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L?Europe est tombée sur sa tête !
?C?est ça, le football !? s?était écrié Sir Alex Ferguson à l?issue de la fantastique finale d?UEFA Champions League en 1999. L?exclamation jubilatoire du stratège mancunien résume à merveille l?impression qui se dégage de l?une des plus folles semaines de l?histoire de la Champions League.
Il n?est pas courant de voir les leaders de Serie A, de Liga et de Premiership sortis de la compétition en l?espace de deux jours alors même que le Milan AC, le Real Madrid et Arsenal avaient tous pris un ascendant d?une ampleur variable sur leurs adversaires respectifs à l?issue des matches aller.
Sur les quatre demi-finalistes, seul le FC Porto a remporté la Coupe d?Europe en 1987. José Mourinho, l?entraîneur de Porto, a déclaré avec justesse que désormais la compétition était des plus ouvertes. ?Nous sommes capables de battre le Deportivo même si le Depor a sorti Milan et qu?il pense ne faire qu?une bouchée de nous. Chelsea a battu Arsenal et pense donc pouvoir en faire de même contre Monaco en sachant que Monaco a éliminé le Real Madrid et qu?il suppose donc être en mesure de reproduire sa performance contre Chelsea.?
<B>Un optimisme à toute épreuve</B>
Dans mon dernier article je me demandais qui pouvait battre Milan. Au Riazor, le Deportivo a répondu à cette question avec éclat. Après sa défaite 4-1 à San Siro, seuls les fous, les éternels optimistes, et Javier Irureta, l?entraîneur du Depor, croyaient aux chances de l?équipe galicienne de retourner la situation. ?Au football, les miracles sont monnaie courante, toutes choses qu?un esprit rationnel ne peut anticiper?, a-t-il ainsi déclaré.
Ses joueurs eux-mêmes, en tête 3-0 à la pause, n?y croyaient pas et n?en finissaient plus de s?étonner dans les vestiaires lors de la mi-temps. Le Deportivo avait déjà réalisé une aussi belle remontée lorsque, mené 3-0 en 2001 par le Paris Saint-Germain FC, il l?avait finalement emporté 4-3, mais il n?avait jamais ridiculisé de cette manière un champion d?Europe en titre.
Par moments, la fluidité de son jeu offensif et l?aisance avec laquelle les joueurs se trouvaient sur le terrain étaient sublimes. Ce n?était pas, comme Tom Finney l?avait décrit en 1953 en parlant du jeu de la Hongrie, ?de la télépathie sur le rectangle vert?, mais ça en avait tout l?air.
On doit cependant compatir avec l?entraîneur de Milan, Carlo Ancelotti. Cela n?a pas dû être facile pour le technicien italien de voir Dida, Paolo Maldini, Alessandro Nesta et Gennaro Gattuso commettre des erreurs aussi grossières qu?indignes de leur réputation.
Autant d?erreurs inhabituelles qui ont permis au Depor de rattraper son retard. L?une des principales caractéristiques de cette saison de Champions League a été l?impossibilité pour les défenses des équipes transalpines de faire honneur au fameux système du catenaccio.
La Lazio, l?Inter et le Milan AC ont tous concédé au moins une fois quatre buts ou plus au cours de la compétition, les deux premières ayant même encaissé respectivement quatre et cinq buts sur leur propre pelouse.
La tradition défensive italienne n?est cependant pas morte. Une des équipes qualifiées pour les demi-finales continue d?évoluer avec une défense de fer à la mode italienne. Résultat : un seul et unique but encaissé loin de ses bases dans la compétition jusqu?à ce jour.
Il s?agit de Chelsea, toujours et encore entraîné par Claudio Ranieri, l?ancien technicien de l?AS Roma, malgré le battage médiatique qui l?annonce en permanence sur le départ. Les Blues sont maintenant seuls en piste pour devenir les premiers champions d?Europe londoniens.
Avec ce que l?on vient de vivre lors de ces quarts de finale, rien n?est acquis pour personne. Une réédition de la fantastique victoire 8-3 de Monaco contre le Deportivo n?est pas à exclure.
<B>Source : Paul Simpson (rédacteur en chef du magazine Champions, site de l?UEFA).</B>
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