statements de Tori Foster. 3 000 scénarios contre un virus seront diffusés jeudi, et vendredi, place à Cadillac Blues de Mazan Khaled, Pink Mirror de Sridhar Rangayan, Happy Hookers, d?A. Sawhny, et Cycle d?Annick Sandian et de Jason Lafolle.

Quoi qu?il en soit, les films pour grand public traitent, eux aussi, de plus en plus de l?homosexualité. On a vu Le secret de Brokeback Mountain, Imagine You and Me, My Brother Nikhil. Ils nous entraînent tantôt dans la phase de la découverte de son orientation sexuelle, tantôt dans l?acceptation de cette différence, mais aussi dans le terrible dilemme de vivre sa différence ou de la cacher. À force de conscientisation, on arrivera à plus de compréhension envers l?orientation sexuelle quelle qu?elle soit.

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