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L?essentiel Incomplet
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
La diplomatie commerciale mauricienne semble être plutôt satisfaite de l?issue des négociations sur l?Accord de partenariat économique (APE). Un arrangement commercial intérimaire entre les pays de la zone «Eastern and Southern Africa» (ESA) et l?Europe représente, pour la circonstance, une solution qui arrange à la fois les pays moins avancés et les économies à revenu moyen comme Maurice.
Déjà très engagé dans la libéralisation des tarifs à l?importation, le pays n?appréhende pas trop d?autres réductions des droits de douane. Plusieurs de ses confrères, toutefois, craignent que l?ouverture exigée sous l?APE ne mette en danger leurs industries locales et prive leurs budgets nationaux d?importants revenus. Pour l?instant, les Etats de l?ESA ont réalisé l?essentiel, soit le maintien de l?accès en franchise de douane aux marchés européens. Mais les problèmes de fond subsistent. Les APE n?ont toujours pas bonne presse dans les pays Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP). Le sommet Afrique-Europe prévu à Lisbonne, au Portugal, le mois prochain, se déroulera très probablement dans une atmosphère de suspicion.
L?agenda de l?«aid through trade» n?inspire plus confiance dans les pays du Sud après l?échec du cycle de développement de Doha. D?aucuns accusent l?Europe de vouloir faire accepter à ses partenaires ACP des conditions qu?elle n?a pas pu obtenir à l?Organisation mondiale du commerce (OMC). L?Union européenne (UE) multiplie les assurances à l?effet qu?il n?y aura pas de «dumping» des biens, dont des produits agricoles subventionnés, sur les territoires de ses anciennes colonies. Elle avance que les APE favoriseront, au fait, l?intégration régionale. Argument que contestent certains pays ACP. Pourquoi importer un produit d?un pays voisin si l?on peut l?acheter à moins cher de l?Europe ?
Autant de sujets contentieux encore sans réponse. L?accord intérimaire pour l?ESA expire fin 2008, après quoi un APE complet prendra effet. Les négociateurs et les décideurs politiques de la zone ont encore quelques mois pour trouver un accord final qui tient compte des aspirations et des craintes des uns et des autres tout en respectant les règles de l?OMC.
Il est grand temps de faire remonter le volet développement vers le haut de l?agenda des APE. Maurice et ses pairs ont besoin de nouvelles ressources financières et techniques pour développer leur capacités de production. Il est également question d?améliorer les services et l?infrastructure au niveau des régions. A ce chapitre, Maurice et d?autres Etats de la zone (Comores, Madagascar, Maurice et Seychelles) poursuivent leurs discussions avec l?UE malgré la conclusion d?un accord transitoire avec le groupe élargi de l?ESA. Maurice et ses voisins immédiats recherchent des financements européens pour des projets communs tels le transport maritime et la connexion de fibre optique interîles.
Le directeur général de l?OMC, Pascal Lamy, lors d?un exposé sur l?«Aid for trade» (AFT) hier à Genève, insistait sur la nécessité d?avoir des objectifs clairs par rapport aux demandes d?aide. Avoir des centaines de priorités équivaut à n?en avoir aucune», disait-il.
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