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L?Etat résilie le bail de la Sté du Morne

5 janvier 2007, 00:00

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Le ministère des Terres et du Logement a entamé les procédures légales pour reprendre quelque 360 arpents à la Société du Morne Brabant, au Morne. Le parquet a été saisi de l?affaire, hier. La Société du Morne Brabant, elle, s?apprête à faire valoir ses droits.

Dans une correspondance datée du 3 janvier, le secrétaire permanent du ministère des Terres et du Logement sollicite l?intervention du parquet pour la reprise de deux terrains de l?Etat au Morne. Un de ces terrains fait l?objet d?un contrat de location détenu par la Société du Morne Brabant pour 141 arpents. Pour l?autre, de 218 arpents, cette société à un droit de gardiennage.

Le ministère, dans sa correspondance, réclame que les ?actions appropriées soient prises? par le parquet pour récupérer ces deux terrains. Asraf Dulull, ministre des Terres et du Logement, tient cependant à préciser que ?rien n?est encore finalisé?. ?Tout sera fait dans la légalité, en s?assurant que les droits des citoyens ne sont pas lésés. Et si jamais il y a des doutes, il y aura dialogue?, a-t-il assuré.

Rs 45 millions de ?land transfer tax?

De son côté, la Société du Morne Brabant attend toujours d?être informée de la décision. Bertrand Giraud, directeur de cette société, affirme ne pas être au courant. Pire, il se déclare même ?estomaqué?. Il en a informé ses partenaires britanniques. ?Lorsque nous aurons reçu la lettre, nous verrons?, indique-t-il. Déjà, cependant, le directeur de la Société du Morne Brabant affirme avoir l?intention de ?faire valoir ses droits?.

La Société du Morne Brabant est associée à des investisseurs britanniques dans Le Morne Brabant Integrated Resort Scheme Co. Ltd. Elle projette un développement IRS sur la péninsule du Morne et dont la mise en chantier est prévue en avril. Ce projet comprend, dans un premier temps, la construction de villas sur des terrains privés que la société possède au Morne (100 arpents, en toute propriété, selon Bertrand Giraud). Puis, un hôtel, un musée, un village artisanal, un parcours de randonnées et le reboisement d?une partie des terres doivent compléter le programme.

Le site a abrité des esclaves marrons et il est le symbole de la résistance à l?esclavage. Il est pressenti pour être inscrit au patrimoine mondial sur la liste de l?Unesco. Le dossier de demande est en préparation et doit être soumis à l?Unesco avant le 1er février.

Après avoir fait l?objet de protestations de la part de défenseurs du patrimoine et de la mémoire, le projet de Morne Brabant IRS Co. Ltd a subi plusieurs modifications, conformément, selon Bertrand Giraud, aux recommandations de l?Unesco. Une zone tampon a été proposée autour de la montagne du Morne, pour protéger le site des projets de développement.

Pour Asraf Dulull, la motivation de l?Etat est surtout de s?assurer que le dossier du Morne sera accepté. ?C?est dans un tel contexte que nous sommes en train de revoir les contrats de location des terres sur le site?, explique-t-il. Le ministre des Terres et du Logement se veut plutôt rassurant, par rapport aux projets de développement. Pour lui, l?existence d?un projet IRS ne compromet pas forcément la classification du site.

Le dossier du Morne a franchi la première étape, depuis la soumission de la première ébauche, le 30 septembre 2006. Celle-ci a été jugée acceptable par le World Heritage Committee de l?Unesco, fin novembre. Un premier dossier avait été soumis en janvier 2006, mais jugé incomplet, car il ne comportait pas de renseignements sur la gestion du site. Un comité de sept ministres a été créé pour superviser la préparation finale du dossier.

Le promoteur se déclare lui aussi sensible à la valeur patrimoniale du site. Mais il s?accroche également à son projet. ?Nous avons toutes les autorisations. Nous avons versé environ Rs 45 millions pour la land transfer tax. Notre projet a donc été accepté?, s?insurge-t-il. La reprise d?une partie des terres n?arrange pas ses affaires, mais il est sûr de son droit. ?Cela fait plus de vingt ans qu?il y a eu toutes sortes de tentatives pour reprendre ces terres?, indique-t-il. Et vingt ans plus tard, il se dit plus déterminé que jamais : il compte aller jusqu?au bout.

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