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L?exploitation de la femme dans les médias déplaît

14 juin 2005, 00:00

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Les Mauriciens, femmes et hommes confondus, n?apprécient pas l?utilisation sexuelle de la femme dans les médias. Même si les premières sont plus nombreuses à se sentir concernées par cette question. C?est ce qui ressort de la première partie d?une étude d?audience, la Gender and Media Audience Study (GMAS). Elle a été menée par l?organisation non gouvernementale (ONG) sud-africaine Gender Links (GL) dans six pays de la Southern African Development Community ? Botswana, Namibie, Afrique du Sud, Swaziland, Zambie et Maurice.

Les résultats de cette étude pour le pays ont été rendus publics hier à l?université de Maurice par Kubi Rama et Loga Virahsawmy, respectivement membre de l?exécutif de GL et présidente de la Media Watch Organisation (MWO), pendant local de l?ONG sud-africaine.

Cette étude d?audience à Maurice a été conduite par Pooba Essoo, Vanee Runghen, Juliette François et Pamela Gungaram, membres de la MWO. Elle a touché 90 Mauriciens et un nombre similaire de Mauriciennes de 20 à plus de 50 ans, vivant dans plusieurs régions du pays et de divers niveaux d?éducation.

Il s?avère que sur l?utilisation sexuelle de la femme dans les médias, 37 % de Mauriciennes et 25 % de Mauriciens disent être ?mal à l?aise?. 39 % des Mauriciennes s?en sentent ?insultées?, alors que 31 % des Mauriciens la trouvent ?insultante? à l?égard des femmes. Quelques Mauriciens toutefois ont déclaré y trouver un certain ?divertissement?, tout en exprimant une ?gêne? qu?elle soit exprimée sur des supports aussi publics.

Il ressort également de cette étude que la source principale d?information pour 51 % de Mauriciennes et 41 % de Mauriciens est la radio. Vient ensuite la télévision pour 24 % de sondées et 23 % des sondés. Pour un plus grand nombre de Mauriciens que de Mauriciennes, soit 31 % contre 19 %, les journaux demeurent la principale source d?information.

Ces statistiques affinées démontrent que la majorité de ceux écoutant la radio, tant les Mauriciens que les Mauriciennes, n?ont que l?éducation primaire. Alors qu?un grand pourcentage de ceux préférant la télévision ont suivi des études supérieures. Les journaux sont privilégiés en majorité par celles et ceux ayant complété leur cycle secondaire. Autre fait marquant de cette étude : 7 % des Mauriciennes contre 4 % de Mauriciens citent l?internet comme source principale d?information.

Cette vaste étude d?audience pour le sud de l?Afrique fait suite aux constats de la Gender and Media Baseline Study de 2003, menée par GL et la MWO. Celle-ci révélait que seules 17 % des sources des médias dans cette région étaient des femmes. Une absence de voix féminines difficilement acceptable dans la mesure où les questions critiques telles que le sida ou la pauvreté affectent un nombre grandissant de femmes dans la région.

GL a donc voulu pousser plus loin ces recherches et connaître les sujets qui intéressent les lecteurs et auditeurs des deux sexes du sud de l?Afrique, ainsi que leurs perceptions. GL a opté pour un échantillonnage total de 1206 personnes, le plus grand nombre étant celui de l?Afrique du Sud ? 306 ? en raison de sa plus forte population. Le questionnaire employé pour cette étude d?audience a été développé par les universitaires.

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