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L?essence divise pêcheurs et compagnies pétrolières

16 mars 2005, 00:00

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Les sociétés de pêche sur les bancs risquent de ne plus trouver de l?essence pour leurs campagnes. Les distributeurs d?essence leur ont donné jusqu?au 30 juin pour modifier les procédures et le matériel dans le chargement et le stockage de ce carburant. Shell, une des plus importantes compagnies de distribution du marché local, a même déjà décidé de ne plus approvisionner ces pêcheurs en essence en juin. D?autres fournisseurs pourraient emboîter le pas?

La pêche sur les bancs continue de naviguer à vue : campagnes avortées, bateaux mis en vente, relations professionnelles difficiles, les difficultés s?accumulent. Et maintenant, c?est au tour de l?approvisionnement en essence de poser problème. L?essence utilisée par ces pêcheurs est essentiellement destinée aux bateaux hors-bord embarqués à bord des navires pour la pêche sur les bancs.

Selon Shell, l?approvisionnement de ces bateaux en essence est un exercice à très haut risque. ?Les bateaux de pêche ne sont pas équipés pour transporter du carburant?, insiste Henri de Gersigny, cadre technique à la société pétrolière. Shell a pris les devants dans ce combat pour le respect des normes. ?C?est une décision qui a été prise par Shell, à un niveau international?, précise-t-on encore à Shell Maurice. La compagnie invoque, notamment, la sécurité dans le port et les risques d?explosion.

Les sociétés de distribution de produits pétroliers, les sociétés de pêche et les autorités portuaires se sont réunies, depuis 2004, pour tenter de trouver une alternative. Le bureau du Premier ministre a supervisé les débats. La pression a été mise sur les compagnies de pêche et des mesures ont été prises pour le chargement et le stockage du carburant. Mais il aurait fallu surtout utiliser le diesel, un carburant moins volatile. Ce qui aurait impliqué l?abandon des moteurs hors-bord. Inimaginable, pour les opérateurs.

?Nous prenons toutes les précautions nécessaires car il est hors de question de mettre des vies humaines en danger?, certifie Alain Langlois, directeur de la société de pêche Raphaël Fishing. Les opérateurs, regroupés au sein de la Bank Fishing Operators Association (BFOA), tentent de trouver des formules. Mais ils se plaignent des exigences ?démesurées? des contrôles dans le port.

Ils affirment aussi être à bout de souffle. En 1999, 18 bateaux opéraient sur les bancs. Cinq ans plus tard, il n?y en a plus que six, appartenant à cinq sociétés. 540 pêcheurs des bancs ont été recensés.

Mais une solution alternative pourrait se présenter. Selon Alain Langlois, une compagnie pétrolière ?qui ne fait pas partie du cartel, du moins pour l?instant?? a accepté, lettre à l?appui, de lui fournir de l?essence, au-delà de la date d?expiration du moratoire.

Shell, en tout cas, n?en démord pas. ?Nous, c?est déjà décidé, on arrête les approvisionnements.? La balle se trouve désormais dans le camp des autorités. Vont-elles interdire l?approvisionnement en essence pour des raisons de sécurité ? Pour l?instant, au port, on voit mal comment on pourrait bannir le chargement ou le déchargement de l?essence, un exercice qui finalement se fait quotidiennement, dans la rade de Port-Louis.

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