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Leçons d?ailleurs

26 juillet 2003, 20:00

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D?une part en raison de la prédominance des affaires dans l?actualité locale et, d?autre part, parce que le nombrilisme n?est jamais une bonne chose, il est bon de temps à autres de laisser le regard vagabonder sur le monde qui nous entoure. En commençant par le plus léger mais pas nécessairement dépourvu de sens. On retient, à ce chapitre, que le maire d?une ville d?Andalousie, en Espagne, a pris la décision de décréter le jeudi « le jour des femmes ». Le jeudi, désormais, les hommes ne pourront plus sortir et devront s?occuper des tâches ménagères, des enfants? Des patrouilles s?appliqueront à faire respecter le décret municipal.

La mesure est extrême et fait sourire, mais c?est justement dans ce qu?elle a de caricaturale qu?elle démontre la grossièreté de cette logique qui fait que les femmes sont seules responsables du foyer. Mieux encore, pour une société où certains hommes ont perdu le nord, agressant les femmes comme si elles n?étaient que des objets, cela permet de rappeler à l?homme la part de féminin qui est en lui. Le maire de cette ville d?Andalousie a émis le souhait que son initiative ait un retentissement international. Il faut parfois de certains rêveurs pour faire ressortir le prosaïsme de certaines de nos pratiques.

Ceux-là ne font pas dans le prosaïsme, mais dans l?expéditif. Pourtant les choses ne se passent pas toujours comme ils les avaient prévues. La guerre contre le régime de Saddam Hussein ayant pris fin, les États-Unis et leurs acolytes pensaient rapidement instaurer un régime qui allait leur garantir la sécurité publique pour qu?enfin commence l?exploitation économique et commerciale de ce pays. On se souviendra de la distribution de contrats juteux aux entreprises américaines dès le lendemain de la guerre. À cette époque, on ne voulait pas entendre parler de l?Onu ou de forces internationales de paix. Les guerriers victorieux allaient se partager les prébendes entre eux. Mais c?était sans compter sur le fait que tous les pays du monde ne vivent pas selon le seul modèle américano-occidental.

Défaire un ennemi, de surcroît un tyran, relève du mérite. Mais il y a ensuite une nécessaire retenue qui est la marque des vrais libérateurs. Les superlatifs utilisés par les États-Unis et les Anglais après la mort des deux fils de Saddam Hussein participent d?une indécence révoltante. Certes, la justice militaire a ses propres règles, mais de là à s?extasier de la mort de deux humains de cette manière révèle surtout un sentiment de haine. Serait-ce la motivation première de toute cette guerre ?

Lui, c?est du respect qu?il suscite. Lance Armstrong a fait la démonstration lors de la 15e étape du Tour de France qu?il méritait bien le surnom de Boss. Après une chute qui aurait pu le ralentir dans ses efforts, l?Américain a eu la réaction inverse. Menacé comme jamais par ses adversaires, Lance Armstrong a choisi ce moment de doute pour surgir, comme un animal blessé, jetant tous ses efforts dans la bataille pour remporter l?étape et consolider son maillot jaune.

Cet homme, qui a su surmonter un cancer pour devenir l?un des plus grands champions de cyclisme, a une nouvelle fois prouvé, même si c?est dans une moindre mesure, que l?homme est son principal adversaire. Une leçon de vie : les limites sont faites pour être transcendées. Le monde sportif mauricien aurait quelques enseignements à tirer du geste de l?Américain. Que n?entend-on pas, en effet, à quelques semaines des Jeux des Îles, sur les tiraillements qui existent dans l?univers sportif local, surtout au niveau de certains de ses cadres dirigeants, de certaines de ses fédérations?

Constamment donc le regard se ramène sur le nombril mauricien. Inévitablement à l?écran s?affichent les affaires MCB-NPF, Norland Suzor, ou encore les viols et autres forfaits. Cette réalité qui déprime. Pourtant quelques lueurs pourraient surgir ce 27 juillet au théâtre du Plaza où les Mauriciens sont invités à venir rendre hommage à Bam Cuttayen. Il interprétait des chansons engagées. Chanson engagée, ou la force de croire qu?on peut encore changer les choses?

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