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L?heure du décompte
By Akilesh ROOPUN
C?est donc un ?caretaker government? qui gère les affaires du pays depuis samedi dernier lorsque l?Assemblée nationale a été dissoute. L?heure est au bilan des réalisations et des non-réalisations du régime sortant. A priori, le gouvernement a déjà joué sa carte maîtresse avec le dernier budget. Mais la campagne électorale peut toujours inciter à d?autres largesses, parfois même spectaculaires.
Le gouvernement, en tout cas, se refuse à entrer dans une logique de fin de mandat. Il poursuit son action comme s?il était sûr de remporter les prochaines élections. Il annonce d?ailleurs plusieurs projets de loi pour être examinés par le prochain Parlement. Des ministres ne se font aucune gêne pour dire qu?ils s?attaqueront à leur nombreux ?unfinished business? après les consultations populaires.
Audace politique, apparence de sérénité, tactique ? Toujours est-il que le régime ne pourra pas donner cette impression pendant longtemps. La dynamique des élections et de la campagne électorale viendront très vite dicter l?agenda des dirigeants sortant.
L?alliance au pouvoir a consacré beaucoup d?énergie à la réforme économique. Dans le secteur sucre, il n?avait pas d?autres choix que d?encourager les sociétés sucrières à compresser leurs effectifs. Mais le processus de restructuration n?est pas vraiment allé au-delà du plan de retraite volontaire proposé aux employés.
Dans le textile-habillement, la restructuration est intervenue alors que l?industrie était déjà en crise. Alors que trop d?industriels ont attendu l?intervention du gouvernement pour se réveiller face aux dangers de la fin des quotas et la menace chinoise, entre autres.
L?attitude de ces fabricants de vêtements traduit, sur un autre plan, un certain immobilisme qui a caractérisé les opérateurs économiques durant ces cinq dernières années : le taux d?investissement a maintenu une tendance à la baisse amorcée depuis 1999.
Une fois de plus, l?Etat a dû assurer les grandes initiatives du développement dont le plan pour propulser les technologies de l?information et des communications (Tic) comme un nouveau moteur de croissance. Le gouvernement a investi dans l?infrastructure (la cybertour d?Ebène, par exemple) et a consacré beaucoup d?efforts à la promotion du nouveau secteur aux investisseurs étrangers. Cet engagement tous azimuts de l?Etat dans l?activité économique a beaucoup contribué au déséquilibre budgétaire qui noircit le tableau à la veille des élections.
Le gouvernement a entrepris des restructurations dans un contexte économique international qui lui a été peu favorable. Il y a plusieurs facteurs qui échappent à son contrôle. Mais la politique de la roupie faible n?a fait qu?aggraver les méfaits de l?explosion des cours pétroliers et ceux d?autres matières premières sur le marché international.
Le régime espère bien retourner aux affaires après les législatives pour goûter aux fruits des réformes qu?il a entamées souvent au prix de l?impopularité.
Pour l?opposition, le temps des critiques faciles tire à sa fin. Si le gouvernement sortant laisse des chantiers inachevés, l?électorat attend toujours de connaître les initiatives nouvelles que proposeront les travaillistes et leurs alliés pour les compléter et pour répartir la croissance dans un modèle économique démocratisé.
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