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Lev paké alé !

27 août 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Qui est le véritable responsable de la débâcle de Maurice aux récents Jeux des îles de l?océan Indien ? Le ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), Sylvio Tang, a rencontré les présidents des fédérations la semaine dernière pour tenter de déterminer les causes de la déconvenue du Club Maurice. Face à la presse, mercredi dernier, le ministre répondait à ses détracteurs ? qui ont réclamé son départ ?, en avançant que son ministère avait accordé tout son soutien aux fédérations sportives dans le cadre de la préparation des athlètes. Il a mis en cause l?impartialité de l?arbitrage malgache, les guerres intestines dans certaines fédérations et a évoqué l?incompétence de certains de ses ?Advisor coaches? promettant au passage des actions.

Des raisons qui ne sont, malheureusement, pas suffisamment convaincantes pour justifier la piètre performance de Maurice en terre malgache.

Mais soyons tout de même raisonnables et honnêtes. Les responsabilités sont partagées. Le MJS, les dirigeants sportifs et les athlètes sont tous, quelque part, responsables.

La débâcle du Club Maurice était prévisible car le sport mauricien est en déclin. Il est atteint d?un mal qui le ronge, à petit feu, depuis plus d?une décennie.

Ceux qui veulent faire croire que le sport allait bien jusqu?aux Jeux des îles de 2003, avec la deuxième place de Maurice (55 médailles d?or) tentent tout simplement de noyer le poisson.

En tant que pays hôte, Maurice n?avait pas droit à l?erreur devant son public. Et le COJI en était conscient.

Pour éviter de subir l?humiliation, ce dernier avait fait appel aux anciens athlètes qui avaient déjà rangé leurs crampons. Et bien évidemment, en tant que pays organisateur, Maurice avait le choix des disciplines. Ainsi, elle avait opté pour les disciplines dans lesquelles elle avait de meilleures chances de médailles.

C?est ce qu?a fait Madagascar dans le cadre des 7es Jeux des îles de l?océan Indien. En tant que bon sportif nous devions nous résigner devant le choix final du COJI qui avait été ratifié par le Conseil international des Jeux.

La chute du sport mauricien est la conséquence d?un manque de vision des autorités sportives mauriciennes, l?absence d?une politique de développement, la méconnaissance de la chose sportive par les hommes politiques qui avaient la responsabilité de mener à bon port le sport mauricien entre 1999 à ce jour. Tout comme ses prédécesseurs, Sylvio Tang n?a pas su choisir les "bons" conseillers.

Connu comme un "bon bougre", il s?est trop souvent laissé influencer par certains dirigeants des fédérations voire de certains parents de sportifs.

Qu?en est-il de la responsabilité de nos fédérations sportives?

Certains de leurs présidents ? présents lors de la rencontre avec la presse, mercredi ?, ont fait bloc derrière Sylvio Tang pour le soutenir dans ces moments difficiles. Ils ont tour à tour confirmé l?apport substantiel apporté par le ministère de la Jeunesse et des Sports dans la préparation de leurs athlètes pour les JIOI. À commencer par le président de la Mauritius Football Association (MFA), Prem Jodha?

Si le MJS n?est pas responsable de la déconvenue du Club Maurice à Madagascar, alors qui l?est ?

En voulant défendre le ministre, certains des présidents sont venus mettre au jour leur incompétence. Car malgré tous les moyens qui ont été mis à leur, ils n?ont pas été en mesure de produire les résultats escomptés.

Ce sont eux qui devraient "lev paké alé", en premier.

Disons-le, au lieu d?assurer la promotion de leur discipline, certains de nos dirigeants sont préoccupés à défendre leurs intérêts personnels. D?autres qui se prennent pour les propriétaires de la discipline font la pluie et le beau temps. Au bout du compte, ce sont les athlètes qui en font les frais.

Mais il ne faut pas croire que les athlètes sont exempts de reproches. Tout comme certains dirigeants, il y une catégorie d?athlètes qui pratique le sport uniquement par intérêt. Ce qui les intéressent ce sont les bourses de haut niveau ? qui sont beaucoup plus une pension qu?autre chose ? et les voyages. Nous ne retrouvons, malheureusement, pas le même engouement chez la plupart de nos athlètes comme c?était le cas il y a quelques années.

Ce, en partie, avec la bénédiction de l?État. Nous faisons ici référence surtout aux bourses de haut niveau allouées à plus d?une centaine d?athlètes de huit disciplines sportives. Pour être éligibles, ces athlètes doivent fournir un minimum de 16 jours de présence par mois pour pouvoir profiter de ce privilège. Ce qui est tout à fait absurde dans ce monde où le sport se dirige de plus en plus vers le professionnalisme.

Si on devait citer une à une les raisons de la chute du sport mauricien, on n?en finira jamais, tellement la liste est longue.

Mais ce que les autorités devront peut-être comprendre, c?est que le sport est un processus continue. Au-delà de l?élite, nous devons également pouvoir assurer la relève.

Sans le sens de la discipline, d?un travail rigoureux et d?une bonne dose de volonté, le sport mauricien n?est pas près de sortir du gouffre. Loin de nous de vouloir faire la leçon à nos dirigeants sportifs mais l?absence de résultats parle d?elle-même.

Si rien n?est fait, les résultats seront encore pire en 2011 aux Seychelles. D?autant plus que les pays de la région ont démontré qu?ils ne chôment pas.

Il est grand temps que tous les stakeholders retroussent leurs manches et que les autorités cessent de jouer au père Noël pour que le sport ne soit plus une affaire de protégés mais un espace d?épanouissement pour les vrais sportifs. Et les résultats suivront...

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