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L?euro, dix ans après, voué à se transformer

14 janvier 2008, 00:00

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L?euro, dix ans après,  voué à se transformer

Dix ans après son lancement, l?euro est indéniablement un succès mais ses participants se reposent sur la monnaie unique au lieu de lancer les réformes indispensables et les critères d?adhésion des nouveaux membres sont trop rigides, estime un groupe d?experts.

Le cercle de réflexion Bruegel, l?un des plus influents de la capitale belge, a célébré par un rapport très fouillé le dixième anniversaire de la fixation irrévocable des parités entre les monnaies des pays participants en 1998. «Il insiste sur le fait que l?euro est une réalisation majeure de l?intégration européenne et que les institutions européennes méritent d?être saluées pour avoir donné naissance à une nouvelle entité à partir de ce qui était initialement un groupe d?économies très différentes», peut-on y lire.

La force de la jeune monnaie, sa montée en puissance comme devise internationale, la stabilité dont elle a fait preuve, même pendant la crise financière, le bas niveau des taux d?intérêt et le fait que tous les pays de l?UE, à l?exception du Royaume-Uni, veulent y adhérer à terme, en sont la preuve. Mais les auteurs du rapport soulignent les lacunes existantes et l?ampleur des défis qui attendent l?euro.

«La performance économique de la zone euro depuis 1999 a été acceptable, mais pas brillante, et nous entrons dans une période moins faste», a déclaré lors d?une conférence de presse Jean-Pisani-Ferry, le directeur de Bruegel, qui note que l?inflation est en hausse, que le dollar ne cesse de chuter et qu?une instabilité majeure agite les marchés des changes.

Les réformes structurelles ne se sont pas accélérées, comme si l?euro agissait comme un «anesthésiant», puisqu?il agit en quelque sorte comme un bouclier contre les chocs. «Les gouvernements considèrent que l?euro est un acquis», ajoute Pisani-Ferry, selon lequel les dirigeants européens font aussi valoir des visions opposées de la gestion de leur monnaie.

Enfin, alors que l?euro était conçu comme la première pierre d?une Europe fédérale dotée d?un pouvoir politique central susceptible de gérer l?euro avec la Banque centrale européenne, cet objectif apparaît désormais hors de portée.

Il faudra donc vivre avec une zone euro où les décisions, par exemple budgétaires, restent prises au niveau national.

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