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Leur journal de l?année?

29 décembre 2005, 20:00

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<B>Steeve Obeegadoo </B>

J?ai commencé un bouquin. Et chose rare, j?ai pu le terminer ! Après cinq ans à me démener dans la réforme éducative, je retrouve enfin une vraie vie de famille. Avec le changement de régime, je prends le temps de vivre et de replonger dans ma passion : être avocat.

Ce changement de train de vie a tout de même quelque chose de déstabilisant. Le coup de frein brutal donné à nombre de projets entrepris est un coup dur. Toutefois, je garde le moral. Après tout, c?est la démocracie !

«Ma plus grosse colère est le démantèlement des ?Form VI Colleges?. Comment expliquer une telle décision ?»

Il faut dire aussi que mes nouvelles responsabilités en tant que secrétaire général au sein de mon parti politique, le MMM, ont de quoi exalter. J?aborde cette nouvelle tâche avec enthousiasme. Je veux y ramener une part de rêves. En faire un parti avec de grandes idées, de grandes causes.

Un regard sur l?année écoulée : il y a quand même une grande satisfaction et si regret il y a, l?aboutissement des efforts consentis dépasse de loin ce sentiment. Le fait d?avoir pu apporter ma pierre à l?éducation est déjà une grande victoire. Celle d?avoir pu donner force de loi à la scolarité obligatoire à 16 ans l?est encore plus. Lorsque je pense que j?ai pu obtenir la parité dans l?octroi du budget pour l?éducation des enfants handicapés et ceux du main stream, je me dis que c?est une victoire dans ma vie.

Pourtant, les causes de révolte n?ont pas manqué depuis ces six derniers mois. Ma plus grosse colère est le demantèlement des Form VI Colleges. Comment expliquer une telle décision ? Aucun argument et aucune justification n?ont été donnés. Sans compter le gaspillage de fonds publics pour aménager ces écoles. Je veux bien qu?il y ait changement, mais tout doit se faire dans une logique de progrès. Et plus important encore, éviter de faire du sur place. Tant de projets attendent encore, telle l?Open university.

L?avenir me fait peur. Je sais à quel point préparer une rentrée scolaire demande de la minutie et de l?organisation. Je ne puis m?empêcher d?avoir quelques appréhensions à ce sujet. L?on peut bien comprendre que, du jour au lendemain, laisser quelqu?un gérer ce qu?on a l?habitude de faire a de quoi angoisser. Mais j?espère bien que tout a été fait à ce sujet.

Karl Mootoosamy

Cette année, la série d?attentats à travers le monde m?a beacoup marqué. J?en déduis que personne n?est à l?abri d?actes de violence. Et je m?interroge sur ce que devient l?être humain. Ma consolation, cependant, est de voir qu?à Maurice, l?énergie nouvelle, la source d?inspiration, voire de vie, vient des jeunes. Par leur façon de s?habiller. Par leur dynamisme. Je me rends compte qu?il a eu beaucoup d?effervescence au niveau de la créativité, à travers des événements cultutels, des défilés de mode. Cela me donne de l?espoir en l?avenir, en l?humain lui-même?

Un autre sujet qui me tient à c?ur mais qui pourrait paraître idiot pour certains : souvent, dans des cours privées, l?on voyait de grands tamariniers qui se profilaient à l?horizon. Maintenant, ils sont tous arrachés. J?utilise cet exemple pour expliquer le manque d?intérêt commun pour rendre notre île plus belle. Je ne comprends pas non plus comment, dans cette île, que plusieurs voient comme un paradis, ceux qui y vivent ne véhiculent pas cette beauté. Manque de courtoisie, indiscipline sur les routes? les exemples sont nombreux.

D?un point de vue plus personnel, je me réjouis que cette année, au niveau du tourisme, nous ayons réussi une belle campagne de promotion. Nous avons pu nous positionner dans la compétition et nous avons su être originaux dans notre approche. Et puis, il y a aussi le fait que nous avons été classé 3e à New York comme meilleure destination.

<I>«Je ne comprends pas non plus comment, dans cette île, que plusieurs voient comme un paradis, ceux qui y vivent ne véhiculent pas cette beauté.»</I>

New York... Je n?oublierai pas un épisode là-bas qui, sur le coup, était loin d?être marrant mais qui, avec du recul, me fait éclater de rire, car je me rends compte que finalement je me suis bien fait arnaquer. Je devais en fait prendre un taxi pour me rendre à mon hôtel. Mais voilà, mon taxi était un faux taxi conduit par un Egyptien. Après avoir fait plusieurs tours dans les rues, il a fini par me laisser à quelques mètres de mon hôtel et j?ai dû payer trois fois plus cher ! Lorsque vous vous trouvez dans une telle situation, mille choses vous passent par la tête? J?étais fait comme un rat sur lequel le piège allait se refermer? Finalement, j?étais là, dans une rue à New York, flanqué de mes valises et marchant pour regagner mon hôtel? Alors que j?avais bel et bien pris un taxi. Mais bon, je prends maintenant cet incident avec humour et je me réserve bien des voyages encore et j?espère que cela se passera mieux.

Dans l?immédiat, j?entends bien rester fidèle à moi-même, croire en ce que je fais et rester optimiste. C?est avec cet état d?esprit que j?accueillerai cette nouvelle année.

Vijaya Teelock

Si je n?arrive pas à retracer mes moments les plus drôles, je citerai par contre deux phrases qui ont retenu mon attention cette année. Lesquelles ? Tout simplement, «lev pake ale», et «les intelectuellement limités» !!! L?un vient du nouveau régime et l?autre de l?ancien. Mais bien évidemment, d?autres événements ont marqué mon année.

D?abord, il y a eu l?envoi du dossier de l?Aapravasai Ghat auprès de l?Unesco. C?était une vraie bataille contre ceux qui ne voulaient pas que le dossier arrive jusque-là.

En parallèle, sur le plan familial, mon fils participait aux examens du Certificate of Primary Education. Tous les parents qui ont vu leurs enfants passer une telle épreuve pourront témoigner que cette étape marque et l?enfant et les parents. A la veille des résultats, ça a été l?angoisse ! Pour cette année qui vient, je souhaite bien poursuivre mes recherches sur l?esclavage. Je compte aussi passer plus de temps avec mon fils et j?espère que que ce voeu ne restera pas uniquement qu?un désir. En fait, c?est mon fils, Atish, qui me procure mes plus grands moments de joie. Son rire est tellement communicatif !

Le sujet de l?education des enfants me permettra de m?étendre sur ce qui m?énerve le plus dans la mentalité des parents. Ce sont ceux qui n?hésitent pas à forcer l?accès à certaines écoles, notamment par des moyens detournés. Montrant par cela le peu de respect qu?ils ont pour les procedures de même que pour tous ces enfants qui ont eu de bons résutats ou qui habitent près de ces écoles. Leurs manque de scrupules me sidère.

«Question qui n?a cessé de me tarauder l?esprit durant cette année : pourquoi restons-nous au sein de l?Organisation mondiale du commerce ?»</I>

Pour rester dans la ligne des sujets qui agacent, je parlerai des tracasseries administratives. Nous pourrions arriver à booster tant de projets, d?investissement par exemple, en éliminant certaines contraintes administratives. Mais pour l?instant, ces procédures continuent à décourager les gens. La destruction du patrimoine par des gens soi-disant éduqués me met également hors de moi. Et puis, il y a aussi l?indifférences des autorités. Moi, je me pose une question : que va-t-on léguer aux generations futures ? Un autre question pour la fin. Question qui n?a cessé de me tarauder l?esprit durant cette année : pourquoi restons-nous au sein de l'Organisation mondiale du commerce ?

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