Publicité
L?euthanasie en sursis
Un véritable débat national sur l?euthanasie est né de l?exécution de la décision de la justice de Floride. Celle-ci avait accédé à la demande de l?époux et tuteur de Terri Schiavo de cesser de la maintenir artificiellement en vie. Michael Schiavo affirme en effet que son épouse, victime d?une attaque vasculaire cérébrale en février 1990, ne ressent ni la faim ni la douleur et souhaite qu?il soit mis fin à ses jours. Mais les parents et le frère de Terri Schiavo y sont opposés. Bob et Mary Schindler soutiennent que leur fille peut non seulement toujours les comprendre, mais que son état pourrait s?améliorer avec un traitement adéquat.
Mary Schindler avait lancé un poignant appel : « Terri est toute ma vie. Je supplie le gouverneur Bush et les hommes politiques à Tallahassee, le président Bush et les hommes politiques à Washington, s?il vous plaît, s?il vous plaît, sauvez ma petite fille ». Elle a reçu le soutien de la Maison Blanche et des membres influents du Congrès fédéral.
Ceux-ci ont décidé d?agir vite, car l?agonie de Terri Schiavo ne devrait pas excéder deux semaines, à compter de la date du débranchement. Ils ont ainsi décidé de légiférer afin que la famille puisse en appeler à la justice fédérale, qui a jusqu?ici refusé de se saisir de l?affaire. « Je suis heureux d?annoncer que les négociateurs du Sénat et de la Chambre [des représentants] ont trouvé un accord sur une proposition de loi de compromis, pluraliste et bicamérale, pour sauver Terri Schiavo », a annoncé Tom DeLay, chef de file de la majorité républicaine à la Chambre basse du Congrès. Il estime que, une fois saisi, le juge fédéral n?aura d?autre choix que d?ordonner la reprise de l?alimentation et de l?hydratation par cathéter de cette femme hospitalisée en Floride, « sinon elle pourrait mourir avant que l?affaire soit plaidée ».
Une loi sur le cas de Terri Schiavo
Les deux Chambres du Congrès devraient ainsi voter une loi portant exclusivement sur le cas de Terri Schiavo, même si le mari de Terri Schiavo s?est insurgé à la télévision contrel?intervention « scandaleuse » des politiques, estimant « incompréhensible qu?un gouvernement puisse s?immiscer dans les affaires juridiques privées d?un individu, en raison des sentiments personnels de responsables ».
En 2003 déjà, l?appareil d?alimentation artificielle avait été mis hors circuit. Il avait été rétabli six jours plus tard, le Parlement de Floride ayant adopté d?urgence une loi. Cette disposition, immédiatement validée par le gouverneur Jeb Bush, frère du président et fervent partisan du « droit à la vie », avait ultérieurement été déclarée inconstitutionnelle.
2 005 Le Monde ? AFP Distribué par The New York Times Syndicate
Publicité
Publicité
Les plus récents