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L?Etat doit-il réparer ?

8 novembre 2003, 20:00

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La longue détention préventive de Cehl Meeah fait réagir les militants des droits humains tandis que les juristes se demandent si Meeah ne pourrait pas poursuivre l?État.

Kavi Pyneeandy, le secrétaire général de la section locale d?Amnesty International questionne l?utilité d?une détention aussi prolongée. « L?affaire Cehl Meeah interpelle les militants des droits humains. La situation n?est pas claire. » La section mauricienne d?Amnesty International dénonce la durée de la détention. « Nous ne comprenons pas comment un homme peut rester en prison pendant trois ans privé de ses libertés et de ses droits et être libéré ensuite sans qu?aucune charge ne soit retenue contre lui. » Amnesty International se pose même des questions un peu dérangeantes. « Faut-il considérer que Cehl Meeah a été détenu pour des motifs politiques ? » Pyneeandy assure que la question mérite d?être posée.

Les avocats envisagent un procès en réparation contre l?État pour détention abusive et arrestation illégale. Les trois ans qu?il a passés derrière les barreaux pour finalement voir les accusations contre lui tomber une à une sont un motif suffisant, confirme un avocat. « Mais nos tribunaux n?ont pas encore l?habitude de condamner l?État dans ce genre de procès. Ces procès ne sont pas très courants et les juges ne se risquent pas à créer des précédents », confie un avocat. Il renchérit en disant qu?accorder des dommages et intérêts ouvrirait la voie à une série d?autres procès car la lenteur du système judiciaire fait que plusieurs dizaines de personnes attendent souvent des mois avant d?être condamnées à une amende ou à une peine d?emprisonnement largement inférieure à la période qu?elles ont passée en détention préventive.

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